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Prise de position de la rédaction La Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale La rédaction et les collaborateurs de Zeit-Fragen, d’Horizons et débats et de Current Concerns s’élèvent contre la réécriture de l’histoire suisse commandée par le gouvernement et payée 22 millions de francs par les contribuables. Au nom de l’Etat, une commission dirigée par Jean-François Bergier a rédigé un rapport sur le rôle de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale qui est en réalité un hommage aux puissances économiques d’aujourd’hui. En recourant à des explications relevant de la psychologie populaire qui n’ont de toute façon rien à faire dans l’étude de l’histoire, le rapport Bergier crée une aura négative visant à masquer le manque de faits précis. Il remplit ainsi la même fonction que les débats du début des années 60 qui, à l’aide d’éléments de la psychologie de C.G. Jung et de Le Bon, laissaient croire à tort, comme le rapport Bergier, à une culpabilité collective afin de détourner l’attention des causes véritables de la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire les forces économiques et politiques qui ont soutenu et financé Hitler dans les années 30 pour faire barrage au communisme et qui continuèrent à l’approvisionner pendant la guerre (cf. à ce sujet Charles Higham, Trading with the Enemy, The Nazi-American Money Plot 1933–1949). En 1995, les archives historiques nationales auraient dû être déclassifiées après les 50 ans réglementaires. Or, les USA ne l’ont pas fait. Ils gardent le secret – sans justification – sur 70 % des archives de la Seconde Guerre mondiale. Or, la tâche des historiens serait justement de les étudier car elles contiennent tous les documents concernant l’Europe qui, dans les années 60, ont été classifiés par les alliés à la demande des Américains. Principes d’élaboration A ce sujet, il faut savoir qu’il existe une
directive 1/76 de la Stasi (Services de renseignements de l’ex-RDA qui
comprenaient une véritable faculté de psychologie) relative aux mesures de
démoralisation. Parmi les «mesures de démoralisation qui ont fait leurs
preuves», on trouve le fait de «s’attaquer systématiquement à la réputation
publique, au renom et au prestige en recourant à des affirmations vraies,
vérifiables et diffamatoires liées entre elles ainsi qu’à des affirmations
également diffamatoires qui sont fausses mais crédibles et impossibles à réfuter»
1. Faits de détail authentiques 2. Affirmations fausses 3. Affirmations dévalorisantes, diffamations, etc. 4. Omissions Ce genre de «rapport» n’a rien à voir avec la science historique. C’est une entreprise de démoralisation obéissant à des directives professionnelles. On ne s’étonnera pas que d’anciens agents de la Stasi mettent leur savoir-faire à la disposition de l’«unique superpuissance». Dans les années 90, les Etats-Unis ont «acheté» des milliers d’anciens collaborateurs de la Stasi. On sait qu’un grand nombre d’entre eux avaient une formation de journalistes. Cette armée d’«agents d’influence» aux activités journalistiques est en train d’unir ses efforts pour diffuser le contenu du rapport Bergier commandité et financé par le gouvernement. Son but manifeste est de porter atteinte à l’indépendance et à la puissance économique de la Suisse, et notamment au secret bancaire. Lors de son exposé du 9 avril à l’aula de l’université de Zurich, Jean-François Bergier a déclaré au sujet de la critique de l’historien américain Herbert R. Reginbogin (spécialiste de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale) qui estime que le rapport manque de mesure quant à la politique de la Suisse à l’égard des réfugiés: On ne pourra présenter les faits de manière mesurée que lorsque les «personnes concernées de l’époque» seront mortes. Bergier a ainsi révélé son incompétence d’historien de la période contemporaine. Le produit élaboré par sa commission ne vaut rien. La rédaction et les collaborateurs de Zeit-Fragen/Current Concerns/Horizons et débats exigent qu’il soit mis fin à cette entreprise de dénigrement de la Suisse. Ils estiment en outre qu’on aurait mieux fait de mettre les 22 millions de francs à la disposition de la Croix-Rouge afin de l’aider à faire face aux problèmes actuels des réfugiés. Zurich, le 15 avril 2002 |