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L’humanité à la croisée des chemins Le Xe congrès «Mut zur Ethik» (30 août – 1er septembre 2002) était placé sous le signe du danger de guerre au Proche-Orient. Des spécialistes de 18 pays européens et extra-européens ainsi qu’un public international ont présenté leurs positions et analyses de manière ouverte et parfois contradictoire. Mais la recherche du dialogue et de solutions constructives a été constamment au premier plan. Sur quoi nous fonder pour affronter la politique de force et de guerre? Quelles alternatives existe-t-il face à la mondialisation et aux aspirations à l’hégémonie culturelle, économique et militaire? Sur quels fondements bâtir de manière à créer une confiance véritable, à soutenir les forces positives, à construire et à préserver le bien commun? Et avant tout: quel rôle jouons-nous, nous les citoyens? Un court résumé ne peut rendre compte ni de la diversité et de la richesse des contributions, ni des craintes de tous les participants à propos de la paix dans le monde et de l’avenir de l’humanité, ni de la multiplicité des rencontres et de l’intensité des échanges. Les analyses et les prises de position comprenaient des réflexions fondamentales sur le bien commun et la dignité de l’homme, c’est-à-dire sur la démocratie directe et libérale, la sauvegarde de la paix, la justice sociale et le droit des peuples à l’autodétermination; des contributions sur les fondements de la culture, c’est-à-dire la famille, l’école, le système de santé et l’approvisionnement de base ainsi qu’une analyse géopolitique des régions en crise. Tout cela a débouché sur une table ronde intitulé L’Histoire est faite par les hommes: opter pour l’humanité. Aussi avons-nous décidé de publier au fur et à mesure un certain nombre des contributions du congrès. Nous commençons dans ce numéro par les exposés de Ferdinand Lips (page 1), de Karol Pastor (page 14) et d’Alain Bournazel (page 15). Quelques réflexions essentielles ont servi de fil conducteur aux exposés et aux discussions: • L’humanité est un bien acquis au prix d’âpres luttes au cours des siècles et des générations. Elle est un devoir permanent pour les hommes. Elle s’exprime avant tout dans l’Etat de droit libéral fondé sur le droit naturel, la démocratie directe et le principe de la subsidiarité. • La famille et l’école ont une importance prééminente dans le développement de la conscience chez les enfants et les adolescents qui les pousse à opter pour l’humanité. • L’humanité se voit aujourd’hui mise fondamentalement en question par les élites de la politique et de l’économie. La coopération pacifique, libre et équitable est remplacée par la domination d’un petit nombre de puissants. • Ces élites de pouvoir ont recours à toutes les formes de tromperie et d’hypocrisie. Elles prétendent rendre les hommes heureux grâce à la mondialisation et mener des guerres pour «la paix et les droits de l’homme». Mais, en vérité, il y va d’intérêts matériels, particulièrement les ressources en matières premières d’Afrique et d’Asie, d’argent servant à mener d’autres guerres ou d’aspirations au pouvoir. Un regard objectif sur les hommes qui souffrent dans les régions «dominées» du monde donne la mesure de l’hypocrisie et de l’injustice subie. • Parallèlement, les élites de pouvoir restreignent dans leurs pays les libertés fondamentales et démocratiques des citoyens. • Mais si les citoyens des différents pays prennent conscience de la situation et de ses causes, s’ils cherchent ensemble, sérieusement et avec détermination une perspective humaine, ils peuvent réaliser un changement. A la fin du congrès, des participants allemands ont présenté un appel contre la guerre. On y trouve la citation suivante, sorte de leitmotiv qui peut s’appliquer à beaucoup d’autres domaines de la vie: «Chaque citoyen, chaque citoyenne peut dans son milieu et avec les moyens à sa disposition contribuer à stopper les préparatifs de cette guerre et empêcher sa réalisation. Les hommes ne font pas uniquement la guerre; ils font aussi la paix. A nous d’agir maintenant.» • |