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Il faut une culture qui tienne compte Quel est le but de M. Bergier: Critiquer la Suisse ou mettre à profit la vente de son livre sur le dos d’une Suisse bien trop gentille qui doit se défendre d’un anti-hélvétisme trop fréquent? J’étais adolescent pendant la guerre 1939-45; avec nos vieux parents, avec les mamans et leurs enfants, nous avons gardé l’arrière pays, nous avons fait ce que nous pouvions pour garder son économie avec des moyens restreints, puisque la majorité des hommes actifs étaient au Front. Nous avons gardé son économie pour que ces pères, ces frères, ces fils retrouvent à leur retour (s’il pouvaient retourner) leur foyer, leur entreprise, leur exploitation agricole dans l’état de fonctionnement comme ils l’avaient laissé à leur départ. Nous avons laissé dans cette aventure les meilleurs de nous-mêmes de nous tous et toutes; de façon à ce qu’aujourd’hui nous ne pouvons accepter certains mépris de certains rapports. Nous nous souvenons du plan Wahlen, érigé par ce Monsieur d’une très grande intelligence, qui contenait d’abord le plan de nourriture de notre pays. Puisque nous vivions sous un régime de rationnement, il était indispensable de gérer le nombre de population dans notre pays. La production agricole était très difficile puisque hommes et chevaux étaient mobilisés et que dans ce temps-là les moissonneuses et les charrues à plusieurs soks n’existaient pas encore. On reproche à la Suisse ce refus d’accueillir un plus grand nombre de réfugiés pendant cette guerre. Etaient-ils obligés dans les autres pays de les maltraiter de ces façons-là? Etait-elle vraiment en mesure, la Suisse, de recevoir des réfugiés dans des nombres aussi grands? Nourriture, habitats, chauffage n’étaient pas toujours à disposition et surtout le côté épidémiologique, les hôpitaux, les médicaments auraient posé de grands problèmes. On aurait pu aussi reprocher à la Suisse d’avoir accepté inconsciemment des personnes sans pouvoir leur assurer l’existence normale. Aurions-nous pu être des centaines de milliers, des millions à mourir à l’exemple de la grippe de 1918-19 que nos aïeux nous racontaient ou nous racontent (il n’en existe pourtant bientôt plus de ceux-là!). Une chose oubliée était la crainte d’accueillir peut-être des personnes propres à semer des troubles à l’intérieur du pays et de voir par la suite des soulèvements. Toutes ces choses sont trop ignorées par les couches de populations plus jeunes n’ayant pas vécu dans ces années-là mais profitant aujourd’hui du pays qu’ils habitent. On parle beaucoup des réfugiés; parle-t-on assez des soldats morts aux champs de la bataille dans des conditions atroces, déchiquetés ou morts de froid, de faim, de maladies? Non! Ils sont là pour cela! C’est l’armée, elle est faite pour toutes ces choses affreuses qui sont encore trop présentes dans nos esprits, trop présentes encore dans le monde actuel. A quand la guérison de tous ces maux? Le monde avait, il a et il aura besoin d’une culture différente, d’une culture qui tienne compte du respect de son prochain. Louis Esseiva, Neyruz FR
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