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Débats sur la violence après la tuerie d’Erfurt

 

Les enseignants doivent à nouveau être autorisés à éduquer

Il ne faut plus tolérer la violence dans les médias!

par Annemarie Buchholz, Eva-Maria Föllmer, Eliane Gautschi, Georg Koch, Marita Koch, Karl Müller

Depuis le massacre d’Erfurt, la population s’inquiète beaucoup pour la jeunesse. A juste titre. De nombreux parents se font du souci et observent leur enfant plus attentivement: A quels jeux joue-t-il sur son ordinateur? Quelles vidéos regarde-t-il? Selon une étude menée auprès d’élèves de 10 à 16 ans par le chercheur en médiologie Werner Glogauer, plus de deux tiers d’entre eux ont été en contact avec des jeux vidéos mis à l’index ou saisis. Les parents se demandent à juste titre quels effets les mass médias ont sur l’esprit de leurs enfants, s’ils commettent des erreurs qui pourraient être fatales à leurs enfants. Les adolescents se sentent également concernés et discutent de manière très engagée de ces questions. Les institutions sociales, et avant tout l’école, sont-elles conscientes de leur mission de soutien des parents dans leurs tâches éducatives? Les enfants et les adolescents sont exposés aujourd’hui à un environnement de plus en plus difficile caractérisé entre autres par la drogue, le nihilisme, la violence et la perversion et beaucoup de parents sont bien seuls dans cette situation.

La plupart des pères et des mères s’efforcent de faire de leurs enfants des êtres heureux et aptes à affronter les difficultés et à maîtriser leur vie d’adulte aussi bien au niveau conjugal et familial qu’au niveau professionnel et social. Personne ne peut prétendre que cela réussira toujours sans accrocs, sans complications ni contrecoups.

Les erreurs éducatives ne sont pas
la cause des excès de violence

Certes, il existe des difficultés, par exemple en raison de conflits conjugaux ou à cause des divorces, lorsque l’on doit élever seul ses enfants. Ici aussi, dans la plupart des cas, les parents se donnent de la peine et sont conscients de leurs responsabilités. Beaucoup s’engagent doublement pour permettre à leurs enfants de bien grandir.

Beaucoup de mères qui élèvent seules leurs enfants s’inquiètent par exemple de l’absence du père en tant que modèle d’identification masculine pour leur fils. Elles sont heureuses quand un enseignant se charge de lui et lui apporte son aide. En outre, les pères et les mères qui élèvent seuls leurs enfants sont souvent doublement voire triplement sollicités. Ils doivent tout particulièrement pouvoir compter sur la contribution des institutions publiques à l’éducation des enfants.

Il y a toujours eu des difficultés dans les familles, elles ne sont pas plus grandes aujourd’hui qu’hier. Au contraire: beaucoup de parents ont aujourd’hui davantage conscience de l’importance qu’ils ont pour leurs enfants. Il y a toujours eu des adolescents qui, pour une raison ou une autre se sentaient vexés, avaient des conflits avec leurs parents, l’école ou leurs amis; il y a toujours eu des erreurs éducatives, des divorces et des familles brisées, mais il n’y a jamais eu des actes de violence extrême comme à Littleton, à Bad Reichenhall et dernièrement à Erfurt, pour ne citer que la partie visible de l’iceberg.

Relation évidente entre la consommation des médias et la violence

Comment expliquer de tels excès de violence? Qu’y a-t-il de différent aujourd’hui pour que des enfants et des adolescents, face aux difficultés qu’ils rencontrent, commettent des actes aussi atroces? On a constaté que tous ces criminels jouaient à des jeux vidéos à contenu violent, qu’ils regardaient des vidéos violentes et écoutaient de la musique glorifiant la violence.

