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Sommet de l’OTAN à Prague Combien de temps encore? Démantèlement de la démocratie, du droit international et des droits de l’homme ro. Les 22 et 23 novembre, les chefs d’Etat et de gouvernement des 19 Etats membres se sont rencontrés dans le cadre du sommet de l’OTAN à Prague. Le thème le plus important était l’élargissement de l’Alliance et son adaptation aux problèmes de sécurité de l’après-11-septembre 2001. Probablement que dès 2004 la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Slovaquie, la Slovénie, la Roumanie et la Bulgarie seront entrées dans l’OTAN. La «NZZ» écrivait le 20 novembre: «Cette étape historique a été si bien préparée qu’on ne peut plus s’attendre à des débats de fond sur ce sujet à Prague.» Ce qui a d’ailleurs été le cas. Mais qui a préparé cette «étape historique»? Quels sont les pouvoirs qui agissent en coulisse? Aucun large débat sur les conséquences de l’adhésion à l’OTAN, aucune consultation populaire n’ont eu lieu dans les nouveaux pays adhérents. Ni l’OTAN ni les Etats-Unis ne jouent cartes sur table. Les élites au pouvoir en Europe et surtout aux USA décident de la ligne politique mondiale sans se préoccuper de l’avis des élus et des peuples. Et c’est ainsi qu’est dirigé l’instrument appelé OTAN. Pour mémoire: depuis 1999 déjà, l’OTAN n’est plus une alliance défensive mais offensive. La Yougoslavie sait très bien ce que ce changement signifie: guerre, destruction et asservissement. Est-ce qu’un seul problème a été résolu par cette agression de l’OTAN? Au contraire, elle a créé beaucoup de nouveaux problèmes à la population civile, et cela uniquement pour imposer les intérêts de l’unique puissance mondiale. Mais aux yeux des USA, la position de l’OTAN a changé depuis. Dans la guerre en Afghanistan, les États-Unis ont rapidement fait valoir l’article 5 de la Charte mais ils ont aussi exigé arbitrairement l’engagement de forces militaires de certains pays. Et s’ils menacent aujourd’hui de conduire une coalition contre l’Irak, ils ne pensent pas avant tout à l’OTAN mais à une alliance ad hoc qui sera plus facile à manœuvrer. Entre-temps, ils ont demandé par voie diplomatique secrète à 50 (!) Etats de mettre des troupes ou du matériel militaire à leur disposition en cas de guerre contre l’Irak. Demande: Force d’intervention La prétendue réponse de l’OTAN aux attentats du 11 septembre est une force de réaction rapide de 20000 hommes: la FRO (Force de réaction de l’OTAN). Le gouvernement américain a exercé de telles pressions sur l’Alliance atlantique que celle-ci a docilement décidé, au sommet de Prague, de mettre cette troupe à disposition. Une fois de plus, les USA utilisent le 11 septembre pour justifier leurs nouveaux projets belliqueux. La FRO doit permettre à l’Alliance de recourir à des unités d’élite qui seront constituées d’effectifs des pays membres de l’OTAN dans la configuration spécifique nécessitée par chaque guerre offensive à mener. L’OTAN jouera le rôle de «caisse à outils» pour la guerre globale. Durant les trois dernières années, les USA ont mis sur pied une force militaire d’une telle puissance que l’OTAN élargie n’aura plus qu’à fournir des «modules» pour la guerre globale. Condoleezza Rice, conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, a expliqué, dans le cadre du sommet, que les USA n’attendaient pas des nouveaux membres qu’ils offrent une contribution à l’OTAN dans tous les domaines, mais uniquement dans certains «créneaux». Les USA ne sont donc plus intéressés que par une OTAN dont les membres apportent des contributions militaires individuelles. La FRO sera un «outil» souple destiné à défendre les intérêts américains, également en dehors du territoire de l’Alliance. Si l’on associe ce qui précède à la nouvelle doctrine stratégique des États-Unis, qui permet des opérations préventives sur toute la surface du globe, on devine ce qui attend le monde si l’on ne s’oppose pas à cette évolution à tous les niveaux. Pourquoi est-ce que presque personne n’ose mettre au jour les activités des pouvoirs américain et européen et leur demander des comptes? C’est absolument nécessaire si l’on veut éviter que le monde ne soit entraîné dans un tourbillon de violence. • |