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Emmi veut baisser le prix du lait bs. Saviez-vous que le grand groupe laitier suisse Emmi exporte du yaourt en Grèce et en Colombie, du fromage en Afrique du Sud et en Australie, de la crème à Hong-Kong et à Singapour? Cette ancienne entreprise suisse est devenue aujourd’hui un groupe industriel moderne, mondialisé et avide de profits. Le transport des produits frais en Amérique latine ou en Asie est certainement cher. Pour vendre moins cher que les producteurs locaux – et détruire ainsi l’agriculture locale –, Emmi doit faire des économies. Dès novembre, le groupe veut payer 5 centimes de moins le kilo de lait aux agriculteurs suisses, c’est-à-dire 76,4 centimes. Il s’agit là d’une atteinte à l’existence même des petits et moyens producteurs de lait. La justification officielle est le bas prix du lait dans l’UE: 45 centimes le kilo. Ce prix entraîne des difficultés d’exportation du fromage. Le fromage suisse est beaucoup plus cher que le fromage allemand ou hollandais. Souvenons-nous que les grands groupes industriels ont profité de chaque occasion, avant la votation sur les Accords bilatéraux, pour souligner qu’une ouverture bilatérale serait particulièrement importante pour le commerce du fromage suisse! Mais on pouvait déjà prévoir l’évolution actuelle, car le prix du lait a toujours été inférieur dans l’UE. Les directeurs des ventes des grands groupes laitiers savent également compter et ils n’ignoraient pas à quoi la Suisse serait confrontée avec les Accords bilatéraux. On ne peut s’empêcher de penser que tout ce qui se passe aujourd’hui a été planifié de longue main par des stratèges de l’économie. Le bas prix du lait dans l’UE explique pourquoi on veut payer le lait moins cher aux paysans suisses. Les exportations d’Emmi ne peuvent qu’en profiter. Si en Suisse, à cause des faibles rendements, les agriculteurs doivent, l’un après l’autre, mettre la clé sous la porte, Emmi fera peut-être produire le lait à l’étranger. Probablement sans scrupules, car la mondialisation impose sa loi d’airain. Un autre «détail» nous fait dresser l’oreille: Emmi prévoit d’entrer en Bourse en automne pour «financer sa future croissance». Une baisse du prix du lait payé aux paysans provoquera une flambée de la valeur des actions en novembre. • |