Un grand nombre d’études scientifiques montrent depuis des décennies un rapport évident entre la consommation des médias et les comportements violents.1 L’idée – souvent avancée – que la question est sujette à controverse chez les scientifiques est un «mythe», estime L. Rowell Huesman, qui est, selon la «Süddeutsche Zeitung», le scientifique américain le plus réputé en matière de mass médias.2 Dave Grossman, ancien officier et psychologue militaire à West Point montre que, par les scènes de violence à la télévision, au cinéma et dans les jeux vidéos, les enfants sont désensibilisés, brutalisés et conditionnés de la même manière que les soldats dans les programmes d’entraînement militaire destinés à leur apprendre à vaincre leur résistance naturelle à tuer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, «seuls 15 à 20% des soldats étaient disposés à tirer sur un adversaire visible», constate un général de brigade cité par Grossman. C’est pourquoi des psychologues militaires américains se servaient de méthodes de conditionnement, de désensibilisation et d’apprentissage de rôles pour pousser les soldats à vaincre leur réticence à tuer. «Ceux qui apprennent aux soldats à tuer savent que l’essentiel réside dans la simulation. Nous devons apprendre aux jeunes gens à tuer avec des simulateurs, à l’instar des simulateurs de vol. Et nous en venons maintenant aux jeux vidéos violents qui sont accessibles aux enfants. Beaucoup ne sont rien d’autre que des simulateurs de meurtres.»3 Grossman en conclut: «Nous soumettons les adolescents et les enfants exactement aux mêmes mécanismes que ceux qui conditionnent les soldats de métier à tuer.» A la différence que ces mécanismes exercent un effet encore plus dévastateur sur les enfants parce que ces derniers sont encore en plein développement physique, intellectuel et psychique. C’est toute leur personnalité qui se construit. Les enfants et les adolescents cherchent également dans les films et les jeux vidéos des modèles d’identification. Ils s’identifient volontiers avec ceux qui réussissent, avec les vainqueurs. Malheureusement, ceux-ci sont des individus violents. Albert Bandura a étudié, il y a de nombreuses années déjà, l’apprentissage par imitation et a constaté par exemple que les enfants rejouaient les scènes qu’ils avaient vues. Les adultes ont un grand pouvoir s’ils s’opposent à la violence car le modèle de la violence perd alors de son influence.

Werner Glogauer, médiologue d’Augsbourg, rend compte d’une étude américaine de 1999, la «Mortal Combat Study», d’après laquelle les jeux vidéos brutaux entraînent des comportements agressifs et des sentiments d’hostilité. La situation de compétitivité des jeux vidéos augmente encore l’agressivité. Les actions répétées des joueurs sont liées constamment à des émotions négatives comme l’irritation, la colère, la fureur, la haine, le désir de vengeance et sont exprimées dans une langue agressive.4

La violence dans les médias
est nuisible pour tous les enfants

Ces phénomènes n’étonnent pas si on se rend compte de ce qui arrive aux enfants et aux adolescents exposés quotidiennent à ces influences. L’enfant se ferme complètement aux relations humaines et se réfugie dans un monde intérieur qui n’est plus guère accessible à ce que ses parents, ses frères et sœurs et d’autres personnes peuvent lui offrir. La consommation des médias prive de plus en plus l’enfant de nourriture psychique. Devant son ordinateur, il est comme emprisonné dans une cellule d’isolement. Il développe des fantasmes de violence, des angoisses, des crises de dépression et une terrible solitude intérieure pouvant aller jusqu’à des comportements autistes.

La vue répétée de scènes très violentes détruit l’aptitude à la compassion des adolescents et les rend indifférents. Leur vie intérieure s’émousse, ils s’habituent à la perversion et au sadisme. Beaucoup d’enfants et d’adolescents s’entraînent à supporter des scènes de plus en plus violentes, à devenir impassibles et invulnérables pour gagner l’admiration de leurs pairs. Ils perdent de plus en plus confiance dans leur relation à autrui. Ils commencent à voir des ennemis partout et leur vie de tous les jours s’en ressent: Ils se voient agressés de toutes parts et ont souvent des mouvements de combat totalement démesurées.5

Même des enfants qui n’ont pas de dispositions agressives adoptent les comportements violents qu’ils trouvent dans les médias. «Il n’est manifestement pas nécessaire de souffrir de troubles affectifs ou d’être hyperagressif pour apprendre des tactiques violentes par l’observation. Les exemples de violence ont autant d’impact sur les enfants calmes que sur les enfants agressifs.»6 Les adolescents se souviennent des comportements qu’ils ont entraînés avec les jeux vidéos et des situations correspondantes et les essayent en pensée jusqu’à ce qu’un jour, ils les transposent dans la réalité. C’est ce qu’a constaté Werner Glogauer dans ses interviews d’adolescents ayant commis des homicides. L’agressivité apprise ne se manifeste pas toujours directement dans le comportement. Mais dans des situations analogues, le consommateur de violence médiatique utilise le comportement agressif appris. «La pensée agressive précède le comportement violent fondé sur des schémas de pensée agressifs. Ce sont les modèles construits par la violence de la télévision.»7

