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L’ONU – quartier général
des promoteurs de la révolution mondiale

par Lilly Merz et Diethelm Raff

hd. Avant la votation du 3 mars, le gouvernement suisse a mis en branle tout un appareil de propagande afin de tromper la population sur les conséquences désastreuses de l’adhésion à l’ONU. Cet endoctrinement a coûté 12 millions aux contribuables et a permis à toute une armée de fonctionnaires de la Confédération d’organiser de nombreuses interventions de conseillers fédéraux. En outre, les offices fédéraux ont arrosé écoles et ménages de brochures sur papier glacé, de CD-ROM et d’autres documents. Cette manipulation sans limites a empêché un vrai débat objectif. Maintenant, les citoyens suisses ont l’occasion d’examiner de plus près l’appareil onusien. Depuis le début des années 90, l’ONU enchaîne les Sommets mondiaux dans le but de renforcer sa mainmise centraliste, c’est-à-dire d’affaiblir encore plus les Etats-nations souverains. De manière totalitaire, elle prépare des stratégies d’application que l’Internationale socialiste propage dans le cadre des Nations unies. La question de savoir si les citoyens suisses veulent adhérer à cette Internationale n’a pas été posée le 3 mars. A considérer ce qui s’est passé lors du Sommet sur le développement durable qui s’est tenu à Johannesburg du 26 août au 4 septembre (cf. les articles de nos correspondants qui y ont participé), il n’y a plus qu’une solution pour la Suisse: tout faire pour qu’ait lieu une nouvelle consultation sur l’adhésion à l’ONU.

Absence de libre débat au Sommet mondial

Comment les stratèges de l’ONU imposent leur volonté

dr./lm. Au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg, les stratèges de l’ONU agissent de plus en plus en maîtres du monde. Un exemple caractéristique en est le déroulement des assemblées plénières.

On s’attend à ce que les représentants des Etats souverains s’expriment sur les problèmes urgents du monde dans le respect mutuel, la dignité et un esprit d’égalité – conformément aux missions que leur ont confiées leurs parlements. Or ce n’est pas du tout le cas.

La psychologie au secours de la répression des opinions

Deux fois par jour, l’assemblée plénière se réunit pour une durée de 3 heures. Les délégués des différents pays doivent tout d’abord écouter pendant 90 minutes ce que les stratèges de l’ONU veulent leur inculquer. On commence par deux brefs exposés sur le thème du jour. Ensuite, l’«animateur» Jan Pronk, un des principaux stratèges de l’ONU, essaie de faire entrer dans le crâne des participants les intentions des stratèges des Nations unies. À cette fin, il utilise les représentants des groupes de pression, les «groupes principaux», dont aucun n’a été élu. Il s’agit des femmes, de la jeunesse, de l’économie, de la science, des gouvernements locaux, des peuples indigènes, des représentants de l’ONU, des représentants des paysans et des syndicats. Grâce à des techniques psychologiques, Pronk «prend possession» de l’auditoire de manière autoritaire. Il se comporte en maître, marche nerveusement de long en large devant l’estrade, lance curieusement ses questions impliquant généralement une réponse par oui ou par non aux groupes d’intérêts, interrompt tous ceux qui ne répondent pas comme il l’entend, ne permet pas qu’on aborde des aspects qu’il n’a pas prévus («C’est moi qui pose les questions ici!» «Halte! Ne vous répétez pas.») et donne la parole à quelqu’un d’autre, ridiculise les groupes qui ne lui plaisent pas. En revanche, il met en avant les représentants de la jeunesse, des femmes et des peuples indigènes, reprend leurs déclarations et les renvoie d’un ton sévère sous forme de questions aux autres groupes.

Dès qu’une réponse qui lui convient a été donnée, il passe à un autre sujet, décide de qui s’exprimera sur tel ou tel sujet, si bien qu’on n’arrive pas à prendre la parole. On comprend que seules certaines réponses lui agréent. Au bout de 90 minutes, il déclare d’un ton sec que les gouvernements savent maintenant ce que souhaite la population – en réalité, il s’agit de ce que veulent les stratèges – et pose ensuite deux questions auxquelles les gouvernements doivent répondre en précisant que les réponses doivent être précises et brèves, au maximum 2 minutes et qu’il ne s’agit pas de lire les prises de position des pays.

La présidente, Mme Zuma, réitère cette demande après chaque intervention. Ensuite on donne la parole aux délégués des Etats, qui savent ce qui est politiquement correct.

La plupart des participants ne comprennent pas à quel type de conduite de discussion on a affaire ici. Beaucoup d’entre eux admirent ce qu’ils appellent une direction ferme et ne se rendent guère compte que Pronk ne donne la parole qu’à ceux qui ont exactement les mêmes opinions que lui.

