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Les entreprises ne doivent pas devenir de simples objets de négoce
«Landsgemeinde» de Swissmem
ww. Le 25 juin 1940, le général Guisan rassemblait tous les officiers de l’armée suisse au Grütli. Le pays était encerclé par les puissances de l’Axe et le danger d’une attaque était grand. En lançant un appel pressant, le Général réussit à augmenter la résistance non seulement chez ses officiers mais aussi dans la population et au sein du gouvernement.
Johann Schneider-Ammann est président de l’Industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (Swiss-mem), le secteur exportateur le plus important et le plus pourvoyeur d’emplois de Suisse. Il a appelé les membres de son association à un nouveau «Grütli» pour le 28 juin 2007. La réunion aura lieu à Zurich dans les locaux de l’ancienne usine métallurgique Maag. Quel en est le motif? Au cours des derniers mois, des sociétés de capital-investissement étrangères se sont préparées à une véritable chasse aux entreprises prestigieuses de l’industrie suisse des machines et des métaux. Les acteurs principaux en sont l’autrichienne Victory, la britannique Laxey Partner et et la Renova Management de l’oligarque russe Victor Veckelsberg.
Les reprises d’Unaxis, de Saurer, d’Ascom, et probablement aussi celle de Sulzer, ont été réalisées en quelques mois dans le secret à l’aide de banques (cf. «Chasse aux entreprises suisses prestigieuses» dans ce numéro). Rien n’indique que cette chasse ait pris fin. Il semble que les acquéreurs disposent de moyens financiers illimités. On est en droit de penser que dans les années à venir le capital russe cherchera à s’investir dans les entreprises industrielles suisses. Personne ne sait qui est derrière tout cela et quels sont les buts poursuivis. Personne ne connaît la provenance de ces moyens financiers énormes. Personne ne sait qui décidera à l’avenir du sort de nos grandes entreprises. La menace est réelle et doit être prise au sérieux. Schneider-Ammann veut en débattre lors de la Landsgemeinde du 28 juin. La liste des intervenants, des personnalités de premier ordre, montre qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème suisse. Le chef du département des Finances, le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden et le conseiller économique du président russe Poutine Arkadi Dvorkovitch y participeront.
Johann Schneider-Ammann est un chef d’entreprise de la vieille école. Il ne parle pas seulement des résultats des top managers qui se distinguent par leurs salaires exorbitants. Il reconnaît aussi les résultats du dur travail accompli jour après jour par des centaines de milliers d’employés.
Il reconnaît la contribution de la population active qui, grâce à son engagement, à ses infrastructures, à ses écoles et à son excellente formation professionnelle a, pendant des décennies, fait des entreprises ce qu’elles sont aujourd’hui. Elles ne doivent pas devenir de simples objets de négoce! La population a tout lieu de soutenir le projet de Schneider-Ammann. Des Landsgemeinden semblables seraient indiquées dans les régions, également dans un cadre plus large. •
(Horizons et débats, 16 avril 2007, 7e année, N°14)
mise à jour le 20/04/07