Les parents sont désespérés

Aucune mère, aucun père ne souhaite cela pour son enfant. Beaucoup de parents ont par exemple acheté un ordinateur parce qu’on leur avait dit que grâce à lui leurs enfants apprendraient mieux. L’industrie profite cyniquement de ce désir si bien que beaucoup de chambres d’enfants d’aujourd’hui ressemblent à des repaires de brigands. Il n’y a plus de place pour des cahiers, des livres ou des objets bricolés. L’ordinateur, les jeux vidéos ainsi que les posters corrrespondants et d’autres babioles en plastique prennent toute la place. Les parents se sentent impuissants, désemparés. Aujourd’hui, toutes les familles sont exposées à ce genre d’environnement. Il n’existe pas d’îlot dans lequel on pourrait protéger son enfant de telles influences. Et dans cette situation, les familles ne trouvent guère d’aide.

Leur interlocuteur naturel serait l’école qui est depuis toujours responsable d’une éducation venant compléter celle des familles. En Allemagne, cette mission est inscrite explicitement dans les constitutions des différents Länder et figure implicitement à l’article 1-1 de la Constitution fédérale.

Le mandat éducatif a été retiré aux écoles

Mais en réalité les parents trouvent de moins en moins d’aide dans les écoles et ce n’est pas un hasard. Bien que la plupart des enseignants choisissent ce métier pour s’occuper des enfants et les aider, on a, ces dernières années, retiré de plus en plus aux écoles leur mission éducative. Lors des cours de formation et de perfectionnement, on apprend aux enseignants qu’ils ne doivent pas être un exemple pour leurs élèves ni les éduquer et qu’ils n’ont plus qu’un rôle d’animateur ou d’accompagnateur. Ainsi on les a privés de leur tendance naturelle à aider l’enfant efficacement et vouloir l’éduquer.

Des réformes scolaires idéologiquement marquées prescrivaient jusqu’à une date récente le style d’éducation antiautoritaire et de laisser-faire. Mais maintenant une forte demande de résultats se fait jour. Les objectifs à atteindre sont orientés uniquement vers l’économie mondialisée. Les jeunes, en tant qu’êtres sociaux possédant chacun leur personnalité, restent sur le carreau. Les enseignants – en Allemagne et de plus en plus aussi en Suisse – subissent des pressions les poussant à exiger des résultats maximums d’une élite d’élèves sans pouvoir les éduquer au plan humain. Et ils doivent atteindre cet objectif alors que l’éducation et l’enseignement sont souvent rendus encore plus difficiles par des mesures d’économie draconiennes: les effectifs des classes sont très élevés et même les élèves les plus difficiles ne bénéficient plus d’aucun programme de soutien ni d’aide de la part de psychologues scolaires. Souvent l’offre de loisirs constructifs est absente depuis longtemps et les jeunes sont littéralement poussés vers la sous-culture.

A y regarder de près, on observe une uniformisation effrayante des jeunes qui traduisent l’«american way of life» par leurs vêtements, leurs objets fétiches, leur musique, voire leurs expressions faciales poupines et blasées très étudiées. Dans ces conditions, les enseignants ne sont plus en mesure de faire progresser les élèves individuellement et globalement. Ils sont soumis à de nombreuses pressions et en plus ils se font insulter publiquement, notamment par les politiciens. Il ne faut pas s’étonner que les élèves ne les respectent plus. Depuis des années déjà, ils subissent les impertinences des élèves sans pouvoir vraiment s’y opposer. Et maintenant, ils font l’objet de menaces. Nombreux sont ceux qui, depuis la tuerie d’Erfurt, ont peur d’affronter leur classe. Les conseillers d’éducation entendent tous les jours parler de cas nouveaux d’élèves qui, après de mauvaises notes, menacent un enseignant en lui disant: «Et vous osez me faire ça, après Erfurt?»

