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Propagande illégale en vue des votations Nécessité de restaurer les droits des citoyens Le 3 mars, le peuple suisse s’est prononcé par 54,6% des voix et une majorité de 12 cantons en faveur de l’adhésion à l’ONU. A juste titre, de nombreux citoyens sont fâchés de constater qu’ils n’ont pas pu se forger une opinion librement et objectivement. Le résultat de la votation n’a donc aucune légitimité, et cela pour plusieurs raisons. L’exécutif a abusé de la confiance des citoyens en manipulant l’opinion par tous les moyens. Cette campagne massive avait été planifiée pendant plusieurs années. «Rien n’a été laissé au hasard», comme l’écrivent les manipulateurs eux-mêmes à la page 63 du document intitulé L’engagement du Conseil fédéral et de l’administration dans les campagnes précédant les votations fédérales (Berne, novembre 2001, 73 pages, www.admin.ch/ch/f). Ainsi, des milliers de brochures sur papier glacé dépourvues de tout contenu véritable ont été distribuées. On s’est servi de l’administration, des églises, des associations sportives et de l’armée pour procéder à l’endoctrinement de la population, lequel est appelé «information» par le Conseil fédéral afin d’éviter d’éventuelles plaintes. On invite les rédacteurs en chef de la presse régionale à des entretiens avec les conseillers fédéraux parce que «les déclarations publiques des conseillers fédéraux […] sont généralement bien couvertes par la presse locale» (p. 38), contrairement aux grands médias. Lors de leurs interventions télévisées, les conseillers fédéraux font en sorte que «les organisateurs tiennent compte des vœux des magistrats quant à la qualité des opposants et aux bases de discussion» (p. 43). Lorsqu’un argument apparaît dans les débats qui pourrait amener la population à voter NON, on lui fournit des «compléments d’information» (p. 34) destinés à l’orienter dans le sens voulu. Le Conseil fédéral ne se contente plus d’exécuter la volonté des citoyens libres, il cherche, avec l’aide de ses 432 «conseillers en communication», à constituer une majorité qui lui soit favorable. Il abuse de son autorité pour faire de la propagande à différentes occasions au lieu de laisser les différentes forces sociales diriger le débat. Ce faisant, le Conseil fédéral se place en marge de la démocratie suisse où les décisions sont prises par le peuple lui-même et où l’Etat n’a pas le droit d’imposer aux citoyens ce qui correspond aux intérêts d’une petite minorité. Les grands groupes industriels regroupés au sein d’économiesuisse, qui n’assument plus aucune responsabilité vis-à-vis de notre pays, ont consacré à la propagande la somme incroyable de 12 millions de francs environ. Afin que rien ne soit laissé au hasard, un haut fonctionnaire du Département fédéral des affaires étrangères, Rudolf Ramsauer, a, il y a une année et demie, été nommé chef d’économiesuisse. Alors que les PME, qui sont créatrices d’emplois, ne tireront aucun bénéfice de l’adhésion, les grandes entreprises ont conclu avec l’ONU, en 1999, un Pacte mondial (Global Compact) qui leur permet, sous prétexte de défendre des principes éthiques, de continuer leurs pillages en échange de leur soutien aux Nations unies. Face à l’ampleur exorbitante de la campagne en faveur de l’adhésion, les 45 % de «non» doivent être interprétés comme une solide opposition à la manipulation. Sans avoir été informée honnêtement des conséquences, la Suisse va adhérer à une structure antidémocratique dans laquelle les citoyens n’ont pas leur mot à dire et qui s’apprête à faire la guerre dans le monde entier. Ce qui frappe dans les résultats de la votation, c’est que les campagnes manifestent plus d’indépendance d’opinion que les centres urbains. Cette adhésion malheureuse obtenue grâce à la manipulation ne constitue qu’un aspect du problème. Il va s’agir maintenant de restaurer la démocratie directe. Les chefs de départements, qui se posent en ministres tout-puissants, doivent redevenir des serviteurs du peuple. Le fait que l’Etat propage la «bonne» opinion est incompatible avec la conception suisse de la démocratie. Cette pratique relève de la dictature. Depuis que le Conseil fédéral a imposé au peuple une nouvelle Constitution, il se comporte manifestement comme un groupe oligarchique et non pas comme un exécutant de la volonté populaire. Pour restaurer la démocratie, les citoyens n’ont plus d’autre choix que d’exiger, par voie d’initiative populaire, la neutralité des autorités lors d’élections et de votations. Le Comité fédéral pour une Suisse neutre, souveraine et démocratique va s’y engager, en collaboration avec d’autres groupements.
Comité fédéral pour une Suisse neutre, |