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L’engagement permanent de Jose MacDonald en faveur d’une agriculture sans OGM
gr. Agée de plus de 80 ans, Jose MacDonald mériterait de prendre sa retraite. Mais elle n’en a pas l’intention. Malgré son âge avancé, elle attire sans cesse l’attention sur la menace que les manipulations sans scrupules de l’industrie génétique font peser sur l’humanité. Le fait que des interventions aux conséquences imprévisibles dans la structure du vivant mettent en danger la santé des hommes et la vie sur notre planète ne lui laisse aucun répit. En tant qu’agronome et professeur, elle a passé de nombreuses années en Afrique. Elle a créé des fermes-écoles et une école supérieure au Cameroun. Le premier président du Cameroun a été son élève. Ses liens avec ce pays existent encore aujourd’hui. Il y a quelques années, Jose MacDonald a mis les résultats de la recherche scientifique génétique à la disposition des autorités compétentes du Cameroun, à la suite de quoi le gouvernement s’est opposé aux efforts des grands groupes agrochimiques pour exercer une influence sur le pays et il a opté pour une agriculture sans OGM.
Après son retour d’Afrique, Jose MacDonald et son mari ont exploité une ferme de 70 bovins, 1200 moutons et quelques chevaux dans les montagnes du pays de Galles. C’est là qu’elle a organisé la première conférence sur les plantes et les aliments génétiquement modifiés, d’où est née la fondation de la Camarthen Gene Organization. De nombreux agriculteurs du pays de Galles lisent régulièrement sa Newsletter trimestrielle sur des sujets agricoles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jose MacDonald a appris à l’université de Cambridge, en Angleterre, comment le rendement pouvait être augmenté par un croisement judicieux de différentes sortes de blé, si bien que la population menacée par la disette put être suffisamment nourrie. A cette époque, elle a aussi manifesté de manière impressionnante son engagement humain en obtenant des autorités militaires anglaises que des prisonniers de guerre allemands puissent quitter un camp d’internement pour fêter Noël avec des familles de la région. Jose MacDonald raconte que, pendant l’ère Thatcher des années 80, l’Angleterre a laissé le champ libre au «big business» de l’industrie génétique. Des sociétés comme Monsanto ont commercialisé agressivement leurs produits sans avoir effectué suffisamment de recherches scientifiques. MacDonald évoque l’histoire peu glorieuse de ce groupe dont le défoliant Agent Orange a causé des ravages dans la population pendant la guerre du Vietnam. Et des soldats américains ont également subi des dommages lorsqu’ils ont eu recours à un insecticide développé par Monsanto pendant la première guerre du Golfe.
Jose MacDonald raconte que subitement sa vie et celle de son mari furent menacées après qu’ils eurent utilisé – comme beaucoup d’autres agriculteurs – l’Organophosphate de Monsanto pour désinfecter leur troupeau de moutons. Certains paysans en sont morts et beaucoup d’autres ont souffert de graves problèmes respiratoires, d’allergies dermatologiques, de troubles visuels et de symptômes neurologiques. On a envoyé Jose et son mari dans un hôpital de Birmingham spécialisé en toxicologie où ils ont été examinés. Lorsqu’ils ont demandé le rapport médical qui aurait pu confirmer un lien avec l’Organophosphate, on leur a dit que tous les résultats avaient malheureusement disparu.
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de résultats scientifiques gênants pour l’industrie génétique qui disparaissent sans laisser de trace. Ce qui est intéressant ici, c’est le fait qu’un sondage auprès de 500 scientifiques a montré, il y a quelques années, que 30% d’entre eux ont été priés de modifier leurs résultats scientifiques dans l’intérêt des sponsors. D’autres ont été empêchés de les publier. Comme les moyens financiers accordés à la recherche scientifique sont de plus en plus liés à la condition de fournir les résultats voulus, beaucoup de biologistes ont démissionné ces derniers temps malgré un bon salaire. Ils ne pouvaient pas assumer moralement cette escroquerie.
Jose MacDonald appelle à un mouvement mondial contre l’industrie génétique. Un pays ne peut pas résoudre seul ce problème. Elle met en garde contre une évolution irréversible si des organismes génétiquement modifiés parviennent dans le cycle alimentaire et de croissance des plantes et des animaux. Les effets de ces substances synthétiques sur l’activation des gènes des êtres vivants sont insuffisamment connus aujourd’hui. La mutation d’une seule enzyme d’une plante peut produire des substances toxiques aux conséquences désastreuses pour tous les êtres vivants du cycle biologique. Jose MacDonald peut citer d’innombrables exemples de manipulations génétiques qui ont causé de graves problèmes de santé chez l’homme. Et elle est en première ligne quand il s’agit de rappeler aux autorités qu’elles ont le devoir de protéger la population des dangers qui la menacent.
(Horizons et débats, 26 mars 2007, 7e année, N°11)
mise à jour le 26/03/07