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Israël, les territoires occupés et les territoires autonomes

Récentes activités du CICR en Cisjordanie

La situation humanitaire en Cisjordanie est restée un sujet de vive préoccupation humanitaire au cours des derniers jours, notamment à Naplouse et Jénine, où les équipes de premiers secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien n’ont eu qu’un accès extrêmement limité, voire nul, aux blessés et aux malades. Par conséquent, beaucoup d’entre eux sont restés sans soins.

Les civils ont également subi les conséquences de la destruction des systèmes d’eau et d’électricité, ainsi que des couvre-feux. Lorsque le couvre-feu à Ramallah, Tulkarem, Qalqilya et dans des parties de Bethléem a finalement été levé le 9 avril, les personnes qui étaient restées confinées chez elles depuis des jours sont sorties pour s’approvisionner en nourriture et en autres objets de première nécessité.

Au 10 avril, six délégués du CICR se trouvaient à Jénine, deux à Naplouse, quatre à Ramallah, deux à Bethléem et un à Hébron, en plus du personnel régulier du CICR à Jérusalem, dans la bande de Gaza et dans la délégation de Tel Aviv.

Malgré des difficultés qui comprenaient des sévères contraintes en matière de sécurité, le CICR a pu poursuivre ses activités. Les situations suivantes en sont des exemples:

Naplouse

De violents combats ont éclaté le 8 avril. Trois ambulances ont été touchées par des balles le matin, mais aucun blessé n’a été signalé. Deux autres ambulances ont dû retourner à leur base après des tirs d’avertissement dans leur direction. Par la suite, tous les mouvements d’ambulances ont été suspendus jusque dans l’après-midi. Les équipes du Croissant-Rouge ont alors amené à l’hôpital une cinquantaine de blessés de la vieille ville.

Le 9 avril, le CICR a facilité l’évacuation de 25 blessés et de 10 morts depuis un hôpital de campagne qui avait été installé dans une mosquée juste avant le début des combats. Des médicaments et du matériel médical indispensables ont également été remis à ce dispensaire.

Le 10 avril, des délégués du CICR ont fourni des secours médicaux à l’hôpital de Rafidia qui allait manquer de nourriture et d’oxygène. (Ils en ont fourni également aux hôpitaux de Allttihad, Watani et St Luke). Un neurochirurgien du CICR procède à des interventions chirurgicales à l’hôpital de Rafidia depuis le mois de février. Sa mission faisait partie, à l’origine, d’un projet de trois mois (auquel participaient également trois Suisses et un Australien) destiné à assurer à des chirurgiens palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza une formation sur place en chirurgie cardio-vasculaire, maxillo-faciale et orthopédique ainsi qu’en neuro-traumatologie. Toutefois, depuis le début de la dernière vague de violence, il assume les urgences avec les chirurgiens palestiniens.

Le 9 avril, un camion du CICR – transportant des tentes, couvertures, jerrycans et autres articles pour le ménage – est arrivé à Naplouse. Ces secours doivent être distribués par le réseau du Croissant-Rouge palestinien à des familles dont les maisons ont été détruites dans les derniers jours. Cette action fait partie du programme du CICR destiné à venir en aide à des habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza dont les maisons ont été détruites par les Forces de défense israéliennes.

La mosquée transformée en dispensaire a reçu de nouveaux secours le 10 avril. Si des ambulances ont pu circuler librement hors des zones de combat, des corps doivent encore être enlevés dans le camp de Balata.

Bien qu’il n’ait pas été possible de procéder à une véritable évaluation, il existe des motifs de vive inquiétude quant aux réserves de vivres, d’eau et d’électricité dans la vieille ville et dans la partie moderne de Naplouse, ainsi que dans les camps de réfugiés.

Jénine

Le 8 avril, le CICR a négocié l’entrée de trois ambulances du Croissant-Rouge palestinien dans le camp de réfugiés de Jénine, mais chacune n’a été autorisée à évacuer qu’un seul patient. Le personnel du CICR lui-même n’a pas pu accéder au camp. Des collaborateurs du CICR ont néanmoins obtenu des autorités israéliennes que deux patients devant subir une dialyse puissent être amenés à l’hôpital de Jénine, établissement auquel ils ont également fourni de la nourriture.

