![]() |
Journal favorisant la
pensée indépendante, l'éthique et la responsabilité
|
République démocratique du Congo
Sixième anniversaire de l’assassinat du Président L.-D. Kabila
par Joseph M. Kyalangilwa, Président du Great Lakes Forum International
Le 16 janvier 2007 est le 6e anniversaire de l’ignoble assassinat du troisième Président de la République démocratique du Congo, feu Mzee Laurent Désiré Kabila le tombeur du sanguinaire dictateur du Zaïre, Mobutu Sese Seko de très triste mémoire.
Les années1955–1965, le courant de la décolonisation avait surpris et secoué les puissances colonisatrices qui n’avaient pas préparé les populations autochtones de leurs anciennes colonies à accéder à leurs indépendances et à jouir de leurs souverainetés. C’est ainsi que la plupart des pères des indépendances, notamment africaines, furent les grands patriotes et nationalistes réellement au service des intérêts supérieurs de leurs pays respectifs. Parmi eux, on peut citer Patrice Emery Lumumba, Khwame Kruma, Jomo Kenyatta, Mwalimu Julius dNyerere etc. Leur présence à la tête de leurs pays ne plut jamais aux impérialistes et anciennes puissances colonisatrices. Ces dernières firent tout pour les écarter du pouvoir en les accusant d’être des extrémistes et des communistes à abattre. Un bon nombre de ces leaders et dirigeants africains se virent remplacés illégalement par les coups d’Etat opérés par les colonels et généraux, facilement manipulables à volonté par les grandes puissances occidentales. Ces dernières les soutinrent massivement pendant de longues années contre la volonté des populations soumises à la misère la plus profonde.
En République démocratique du Congo, le tout premier Premier ministre Patrice Emery Lumumba qui fut élu massivement par le peuple en mai 1960 et nommé Premier ministre le 23 juin 1960 par l’Arrêté royal du Souverain belge Baudouin 1er, ne resta au pouvoir que pendant trois mois seulement (30 juin–5 septembre 1960)! Pourquoi? Tout simplement parce qu’il eut le courage d’annoncer officiellement à la Belgique et à la Communauté internationale que, désormais toutes les richesses du Congo indépendant devraient d’abord profiter aux Congolais pour développer leur beau et grand pays, car, pendant plus de 80 ans les richesses du Congo n’avaient profité qu’à la Belgique. Par ces mots dans son discours d’investiture, Patrice Emery Lumumba avait signé l’arrêt de sa mort ainsi que de tous ceux qui lui étaient fidèles! En fait, traité désormais de communiste et partant, nuisible aux intérêts égoïstes des Occidentaux au Congo, la Belgique et la CIA américaine assassinèrent lâchement Patrice Emery Lumumba et ses compagnons Joseph Okito et Maurice Mpolo le 17 janvier 1961 à Elisabethville (Lubumbashi), Katanga.
Se trouvant en insécurité totale dans la capitale Léopoldville (Kinshasa) aux mains des hommes de paille des impérialistes (Joseph Kasa-Vubu, Joseph-Désiré Mobutu, Victor Nendaka, Justin-Marie Bomboko etc.) les lumumbistes membres du gouvernement légitime, sous la direction du Vice-Premier ministre Antoine Gizenga, prirent fuite et s’installèrent à Stanleyville (Kisangani). Parmi ses lumumbistes il y avait également Christophe Gbenye, Laurent-Désiré Kabila, Pierre Mulele, Olenga, Anicet Kashamura qui se réfugièrent les uns au Kwilu (Bandundu), Kivu, Katanga, Sankuru et les autres à l’étranger sans compter beaucoup qui furent physiquement éliminés!
En novembre 2001, à la suite d’une enquête de la Commission ad hoc du Parlement belge, il fut conclu que le gouvernement belge de l’époque et la CIA étaient les responsables de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, après plus de 40 ans de dénégations et de désinformations entretenues par les politiques belges et américains.
En dépit des regrets et excuses diplomatiquement présentés en date du 7 février 2002 par le gouvernement belge, les Congolais n’oublieront jamais cet ignoble acte délibérément exécuté par un pays qui se dit civilisé et se proclame démocrate. L’assassinat de Patrice Emery Lumumba, dont la République démocratique du Congo célèbre le 46e anniversaire le 17 janvier 2007, est un grand tort causé à ce pays. Il est à la base de toutes les misères qui lui ont été imposées de 1960 à ce jour et qui ont permis aux ennemis du Congo de piller systématiquement ses ressources naturelles et de massacrer plus de 4 millions de civils innocents; les médias occidentaux en minimisent aujourd’hui encore les conséquences et parlent peu ou désinforment à dessein pour les raisons bien connues.
Aujourd’hui, le 16 janvier 2007, la République démocratique du Congo – qui a rendu le dimanche 14 janvier 2007 un hommage mérité à la dépouille mortelle du Cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa, décédé à Louvain (Belgique) le samedi 6 janvier 2007 – célèbre le 6e anniversaire de l’assassinat du Mzee Laurent Désiré Kabila, héros national. Comme Patrice Emery Lumumba dont il fut un des fidèles disciples et qui avait combattu pendant plus de 20 ans le régime dictatorial de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga, Laurent-Désiré Kabila fut assassiné par les impérialistes occidentaux pour son patriotisme invétéré. Nous vous donnons ci-dessous ce qu’il avait dit au peuple congolais concernant les ennemis de la République démocratique du Congo. Nous citons:
«Le Congo est un drôle de pays, il a beaucoup d’ennemis; tout le monde en est jaloux. Un grand complot se prépare. Ils veulent aussi ici leur homme. Comme moi, je ne suis l’homme de personne, on veut m’abattre afin de faire du Congo leur vache à lait.
Les impérialistes veulent intervenir; des agents sont utilisés. Mais si je vis longtemps, ils seront humiliés… Pour quelle raison veulent-ils m’abattre?
Eux viennent chez nous, prendre chez nous et ne rien donner en retour.
Ils veulent nous obliger à aller vers la Banque mondiale, qui n’a jamais construit le bonheur d’aucun peuple. On ne nous demande pas notre avis, ils veulent toujours se mêler de nos affaires.
Le Congo est un pays qui a droit au respect de sa souveraineté, de son indépendance politique, de son intégrité territoriale; ils veulent changer de gouvernement Kabila; il nous prennent pour les Hutus.
Quand on a rempli sa mission, c’est normal qu’on rentre chez soi, Kagame a un autre langage. Les officiers qui étaient ici se sont livrés à beaucoup de manies subversives.
Je n’avais pas imaginé qu’ils pouvaient tisser un complot si vaste. Nous ne sommes pas en face d’une rébellion quelconque, il s’agit d’un groupe de sabotage pour déstabiliser, assassiner. Ce sont les Tutsis rwandais.»
Ce texte est un véritable testament que feu Président Laurent-Désiré Kabila à laissé au peuple congolais.
Maintenant que les institutions politiques sont en train de se mettre légitimement en place, car, il ne reste plus que, au niveau national, l’élection des Sénateurs par les Parlements provinciaux et la publication des membres du gouvernement central; et au niveau des provinces l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs par les Assemblées provinciales suivie de la formation des gouvernements provinciaux. Pour honorer les mémoires de Lumumba et de Mzee Kabila, tous les Congolais n’attendent plus que de se mettre résolument au travail dans la paix pour reconstruire et développer rapidement et harmonieusement ensemble leur beau et grand pays. •
(Horizons et débats, 14 février 2007, 7e année, N°6)
mise à jour le 16/02/07