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Echange de bons procédés Visite en Suisse du président de la Banque mondiale Les médias ont fait fête au président de la Banque mondiale James Wolfensohn à l’occasion de sa visite en Suisse, il y a quelques semaines – la Suisse est en effet membre de la Banque mondiale depuis dix ans. Wolfensohn utilise cette visite pour améliorer son image. Les médias sont unanimes pour dire qu’il est pour ainsi dire un représentant du tiers-monde et qu’il a totalement changé. Et lui-même déclare à la grande satisfaction du Conseil fédéral que la Suisse doit supprimer ses barrières commerciales, surtout en ce qui concerne l’importation des produits agricoles, afin de donner une chance au tiers-monde. Cela choque profondément les paysans et est révélateur de la politique absurde du Conseil fédéral – Pascal Couchepin en tête – visant à abandonner de plus en plus les paysans à leur sort. rp. En 1944, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont été créés à Bretton Woods aux Etats-Unis. Le but de ces institutions privées (!) était de stabiliser l’économie internationale après les expériences amères de la crise économique mondiale. Mais elles avaient bien évidemment un second objectif et n’étaient pas organisées de façon démocratique. Dominées par les Etats-Unis, elles étaient au service de la finance mondiale et c’est à cette fin qu’elles ont été utilisées. Les positions qu’elles prennent correspondent toujours aux intérêts de l’économie américaine, malgré les belles paroles de leurs représentants. La récente débâcle de l’économie argentine a également été le résultat d’une décision prise par le FMI et non par l’Argentine, malgré la mauvaise gestion dont ce pays a fait preuve. La visite en Suisse de Wolfensohn – à l’occasion du dixième anniversaire de l’appartenance de la Confédération à la Banque mondiale et au FMI – dissimule l’attaque de notre population par les puissances de la mondialisation. On fête avec le meilleur vin blanc suisse ce qui va entraîner chez nous un appauvrissement et une exploitation considérables. En effet, Wolfensohn fait le jeu des départements de Couchepin et de Deiss en demandant d’abandonner les barrières commerciales pour les produits agricoles et de diminuer les subventions à l’agriculture. Nos deux conseillers fédéraux ont hâte de voir l’Etat abandonner ses responsabilités envers la population et se mettre au service des intérêts boursiers mondiaux. Ils souhaitent une ouverture totale des marchés dans l’esprit de l’OMC et des accords AGCS (GATS): absence de soutien de l’Etat aux produits locaux et suppression des subventions selon la devise: «Peu importe d’où vient le blé dont le pain est fait, l’essentiel est qu’il soit bon marché.» Ils pensent à tort qu’il n’y aura jamais de crise et que l’approvisionnement de la population se fera toujours sans problèmes. C’est une conception irréaliste, comme le prouve l’histoire. La paysannerie suisse ne peut pas survivre sans protection de l’Etat et les conseillers fédéraux le savent bien. • Les pays modèles de Couchepin La Nouvelle-Zélande, l’Autriche et les Pays-Bas Le fait que le conseiller fédéral Couchepin considère les Pays-Bas, l’Autriche et la Nouvelle-Zélande comme des références pour la politique économique de la Suisse est significatif. 1. La Nouvelle-Zélande passe pour le premier pays à avoir baissé radicalement son «taux d’Etat ». Toutes les entreprises et les participations étatiques, les chemins de fer, les caisses-maladie, la poste, etc. ont été vendues ou soumises au new public management. Des investisseurs étrangers ont acheté ces participations en grande quantité. Ils ont fermé sans plus attendre toutes les institutions non rentables, indépendamment de leur importance pour la population. Les conditions de vie se sont tellement aggravées en peu de temps qu’aujourd’hui, il faut remettre en place des institutions d’aide sociale étatiques. Le fait que la Nouvelle-Zélande figure comme exemple positif dans le rapport du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) relève de l’ignorance ou compte sur l’ignorance d’autrui. 2. L’Autriche se trouve confrontée à une épreuve de vérité. Comme en Nouvelle-Zélande, un jeune ministre de l’économie se met à vendre toutes les participations de l’Etat. Les chemins de fer autrichiens roulent maintenant sur des voies achetées en leasing à un fond de pension américain. Les forêts et les lacs sont en train d’être vendus. La protection sociale est démantelée. Au Brenner, la population est soumise à une épreuve sans pareille: Les poids lourds européens submergent le pays et le gouvernement assiste au désastre en spectateur. Les agriculteurs sont livrés à l’UE. 3. La politique de l’emploi néerlandaise semblait exemplaire il y a encore peu de temps. L’assassinat de Pim Fortuyn a détruit d’un coup cette image idyllique, également pour l’observateur étranger. En réalité, l’économie est aussi mal en point que celle de l’Allemagne de l’Est (cf. Der Spiegel No 20/2002 et Neue Zürcher Zeitung du 8 mai), l’école court à la catastrophe et la politique en matière d’euthanasie et de drogue est bien connue. Le fait que les Pays-Bas soient cités en exemple positif dans le rapport nous montre que le DFE prend ses désirs pour des réalité. On ne peut considérer l’Autriche comme un «pays de référence» que si l’on se désintéresse des êtres humains et que l’on se préoccupe uniquement du taux de croissance et des profits des investisseurs étrangers. |