De plus, les enseignants en cours de formation ou de perfectionnement apprennent à réprimer les sentiments de compassion pour leurs élèves. Ils sont renvoyés à eux-mêmes et s’occupent exclusivement de «réalisation de soi». Dans ces conditions, un épanouissement véritable dans la profession n’est plus possible. Si l’enseignant ne se tourne plus vers l’élève et qu’il ne l’aide pas dans toute sa personnalité, il ne peut plus trouver de joie à exercer son métier. L’épuisement professionnel (burn-out), souvent conjuré, devient réalité.

Alors les enseignants finissent par ne plus faire que leur «job»: enseigner les matières. Ils ne sont plus motivés, ils font la «grève du zèle».

Si un élève se montre difficile, ils n’ont d’autre recours que des mesures disciplinaires: mise à pied partielle, horaire réduit, voire renvoi définitif de l’école. Ainsi, l’élève est renvoyé à lui-même et le problème aux parents. Si ces derniers viennent demander conseil à l’école, une grande partie des enseignants ne sont plus capables de dialoguer. Ils énumèrent les méfaits des élèves et attendent des parents qu’ils «refassent fonctionner» leurs enfants. En cas de doute, ils recommandent de plus en plus souvent la drogue «Ritaline» et l’exigent même sous la menace d’un renvoi de l’école. [cf. article à la page 7] Ils n’apprennent plus comment aider les enfants à résoudre leurs problèmes et ne sont donc pas capables de donner des conseils adéquats aux parents. Mais quand les adultes ne sont plus capables d’aider les enfants en difficulté, ils rompent les liens avec eux, ce qui peut avoir des conséquences dangereuses.

Renouer avec la mission éducative de lécole

Nous ne pouvons pas livrer nos enfants et nos adolescents à l’influence dévastatrice des médias. Nous devons et pouvons réagir. Toutes les institutions sociales ont le devoir de soutenir les familles dans cette tâche difficile. L’école est en mesure de remplir une grande mission qui relève de sa responsabilité.

Au lieu d’augmenter les effectifs des classes et de supprimer les soutiens de toutes sortes, il faut reprendre les tâches éducatives au sérieux. Les enseignants doivent être formés en conséquence et leur profession doit retrouver un statut à la hauteur de cette importante mission. Il faut que l’instruction et l’éducation s’appuient sur les données de la pédagogie et de la psychologie du développement. Cela veut dire que les enseignants doivent réapprendre à ne pas considérer l’élève uniquement sous l’angle des résultats et de la discipline mais de manière globale, en tant qu’individu social, et envisager son comportement comme l’expression de ce qu’il ressent à l’école, dans sa famille et parmi ses pairs. Le maître doit trouver, en dialoguant avec l’élève et ses parents, des réponses individualisées aux problèmes qui le préoccupent. Ainsi, pour prendre l’exemple d’un adolescent consommateur de médias violents, il ne sert pas à grand-chose de les lui interdire car les jeunes n’obtempèrent pas aussi facilement que les enfants. On risque même de le pousser dans l’opposition et le repli sur soi. Il faut l’amener à se détourner consciemment et sincèrement des contenus médiadiques inhumains. Il n’y a pas d’autre solution.

Dialoguer avec la jeunesse

Dans chaque cas individuel, il faut à nouveau se demander comment s’adresser au jeune aux plans affectif et intellectuel pour le toucher véritablement, pour gagner sa confiance afin qu’il s’ouvre à un dialogue authentique, qu’il soit sensible aux arguments et qu’il puisse opter personnellement pour un mode de vie constructif. Il s’agit qu’il acquière la force de résister aux offres du monde médiatique et de se forger une protection intérieure. Cette question se pose aux parents comme aux enseignants.

Dans tout le pays, les parents sont inquiets, ils observent leurs enfants de plus près, essayent de mieux les guider. Ces derniers remarquent qu’ils sont inquiets, qu’ils les critiquent peut-être davantage. Certes, il est juste de donner des repères aux enfants et de les corriger s’ils se conduisent mal. Mais il faut leur faire confiance, être persuadé qu’ils sont tout disposés à s’améliorer. On ne doit pas oublier d’approuver, de fortifier et d’encourager les aspects positifs et constructifs des jeunes. Sinon, les efforts des adultes peuvent aboutir à des résultats contraires au but recherché, c’est-à-dire à ce que les enfants s’opposent à leurs éducateurs et se détournent d’eux, à ce que peut-être leur solitude intérieure les pousse encore davantage vers le monde destructeur des médias. Les jeunes doivent sentir que le père, la mère ou l’enseignant sont toujours bien disposés à leur égard et qu’ils ne rompront jamais le contact.

