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Louis Braille

Il y a 150 ans mourait l’inventeur
de l’écriture en relief

par Moritz Nestor

Un grand psychologue a dit que ce sont les réalisations humanitaires et les actions en faveur de la paix qui rendent l’homme immortel. Le souvenir du Français Louis Braille (1809–1852) restera immortel dans le cœur de l’humanité car avec son invention – l’écriture fondée sur la combinaison de six points – il a libéré les aveugles et les mal-voyants du monde entier de l’analphabétisme et leur a permis de se former dans des domaines qui, jusque-là, étaient réservés aux voyants.

Mais le mérite en revient également à ses parents car il a développé l’idée de l’écriture pour aveugles dès son enfance. Il perdit lui-même la vue à trois ans à la suite d’un grave accident avec un couteau. Mais au lieu de se résigner, ses parents l’encouragèrent si bien qu’il put aller à l’école avec les enfants non handicapés. A l’âge de onze ans, il fit la connaissance de Nicolas-Marie-Charles Barbier à Paris. Celui-ci avait inventé une écriture à douze points pour que les soldats puissent lire dans l’obscurité les ordres reçus. Il se rendit très vite compte que l’écriture chiffrée à douze points était trop compliquée pour les soldats et il commença à en créer une dont les points prenaient moins de place et étaient plus facile à lire. A seize ans, il rendit public un premier système utilisable. Il était composé de deux rangs de trois points juxtaposés permettant 63 combinaisons pour les lettres et d’autres signes.

En 1852, après la mort de Braille à l’âge de 43 ans, son écriture s’imposait dans le monde entier et était une bénédiction pour des millions de personnes. Après 1879 les écoles allemandes pour aveugles adoptèrent l’écriture braille. En France, elle fut introduite officiellement en 1854.

L’écriture braille n’est pas seulement une invention technique mais une oeuvre humanitaire, un exemple émouvant, surtout pour notre époque vouée à l’hystérie belliqueuse, de ce que l’homme peut réaliser avec son intelligence. Un homme capable de se mettre à la place de son prochain et de chercher des solutions pour améliorer sa situation fait une invention qui rend des millions d’êtres humains plus libres. S’il existe quelque chose qu’on appelle culture, c’est bien cette prise en charge des êtres les plus faibles.