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Votation du 22 septembre sur la LME

Pouvons-nous privatiser nos approvisionnements de base?

hd. Le 22 septembre prochain, les citoyens suisses seront appelés à se prononcer sur la Loi fédérale sur le marché de l’électricité (LME). Cette loi a pour but de «libéraliser» ce marché, ce qui revient à dire que l’Etat se désintéresse de l’approvisionnement en électricité et laisse aux entreprises privées (p. ex. le holding Axpo) le soin de le réguler. L’approvisionnement de chacun ne sera donc plus garanti. L’ouverture du marché de l’électricité en Californie est un excellent exemple de la catastrophe qui pourrait nous menacer à l’avenir: profits pour la grande industrie (scandale Enron), pannes de courant et augmentation des prix pour les habitants, malgré les promesses du contraire.

On prend aux pauvres pour donner aux riches

De quoi est-il question dans la LME? Son acceptation permettra de privatiser le marché. Cette libéralisation sera introduite par étapes et, au cours des 5 premières années, elle n’apportera des avantages qu’aux gros consommateurs. Les simples citoyens que nous sommes ne pourront profiter des baisses de prix promises qu’au bout de 6 ans. D’ici là, les grands fournisseurs se seront réparti le marché. Mais qui va se charger de l’entretien coûteux du réseau de distribution dans les régions de montagne?

Ici également, nous allons subir l’«effet PTT». Le téléphone a été privatisé, mais pas la poste. La combinaison intelligente du rentable (téléphone) et du non rentable (poste) a été supprimée et cela pour le plus grand bien des actionnaires et aux dépens de la population. Qu’on ferme donc les bureaux de poste «non rentables» des régions de montagne! La même stratégie va être adoptée dans la «privatisation» de la production laitière (suppression des contingents laitiers). Et les familles de paysans de montagne doivent s’en accommoder; c’est du moins ce qu’affirme avec arrogance le conseiller fédéral Couchepin.

La votation sur la LME concerne donc plus que la «libéralisation» du marché de l’électricité. Il y va de la question fondamentale de savoir quel ordre économique nous voulons. Allons-nous continuer de sauvegarder le bien public et la survie des petites et moyennes entreprises ou bien favoriser les profits des grandes entreprises? Voulons-nous conserver notre participation et nos responsabilités démocratiques ou abandonner aux mains de grands groupes monopolistiques les approvisionnements de base tels ceux de l’électricité et de l’alimentation?

Un NON à la Loi sur le marché de l’électricité (LME) s’impose.   

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