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Les performances helvétiques par Henri Houlmann, La Chaux-de-Fonds Après avoir présenté une analyse des mensonges déversés lors des campagnes pour l’adhésion à l’Union européenne et à l’Organisation des Nations Unies, puis avoir démontré le rayonnement helvétique qui s’inscrit en faux contre les dénigrements répandus sur notre pays, il s’agit maintenant de comprendre pourquoi notre pays jouit d’une telle confiance que même les turpitudes de certains n’arrivent pas faire entamer. Certes, deux facteurs politiques importants jouent un rôle de premier plan: notre indépendance, fondée sur notre volonté de neutralité – notre fédéralisme et notre démocratie directe, gages de stabilité politique. Mais il y a un troisième facteur qui joue un rôle important. II s’agit des performances helvétiques. Nous nous moquons parfois de nous-mêmes en parlant du «perfectionnisme helvétique», indiquant par là nos exagérations. Mais ces dernières recouvrent toujours une réalité, et celle-ci c’est le sérieux, la précision, la méticulosité, de même que l’inventivité dont notre population fait preuve, et cela depuis longtemps. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans les publications (que je cite rapidement: les quotidiens «Neue Zürcher Zeitung», «L’Impartial» [Montagnes neuchâteloises], Die Presse [Vienne], «Le Monde» [Paris], Le 19h30 [Télévision], des revues comme «VIA» [magazine des chemins de fer]), des termes tels que: • unique au monde: la Redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP), servant de modèle à l’étranger, notamment à l’Union européenne – la banque de données des installations fixes des CFF – le système de surveillance des murs de barrage – le programme scientifique d’estimation des médecines douces; • pionniers: en matière de transports – en matière de sécurité ferroviaire – avec les nouvelles liaisons ferroviaires alpines (NLFA) – dans la lutte contre l’ESB – en proposant de déclarer la région Jungfrau-Aletsch-Bietschhorn comme héritage naturel mondial; • en tête: le futur tunnel de base du Gothard (NLFA) sera avec ses 57km de longueur le plus long du monde – les CFF sont à la pointe des applications informatiques dans le secteur ferroviaire, de nombreuses compagnies de chemin de fer européennes ayant manifesté leur intérêt pour ce produit – La firme Pilatus est, dans le monde, le fabricant prédominant d’avions à turbo-propulseurs – Les mesures prises pour la surveillance des transactions financières sont les plus avancées – dans l’agriculture 9% des surfaces sont traitées biologiquement, en Autriche 8,6, Italie 7,0 – la plus forte densité de bureaux postaux au monde (un pour 850 habitants contre 3500 en France ou 10000 en Espagne) – la Suisse représente le savoir-faire par excellence en matière de mesure du temps; les techniciens de l’Arc horloger sont toujours à la pointe du progrès; • dans le peloton de tête: avec les CFF qui ont le réseau le plus dense, la meilleure productivité, la densité de l’horaire, la ponctualité – selon une enquête du Touring club autrichien (ÖAMTC) c’est un tunnel suisse (Gubrist) qui se révèle le plus sûr – notre pays est la cinquième puissance financière mondiale, le franc jouant régulièrement le rôle de valeur refuge – il est deuxième en ce qui concerne le PIB (produit intérieur brut) par tête d’habitant – sixième place, sur 59, en ce qui concerne les capacités concurrentielles, tous les pays de l’Union européenne viennent derrière – avec 41 trajets et 1850 km, en moyenne, par habitant, la Suisse est en tête en Europe, et seconde dans le monde (Japon: 70 trajets avec 1905 km) – le peuple suisse est le seul à avoir été consulté sur la politique des transports, et qu’il a choisi le rail. • modèle: la politique des transports sert de modèle à l’Union européenne, laquelle n’avance que très lentement (seuls six pays ont appliqué la directive sur la vignette Euro). Selon Stephanos Anastasiadis, membre de la direction de l’Association faîtière européenne Transport et environnement, la Suisse devrait renoncer à son système de RPLP en cas d’adhésion précipitée: – Par km, un camion de 40 tonnes paye avec la RPLP environ 80 cts au kilomètre; en Autriche il est prévu de demander 15 cts par km d’autoroute, en Allemagne on parle de 25 cts. – La façon de traiter le problème de la drogue interpelle plusieurs pays, notamment l’Allemagne – La