Bref, on n’a pas affaire ici à un débat ouvert et démocratique mais à une discussion menée de manière autoritaire. Pronk, qui n’a aucune légitimité, se comporte en dictateur et cela à un Sommet mondial de l’ONU qui doit aborder des questions décisives concernant l’humanité tout entière.

C’est là que se rencontrent des représentants d’Etats souverains, des diplomates, et ils ne peuvent même pas exprimer leurs idées et exposer les problèmes les plus urgents de leur pays. On fait systématiquement obstacle à la libre expression.

Pour finir, Pronk déclare que les gouvernements doivent maintenant introduire les demandes dans les négociations sur le thème en question qui ont lieu parallèlement. Cette forte pression psychologique personnelle s’exerce sur des représentants du pouvoir exécutif. On les contraint ainsi à accepter des demandes qui limitent considérablement la souveraineté des Etats. Ils agissent ainsi comme une assemblée législative qui imposent les mesures décidées sans que les parlements nationaux élus aient leur mot à dire.                                        

Proclamation de la révolution mondiale

dr./lm. La Conférence de Johannesburg est, pour les stratèges de l’ONU, le point de départ d’une révolution mondiale. Ils estiment que le moment est venu où, avec les organes de l’ONU, les ONG et les multinationales, les pouvoirs exécutifs doivent imposer le nouvel ordre mondial.

Celui-ci est manifestement installé. Sur les questions importantes, on est tombé d’accord pour dominer les citoyens de ce monde. En conséquence, le stratège de l’ONU Jan Pronk interrompt tous ceux, même les féministes, qui se plaignent de ne pas obtenir grand-chose. Toutes les séances aboutissent à la conclusion qu’il est temps d’agir, de transformer le monde, une autre manière de parler de révolution.

Les ONG font partie
de l’appareil de pouvoir mondial

L’ONU a divisé les ONG en différentes catégories. Certaines, organisées au plan mondial, représenteront des groupes d’intérêts dans la dictature de «conseils» envisagée. Elles ont accès aux discussions. Toutes les autres, qui ont peut-être une attitude critique à l’égard de la dictature onusienne en train de s’installer, ne peuvent pas participer au «processus de décision international».

Ces nouveaux «conseils», comme Greenpeace, qui est dirigé par un comité central dictatorial, savent ce que cela signifie de ne pas marcher dans les pas du pouvoir. A Johannesburg, ces ONG ont mis sur pied, sous le nom de «World Conservation Union», leur propre centre dans un bâtiment destiné aux 5000 employés de la Nedcor Bank. Ils y invitent quotidiennement des centaines de personnes à un banquet qui coûte l’équivalent de millions de nos francs. Le principal responsable de l’approvisionnement s’est étonné de voir les écologistes engloutir de telles quantités de nourriture et d’alcool. Est-ce donc à cela que l’on consacre l’argent récolté par Greenpeace ou le WWF pour sauver les animaux, la nature et organiser des actions politiques? Les apparatchiks des ONG entretiennent des relations amicales permanentes avec les représentants des grands groupes industriels et des gouvernements qu’ils attaquent dans leurs brochures à propos de divergences de détail quant au développement de l’appareil de pouvoir mondial. Ils entretiennent le mythe selon lequel la mondialisation serait une loi de l’histoire et dissimulent le fait que seul un petit nombre d’individus veulent imposer à l’humanité tout entière un corset uniforme qu’ils appellent «globalisation».

Le lieu de réunion officiel des ONG, Nasrac, sert avant tout à recruter la relève pour le nouvel appareil de pouvoir et à rassurer différents groupements qui s’engagent réellement. Les grandes ONG ont fait en sorte qu’une partie de leur relève ait également accès aux bâtiments où ont lieu les négociations afin qu’elle puisse influencer les représentants gouvernementaux rétifs et être informée sur les différentes manières d’exercer des pressions.      

Comment on écarte les critiques lors des conférences de presse de l’ONU

dr./lm. Les conférences de presse se déroulent uniquement en anglais et, à quelques exceptions près, sans traduction. Pendant les quelque 10 minutes consacrées aux questions, ce sont presque exclusivement les médias anglais et américains qui interviennent. Les journalistes des autres pays osent rarement poser des questions en anglais sur des sujets complexes. Ceux des pays en développement – également ceux de langue anglaise – de même que ceux des pays asiatiques, ne sont manifestement pas habitués à l’attitude brusque et parfois agressive des autorités de l’ONU et restent silencieux. Il est inacceptable de museler ainsi la presse. Cette attitude correspond tout à fait aux conceptions de Zbigniew Brzezinski qui considère la prédominance culturelle des Etats-Unis, avec leur langue, comme l’un des quatre piliers de la stratégie américaine de domination du monde.

(photo UN Department of Public Information)