Au moment de l’éruption de violence le 9 avril, le CICR a pris des dispositions avec les autorités israéliennes et palestiniennes pour apporter une aide médicale aux personnes se trouvant à l’intérieur du camp de réfugiés. Il s’agissait notamment d’escorter des ambulances. Suite à d’intenses négociations avec les autorités israéliennes, 11 délégués du CICR et 10 ambulances du Croissant-Rouge palestinien ainsi que d’autres organisations étaient à disposition du matin au soir. Toutefois, une nouvelle escalade de la violence a fait échouer toutes les tentatives d’entrer dans le camp.

La situation en matière de sécurité était extrêmement préoccupante à Jénine le 10 avril, notamment dans le camp de réfugiés. Le siège du Croissant-Rouge palestinien à Jénine a été entouré par des tanks, qui n’ont permis aucun mouvement, que ce soit pour entrer ou pour sortir, pour les équipes ou les ambulances. Les équipes du CICR et du Croissant-Rouge palestinien ont réussi à aider des centaines de femmes, d’enfants et de personnes âgées à quitter le camp à la recherche d’un endroit plus sûr. L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine leur a fourni des objets de première nécessité.

Dans la journée, six membres du personnel médical du Croissant-Rouge palestinien ont été arrêtés (trois ont été libérés le soir même) et – dans des incidents différents – une ambulance du Croissant-Rouge palestinien et deux véhicules du CICR ont été endommagés par des tanks.

Plus tôt dans la semaine, un chirurgien de guerre du CICR à Jérusalem a reçu un appel urgent émanant du chirurgien de l’hôpital de Jénine. Celui-ci a expliqué que personne sur place n’était capable d’opérer un homme qui avait reçu une balle dans la tête. Ne pouvant gagner l’hôpital, le chirurgien a donné par téléphone, point par point, à son collègue toutes les instructions concernant l’opération.

Ramallah

De l’oxygène et d’autres secours médicaux ont été fournis aux hôpitaux de Ramallah plusieurs fois dans les derniers jours. Le CICR a également transporté des secours médicaux des entrepôts du ministère de la Santé à Ramallah jusqu’aux hôpitaux de BeitJala, Hebron et Tulkarem. Des ambulances du Croissant-Rouge palestinien ont pu se déplacer dans la ville, des dispositions ayant été prises avec les autorités israéliennes par le CICR.

Les négociations se poursuivent avec les autorités israéliennes pour permettre le ramassage des ordures qui s’accumulent dans les rues avant qu’elles ne représentent un risque sérieux pour la santé de la population. Le même problème existe dans toutes les villes de la Cisjordanie.

Bethléem

Les équipes du CICR ont acheminé des vivres et des réserves de sang à l’hôpital de BeitJala et se sont rendues dans les villages autour de Bethléem afin d’établir des listes en vue de futures distributions. Le 8 avril, le couvre-feu a été levé pendant quatre heures, sauf dans la zone autour de l’Église de la Nativité, où – après avoir pris des dispositions avec les autorités israéliennes – les équipes du CICR ont pu distribuer des vivres, collectées par une œuvre caritative locale, à des personnes qui n’avaient plus de réserves de nourriture depuis six jours. Cette action a été menée avec des mesures de sécurité extrêmement sévères.

Le 10 avril, des vivres et de la farine qui avaient été donnés localement ont été remis par le CICR à différents quartiers de Bethléem, y compris la vieille ville, et des secours médicaux ont été fournis à divers hôpitaux.

Tulkarem

Quatorze camions de nourriture, don d’organisations arabes israéliennes, ont été acheminés dans la ville avec l’aide du CICR. Par ailleurs, 23 cas médicaux ont été évacués conjointement avec le Magen David Adom.

Vallée du Jourdain

Le 8 avril, deux camions du CICR, transportant des colis de vivres et de farine de blé, se sont rendus dans quatre villages isolés dans la vallée du Jourdain pour distribuer des secours à 250 familles vulnérables.

Autres développements

Un projet du CICR («Demande de nouvelles») a été mis sur pied le 7 avril pour aider des personnes en Jordanie à rester en contact avec leurs proches en Cisjordanie, les moyens normaux de communication ne fonctionnant plus. Une dizaine de familles ont déjà bénéficié de ce service, qui doit être étendu à d’autres pays.

CICR News 02/15 du 11/04/2002