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Qui aida vraiment le peuple juif? Face aux abjectes accusations déniant aux banques et au peuple suisses toute once de respectabilité, considérons ce que les annales de la Suisse et d’autres pays nous révèlent à propos de la période de guerre: paradoxalement, l’opacité dont on accuse les banques a été formée justement pour protéger les Juifs. Lorsque le régime hitlérien commença à exercer des pressions en 1934, les lois sur le secret bancaire suisse ont été adoptées surtout pour empêcher le gouvernement allemand d’examiner les comptes à l’étranger de Juifs allemands. Contrairement à la France, à l’Italie et à d’autres pays, la Suisse a protégé ses citoyens juifs (18 000) de la déportation. Pendant la guerre, la Suisse a accueilli plus de réfugiés juifs que tout autre pays, proportionnellement à son nombre d’habitants. Avant 1940, plus de 14 000 Juifs avaient fui d’Allemagne en Suisse. L’année suivante, la Suisse a reçu encore 6000 Juifs qui tentaient d’échapper à la guerre éclair contre la Belgique et la France, tout comme 50 000 soldats français et polonais en fuite. En 1944, la Suisse a décidé par votation d’accueillir 14 000 Juifs pris au piège en Hongrie, que le diplomate suédois Raoul Wallenberg avait pris sous sa protection. Mais Adolf Eichmann n’autorisa que 1600 Juifs à passer la frontière suisse; les personnes à qui l’on a refusé l’entrée dans le pays à titre de «personnes protégées par la Suisse» ont fini dans les chambres à gaz. Proportionnellement à leur population, les Etats-Unis ont accueilli beaucoup moins de réfugiés juifs: environ 55 000 au début de la guerre et seulement 21 000 pendant la guerre, chiffres qui traduisent la répugnance du président Roosevelt à accueillir des réfugiés juifs. Plus grave encore – et jusqu’à aujourd’hui inexpliqué – est le fait que les Etats-Unis et leurs alliés ont négligé de bombarder les rails de chemins de fer sur lesquels les Juifs ont été transportés dans les camps de la mort, alors que le bombardement de la ville de Dresde sans défense et bondée de réfugiés, censé avoir été exécuté à la demande de Staline, est bien connu. Quant aux Britanniques, ils ont capturé en Méditerranée des bateaux transportant des réfugiés juifs d’Europe en Palestine (ultérieurement Israël) et ont détenu ces réfugiés en camp de concentration sur l’île de Chypre pour amadouer les Arabes en échange de concessions pétrolières. Les Juifs déjà en Palestine en ont été chassés et beaucoup d’entre eux ont été tués. Si le gouvernement a sommé récemment les banques britanniques de rechercher dans leurs archives toute trace de fonds juifs non réclamés, il ne faut pas oublier que les Britanniques ont signé en 1984 une déclaration commune avec la Chine communiste, par laquelle la propriété de Hongkong était remise à la Chine. Bien que les droits des Britanniques sur l’île courussent à leur fin, on aurait pu trouver une solution pour éviter ou différer cette livraison choquante de plus de cinq millions de personnes à un régime brutal. Vouloir c’est pouvoir. Apparemment, sauver Hongkong du communisme ne faisait pas partie du plan anglo-américain des «initiés». Encore plus scandaleux est le refus du Royaume-Uni d’accorder la pleine citoyenneté à ces gens pris au piège, ainsi que la remise de passeports n’autorisant pas les titulaires à pénétrer dans le pays émetteur, ce qu’aucune démocratie occidentale n’avait jamais fait. Etablissant un parallèle, un avocat éminent de Hongkong a fait remarquer à la télévision: «Pour l’Angleterre, remettre 5,5 millions de personnes à la Chine communiste se compare à livrer 6 millions de Juifs aux nazis.» La personne qui a signé l’accord avec Deng Xiaoping était Margret Thatcher, considérée dans tout l’Occident comme une grande politicienne. • Source: Jane H. Ingraham dans The New American du 13/10/1997 |