politique de l’environnement est l’une des plus dynamiques au monde – le problème du chômage (le pays qui compte le moins de chômeurs dans le monde) et son traitement. • exemple: Les ministres des transports de l’UE s’alignent sur la Suisse en matière de traversée des tunnels alpins – dans les services publics: chemin de fer-poste-télécommunications-électricité, secteur économique des eaux, instruction. Cette liste pourrait être allongée, car il y aurait encore beaucoup à dire. Certes, cette performance helvétique a aussi son revers. Nos réussites conduisent, on peut dire immanquablement, à une mégalomanie, et donc à une arrogance; ce qui, par exemple, nous a coûté Swissair. On veut toujours voir plus grand, aveuglé par le succès, oubliant que nous ne sommes, en fait, qu’un tout petit pays. Cela se révèle particulièrement dans le domaine financier, où le franc suisse, monnaie forte, est pris en étau entre le dollar américain et l’euro, deux monnaies labiles, ne bénéficiant pas de la même solidité politique. Ce qui nous amène à une politique d’expansion. Ainsi, entre 1991 et 2000, les investissements directs à l’étranger, dans le développement d’entreprises, ont augmenté de 190%. Certes, cette tendance à s’étendre est compensée par l’implantation de sièges étrangers dans le pays, qui ont progressé de 59%. En effet, les dirigeants des entreprises étrangères apprécient la stabilité du système légal; le fait que la fiscalité ne change pas constamment et demeure prévisible; l’éthique au travail, la fiabilité et le sens de la bien-facture du personnel. Notre pays ne se contente pas d’être très performant dans les réalisations, mais sa population fait preuve d’une grande inventivité: La Suisse est donc loin en tête; le deuxième pays, soit les Pays-Bas, en atteignant à peine les deux tiers. De plus, en chiffres absolus, elle dépose plus de brevets que l’Italie. Faut-il s’en étonner lorsqu’on sait que notre pays, par têtes d’habitants a obtenu jusqu’à présent et après la Suède, le plus grand nombre de prix Nobel; que la part de la population ayant une formation correspondant au degré secondaire supérieur est de:
Ce qui correspond d’ailleurs aux dépenses allouées pour la formation (en % du PIB)
On ne s’étonnera donc pas non plus que nous sommes en tête dans sept disciplines de recherche: la biologie moléculaire, l’immunologie, 1a pharmacologie, la chimie, la physique, la botanique et la zoologie, les sciences de l’environnement. Nos savants tiennent la deuxième place dans les secteurs de la biologie – biochimie et des neurosciences, et la troisième en microbiologie. Dans le secteur de la microfluidité, la firme Seyonic à Neuchâtel possède une avance unique au monde. Les dépenses pour la recherche ont été en 1998 (*1997) en % du PIB de
La Suisse est placée au-dessus des moyennes de l’OCDE et surtout de l’UE, dont 13 membres sur 15 sont nettement en retrait. Arrivant au terme de nos démonstrations sur le mensonge, le rayonnement et les performances helvétiques, il s’agit d’en tirer quelque conclusion. Il ne suffit pas de s’élever contre le dénigrement, c’est une attitude négative du fait qu’on est sur la défensive. Il n’y a rien de plus difficile que de contrer le mensonge et la calomnie. Car ces derniers n’ont pas d’arguments, et n’en ont pas besoin; il suffit d’affirmer avec force, surtout quand, en plus, on bénéficie d’une certaine position sociale (mouvements, organisations, partis, publications, professions). De plus, les affirmations non prouvées passent d’autant mieux qu’en face on a affaire à l’ignorance; cette dernière en est le terreau, l’agression des 14 l’Union européenne contre l’Autriche en a été un exemple frappant. En revanche, lorsque la population sait, lorsqu’elle est informée, lorsqu’elle a en elle une connaissance, même diffuse, une tradition, elle sait réagir en conformité avec la réalité; ce fut particulièrement clair lors de la votation sur l’initiative «Oui à l’Europe». Information et éducation sont donc indispensables, mais pour cela il faut en trouver les moyens et ce n’est pas en atomisant la société, sous prétexte de liberté individuelle, qu’on aura quelque chance de succès. Pour être efficace il faut être discipliné; le reste n’est que littérature. • Nombre de brevets déposés (par million d’habitants)
Dépenses par élève aux degrés
Tous les montants dollars; données comparatives de l’OCDE «Education at a Glance» (2001) |