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Les sections Jeunesse de la Croix-Rouge en Europe accomplissent un travail précieux dans beaucoup de domaines sociaux. Dans les groupes régionaux, enfants et adolescents reçoivent une formation générale en matière de questions sociales et d’établissement de la paix. Ainsi on les prend au sérieux comme futurs citoyens. La Croix-Rouge Jeunesse de Genève a organisé, le 13 janvier, une journée de formation au parcours «Raid Cross», jeu de rôles dont l’objectif consiste à mieux comprendre le droit international humanitaire.
mpb. C’est en 1995 que la Croix-Rouge belge a développé le parcours Raid Cross. «Raid» signifie «attaque» et symbolise un conflit armé. Ainsi est né un jeu de mots avec Red Cross (= Croix-Rouge). Il s’agit d’un jeu de rôles basé sur le droit international humanitaire. Tout au long de l’activité, les participants sont successivement en position de prisonniers, de civils, de militaires, d’acteurs humanitaires, découvrant ainsi, sous différents angles, des difficultés de la vie en situation de conflit et les règles du droit international humanitaire qui régissent ces situations extrêmes.
Le 13 janvier, la Croix-Rouge Jeunesse de Genève a organisé une formation continue pour les futurs chefs d’équipe qui pourront à l’avenir travailler avec le parcours Raid Cross dans les écoles et les mouvements scouts.
Environ 25 adolescents et jeunes adultes appartenant soit à la Croix-Rouge Jeunesse soit aux scouts y étaient présents. Dans une salle assez exiguë, des jeunes gens entre 16 et 25 ans ont manifesté un grand intérêt, participant activement par leurs contributions et leurs questions.
Après la projection d’un dessin animé sur les nombreuses activités de la Croix-Rouge, le délégué de la Croix-Rouge genevoise Etienne Küster a présenté une très bonne introduction à l’histoire et aux principes du droit international humanitaire. L’ensemble de ses règles concernant le comportement des individus en temps de guerre a été discuté avec un grand sérieux pendant trois heures. Il est apparu avec évidence que beaucoup de participants s’intéressent à la politique et à la situation dans le monde. Les experts qui menaient les discussions connaissaient très bien les sujets et se sont montrés également très impliqués.
Ensuite, Yazan Torbeh, coordinateur du projet de la Croix-Rouge anglaise, a présenté le jeu en détail.
Le contexte est un conflit fictif qui persiste depuis 13 mois. Le Haddar est attaqué par l’armée du Deldar, pays voisin. Les joueurs, habitants du Haddar, circulent sur leur territoire. Pour mieux pouvoir justifier leur identité, ils reçoivent un passeport du pays.
Destiné aux jeunes de 12 à 18 ans, le jeu se présente sous la forme d’un parcours entre différents postes situés dans un pays en guerre. A ces différents postes, les joueurs sont confrontés à divers aspects du conflit.
Chaque poste se décompose en deux temps. Le premier se déroule sous la forme d’une activité ludique où les participants jouent le rôle que leur chef d’équipe et les animateurs leur ont expliqué. Ces activités ont été conçues pour illustrer les règles et permettre aux joueurs de les appliquer. Ils peuvent ainsi, par la pratique, se familiariser avec le droit international humanitaire. Le second temps se déroule, après chaque activité, sous la forme d’une discussion entre le chef d’équipe et ses joueurs. Ce debriefing permet aux joueurs de se voir expliquer les règles qu’ils auront dû eux-mêmes mettre en œuvre.
La mise en scène est la suivante: Les joueurs sont des militaires de l’armée du Haddar. Ils rencontrent un soldat qui accourt vers eux et leur annonce qu’une bataille sanglante vient d’avoir lieu. Les combats ont cessé, mais des victimes gisent sur le sol. Quatre blessés sont étendus par terre: deux soldats deldariens, deux soldats haddariens. Les Haddariens sont légèrement blessés. Un des Deldariens l’est plus gravement, l’autre est mort. L’animateur indique qu’il y a à proximité un hôpital de leur armée. Un seul brancard est à la disposition du groupe et les joueurs doivent donc choisir dans quel ordre les blessés seront évacués.
Au cours de l’évaluation qui suit, on analyse avec le chef d’équipe les décisions prises et on les met en relation avec le droit international humanitaire. Ainsi, les jeunes prennent conscience que tout blessé doit être obligatoirement soigné, sans aucune distinction. Seule l’urgence médicale doit être prise en compte.
A l’origine, les soldats recevaient une formation au droit international humanitaire. Mais il s’est avéré qu’elle ne suffisait pas. Aussi la Croix-Rouge s’est-elle engagée à faire connaître ce droit. Il doit faire partie de l’éducation. Ainsi une nouvelle génération se développe qui y est familiarisée et pourra mieux réagir à ses violations.
Le parcours Raid Cross est un bon instrument pour faire connaître ces principes aux jeunes et contribuer ainsi à la formation d’une conscience de «citoyen du monde».
Il est urgent de soutenir ces efforts conformément à l’obligation faite aux Etats parties aux Conventions de Genève de diffuser le droit international humanitaire aussi largement que possible.
Il est évident que la tradition instaurée par Henri Dunant est profondément ancrée à Genève. Dès l’école primaire, les enfants sont familiarisés avec les idées humanitaires.
Même si en Suisse alémanique, il existe déjà des sections de la Croix-Rouge Jeunesse, elles manquent encore de chefs d’équipe pour le jeu Raid Cross. Il reste donc à faire connaître ce matériel en Suisse alémanique et au Tessin. L’intérêt y est certainement grand. •
(Horizons et débats, 29 janvier 2007, 7e année, N°4)
mise à jour le 29/01/07