Nécessité absolue d’un consensus
sur les valeurs

Il faut de toute urgence qu’un consensus social soutienne à nouveau la famille afin de condamner toutes formes de violence. A l’avenir, la politique familiale doit être conçue de manière à soutenir les parents dans leur rôle éminemment important pour la sauvegarde de la démocratie. L’éducation dans la famille et à l’école doit être à nouveau reconnue comme précieuse et considérée comme une tâche belle et gratifiante.

Nous avons besoin d’un consensus de valeurs défendues activement et avec conviction par toutes les forces de la société. Un enseignant qui adresse à un élève une remarque sur le fait que son langage, son attitude, son comportement ou ses vêtements a un caractère agressif ou blessant doit être assuré du soutien de ses collègues, de ses supérieurs, des politiques, de la société tout entière. Aujourd’hui, s’il agit, c’est en secret, pour ne pas être accusé de limiter la liberté des enfants.

Les parents doivent pouvoir être assurés du soutien de l’école dans leurs efforts pour faire de leurs enfants des êtres compatissants, capables de vivre en société, au caractère solide et ayant le courage de leurs opinions. Ils doivent savoir qu’ils seront encouragés s’ils ont des difficultés d’apprentissage et amenés à régler les conflits de manière pacifique.

On ne peut plus accepter qu’un jeune se referme sur lui-même pendant des jours, des semaines, des mois, voire des années et qu’aucun adulte n’ait un accès authentique à son être intime et ne sache où il en est et ce qui le préoccupe.

En fin de compte, ce n’est pas une solution de renvoyer de l’école un élève à problèmes sans lui donner de perspectives. Cela ne résout rien; au contraire, après cet échec, il en rencontrera peut-être d’autres: un apprentissage raté, un fiasco amoureux. Chaque nouvel échec pourra l’amener à perdre tout espoir et c’est alors qu’il mettra peut-être en pratique son long entraînement à la violence. Dans le pire des cas, il pourra conclure: «Si je dois disparaître, je ne le ferai pas seul: tels et tels disparaîtront avec moi.»

Nous n’avons pas le choix: nous devons rétablir le contact avec notre jeunesse et lui transmettre des valeurs. Il faut que le dialogue réussisse. Nous ne devons pas abandonner les jeunes à la sous-culture. Nous devons les amener à réfléchir à la manière de construire un monde plus humain, nous devons leur apprendre la responsabilité et le comportement social. Nous devons nous mettre tous d’accord sur les valeurs humaines fondamentales, car c’est seulement ainsi que la jeunesse recevra une base sur laquelle s’appuyer.

Pour atteindre ce but, nous devons engager entre nous un dialogue ouvert et sincère. Nous n’avons pas le droit de laisser tous les débats et toutes les décisions aux «représentants» de la politique et des médias. Il est inadmissible qu’on parle beaucoup au plan officiel mais qu’une fois de plus, on en reste à des déclarations d’intention.        

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1 Vgl. Kathrin Schulte-Holtey: «Wie Gewalt in den Medien von unseren Kindern Besitz ergreift»,
in: Zeit-Fragen Nr. 19 vom 6.5.2002

2 «Mörderische Medien.» Warum Gewaltfilme und -spiele Gewalt verursachen. In: Süddeutsche Zeitung vom 27.4.2002

3 «Mit Videospielen studieren Kinder das Töten.» Interview mit Dave Grossman, in: Welt am Sonntag vom 5.5.2002.

4 Werner Glogauer. «Gewalt in den Medien macht Kinder und Jugendliche zu Tätern.» In: Zeit-Fragen Nr. 19 vom 6.5.2002

5 vgl. Lefkowitz, M./Eron, L.D./Walder, L.O./Huesman, L.R.: Growing up to be violent. A Longitudinal Study of the Development of Aggression. New York/Frankfurt/M. 1977, S. 113

6 Albert Bandura. Aggression – eine sozial-lerntheoretische Analyse. Stuttgart 1979, S. 296

7 Kleiter, E.F.: Film und Aggression – Agressionspsychologie. Weinheim 1997, S. 111