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Bienfaits de la mondialisation? Ovomaltine passée
aux mains des Britanniques, Quotidiennement, les médias nous annoncent ce genre de désastres économiques. Swiss Dairy Food (SDF) n’a pas de plan social et cherche toujours un racheteur. A l’ouverture de l’OLMA, les employés de SDF lancent un avertissement: «Nous sommes prêts à tout, ne poussez pas le bouchon trop loin.» Les représentants des agriculteurs protestent également: selon eux, la Suisse n’a pas besoin d’une agriculture industrielle qui détruit les exploitations familiales. Une fille de paysan brandit une banderole: «Ne vais-je pas pouvoir être paysanne?» Tout cela me laisse songeuse. Devant le rayon des mueslis de mon magasin d’alimentation, je me demande si je dois encore acheter l’Ovo-Müesli que j’apprécie tant? Ne vais-je pas gâcher ma journée? En effet la seule vue de la marque Ovomaltine évoque pour moi l’évolution catastrophique de l’économie, de la sécurité sociale et de la politique en Suisse comme dans le reste de l’Europe. Au village, j’apprends qu’un de nos paysans a de nouveau dû mettre la clé sous la porte. La dernière baisse du prix du lait a donné le coup de grâce à son exploitation familiale. En tant que citoyenne suisse, le sort de nos agriculteurs et des employés licenciés de SDF ne m’affecte peut-être pas immédiatement et directement. Mais ne nous leurrons pas: nous sommes tous concernés. Avec la disparition de la paysannerie, nous perdons petit à petit l’indépendance de nos approvisionnements alimentaires. Avec chaque famille dont le chef se retrouve au chômage, notre responsabilité et, naturellement, nos impôts augmentent. Ce sont toujours les petites gens et les classes moyennes qui paient la note. Est-ce que ce sont là les bienfaits de la mondialisation? On s’en passerait bien. L’histoire récente nous montre que la liberté du commerce mondial n’apporte pas la prospérité pour tous mais l’insécurité, la pauvreté et, finalement, la guerre. L’alliance des riches ne se préoccupe pas des conséquences dévastatrices d’un capitalisme débridé et brutal qui laisse la population sur le carreau. Il ne nous reste plus qu’à prendre notre sort en main. La mondialisation n’est pas une évolution naturelle et inéluctable. C’est pourquoi nous devrions nous solidariser avec les paysans et les chômeurs protestataires – et cela avant que notre économie soit ruinée et que nous ayons perdu notre liberté. Rappelons leurs devoirs à nos conseillers fédéraux. Ils ont prêté le serment, en tant qu’exécutif, de travailler au bien-être du peuple.
Elisabeth Nussbaumer, Zezikon TG |