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La «doctrine Bush» Une déclaration de guerre au monde entier Le quotidien allemand «Die Welt» a publié le 28 février un article de Herbert Kremp qui cite des extraits d’un document interne destiné à devenir prochainement l’officielle doctrine Bush. La prétendue «lutte antiterroriste» y est présentée comme le fil conducteur de la politique étrangère américaine des prochaines décennies, laquelle n’exclut pas le recours aux armes atomiques. er. Selon Kremp, la doctrine Bush est une «doctrine globale de défense offensive». Elle considère les Etats, y compris les alliés, uniquement en fonction de leur volonté de soutenir la lutte contre le terrorisme et de leur capacité à la mener. «Les Etats qui refuseraient cette doctrine devront s’attendre à des interventions militaires. S’ils ne sont pas en mesure de s’y conformer, ils seront placés sous surveillance, ce qui fait penser au «contrôle des stupéfiants». S’ils s’y opposent, ils seront considérés comme peu sûrs et en cas d’opposition farouche, comme des ennemis». Presque une soumission… Toujours selon Kremp, l’application rigoureuse de la doctrine implique 3 objectifs: surveiller les pays d’Asie antérieure et centrale, du Caucase à l’Hindu Kuch, empêcher une prise de pouvoir islamiste en Arabie saoudite et se concentrer sur l’Iran, l’Inde et la Chine où émergent de nouveaux centres de pouvoir. Le résumé de l’auteur est sans ambiguïté: La doctrine Bush impose un «code de conduite proche de la soumission. Elle est suspecte de visées hégémoniques.» La soumission ou la guerre, L’exemple du Canada montre que le moment est venu pour les «alliés» de l’Amérique de résister. En effet, ce pays a du mal à défendre ce qui lui reste de souveraineté par rapport aux Etats-Unis. Comme on pouvait le lire dans la «Neue Zürcher Zeitung» du 1er mars, les USA cherchent à mettre sur pied une sorte de commandement continental suprême, même sans l’accord du Canada. La conclusion de l’article est particulièrement inquiétante: le Canada ne pourrait échapper à ce commandement qu’en augmentant ses dépenses de défense, c’est-à-dire d’armements. Pourquoi? Le droit des peuples à l’autodétermination n’existe-t-il plus? Pourquoi le Canada ne peut-il pas dire tout simplement «non»? A propos de l’Europe, Kremp est du même avis que le journaliste de la «Neue Zürcher Zeitung»: l’Europe va disparaître de l’écran radar américain si elle persiste à croire à l’irréversibilité de l’évolution vers la paix. Sommes-nous devenus fous? L’Europe doit-elle sérieusement participer à l’effort de guerre et aux guerres contre la moitié de monde? L’opinion publique européenne ne peut plus faire comme si les Etats-Unis voulaient uniquement tirer les oreilles de quelques mauvais garnements. Non. Le moment est venu où l’Europe et le monde entier doivent dire «non». L’Amérique peut menacer le monde entier mais elle ne peut pas faire la guerre au monde entier. Si l’Europe s’oppose au rêve américain d’hégémonie planétaire – qui ne peut mener qu’à la catastrophe, également pour les Etats-Unis – cette folie pourra être stoppée. • |