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Le Conseil fédéral méprise des citoyens responsables

Les opposants à l’adhésion auraient cédé à la peur

jb/ht/ts. Presque la moitié des citoyens suisses se sont, par conviction démocratique, opposés à l’adhésion à l’ONU et ils se voient maintenant soupçonnés d’«avoir peur de la nouveauté, de la réalité». Cette accusation arrogante qui consiste à voir dans le refus de citoyens responsables une attitude pathologique est dénuée de tout fondement. Il s’agit là d’un procédé psychologique utilisé sciemment et dans le mépris de l’homme afin d’amener les citoyens à douter d’eux-mêmes, à se sentir inférieurs et à ne plus avoir envie d’exprimer une opinion personnelle. On s’apprête à porter l’assaut final à leur attachement inébranlable au modèle pacifiste de la Suisse. Et cela dans quel but? En vue des prochaines étapes vers l’adhésion à l’UE et à l’OTAN?

L’utilisation de techniques psychologiques pour manipuler massivement les citoyens est l’affaire des conseillers en communication, dont le nombre s’élève à 432 dans l’administration fédérale. Une des méthodes utilisées par ces spin doctors pour ridiculiser et manipuler les citoyens est la programmation neurolinguistique (PNL), d’origine américaine. Elle procède, de manière apparemment fruste, mais extrêmement perfide, en 3 étapes:

1. Pacing (marcher du même pas). On va chercher les personnes à manipuler là où elles sont et on crée chez elles, au moyen d’une sorte d’hypnose de mots et d’images, un état d’esprit agréable en évoquant une notion à connotation positive: famille, participation, partenariat, neutralité, attachement au pays, etc.

2. Leading (conduire): Lorsque, grâce au pacing, on a gagné la confiance de la personne à manipuler, on l’amène à accepter l’idée vers laquelle on veut la conduire, p. ex. celle de l’adhésion à l’ONU.

3. Reframing (placer dans un contexte différent): Grâce au reframing, les notions qui possédaient une connotation affective positive sont transposées dans un contexte nouveau où elles perdent leur sens originel. Bien qu’elles soient maintenant vides de tout contenu, elles gardent leur connotation positive.

C’est à l’aide de cette méthode en trois étapes que les manipulateurs du gouvernement ont pillé le trésor de la symbolique helvétique. Le fameux couteau suisse rouge a adopté le bleu de l’ONU, les cristaux de roche sont passés des mains d’Ogi à celles de Kofi Annan, on a fait un usage abusif du traditionnel lancer du drapeau suisse qui s’est retrouvé sur la couverture de la brochure de propagande du Conseil fédéral: ce qui flotte au-dessus des Alpes, ce n’est pas le drapeau rouge à croix blanche mais celui – bleu – de l’ONU avec son emblème de domination universelle. Le reframing a même présenté des institutions typiquement suisses comme la landsgemeinde et le Conseil des Etats comme suscitant apparemment l’intérêt tout particulier de l’ONU.

Mais, pour manipuler les citoyens, on ne s’est pas contenté des méthodes psychologiques mentionnées ci-dessus. Il y a déjà plusieurs décennies que l’étude des médias a prouvé qu’en plus de la monopolisation (élimination de l’opinion adverse) et de l’évocation de valeurs à contenu émotionnel (reframing), un troisième facteur est indispensable, le face-à-face, et les spin doctors le savent. C’est pourquoi conseillers fédéraux, parlementaires, conseillers d’Etat, ecclésiastiques, journalistes, capitaines d’industrie, sportifs célèbres n’ont pas ménagé leurs efforts et sont allés chanter les louanges de l’ONU dans presque chaque village, dans presque chaque vallée du pays.

Le fait que l’entreprise familiale Villiger ait fait savoir, le dimanche soir de la votation, qu’elle allait délocaliser la production de cycles et d’articles pour fumeurs (on parle de la Chine) est très significatif. Dans le meilleur des cas, il ne s’agit là que du résultat de magouilles internationales. Les membres du gouvernement fédéral doivent maintenant répondre aux questions suivantes: Qui tire les ficelles? Qui mène le bal? A quels services secrets et à quelles puissances obéissent-ils? A l’unique superpuissance mondiale? A l’Internationale trotskiste? Aux deux à la fois? A qui d’autre encore?