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Questions à George Bush

Discours de Dustin Hoffmann lors du «Cinema for Peace» à Berlin

«Je voudrais commencer par dire que je ne suis pas antiaméricain mais que je m’oppose
à la politique du gouvernement ac-tuel. Je crois que depuis le 11 septembre, il y a malheureusement eu manipulation par les médias, qui appartiennent dans mon pays aux grandes entreprises, et par le gouvernement. Celui-ci instrumentalise les souffrances du 11 septembre au profit de ses objectifs politiques.

Je me trouve dans une situation délicate parce que je suis acteur et que je sais moins de choses que je voudrais. Je viens des années 60, la dernière guerre que j’ai vécue consciemment était la guerre du Viêtnam et ce que je vais dire maintenant est, je l’espère, non seulement une opinion, mais fait.

La guerre du Viêtnam a commencé par un mensonge: Le déclencheur a été la prétendue attaque par les Vietnamiens du Nord d’un de nos navires de guerre stationné dans la baie du Tonkin. Mais cette attaque n’a jamais eu lieu, c’était un mensonge, un produit de la propagande pour commencer cette guerre terrible. Il est possible que l’histoire se répète. Aussi aimerais-je de nouveau poser des questions à mon gouvernement et cela en tant qu’Américain qui n’est pas antiaméricain. Je pose ces questions auxquelles – si je ne me trompe – on n’a pas encore répondu bien qu’elles aient été posées à maintes reprises. S’il n’y a pas de menace directe, pourquoi donc envahirions-nous ce pays? La Corée du Nord, dont le président annonce qu’il va nous réduire en cendres si nous attaquons ses installations nucléaires, représente une menace directe. Malgré cela, mon gouvernement préfère négocier avec eux. Cette menace est bien plus importante que celle venant de l’Irak dont nous disons qu’il possédera des armes nucléaires dans deux ou trois ans seulement.

Je demande à mon gouvernement d’informer mon pays sur notre politique étrangère dont nous savons probablement trop peu de choses.

Je demande à mon gouvernement, concernant Saddam qu’il appelle le Grand Méchant, ce qu’il est sans doute:

Pourquoi avons-nous donné cinq millions de dollars à cet homme au moment où il nous était bien utile dans le conflit avec l’Iran, et la même année, quand il a donné l’ordre de tuer 100000 Kurdes avec des gaz toxiques? Et pourquoi avons-nous porté cette somme à un milliard de dollars l’année suivante? Au vu de ces faits, je veux savoir pourquoi Saddam n’était pas le Grand Méchant aux yeux de mon gouvernement à l’époque?

Je pose au gouvernement de mon pays la question suivante:

Si nous attaquons et, comme je l’ai lu, que nous larguons 30000 livres de bombes en 43 minutes qui toucheront la population civile, combien de temps resterons-nous là-bas? Il n’y a pas de réponse à cette question. Y resterons-nous des années, à un moment où notre économie ne va pas particulièrement bien? Dépenserons-nous de l’argent pour restructurer le pays? Allons-nous mettre en place un dirigeant? Nous n’avons pas bonne réputation en ce qui concerne certains dirigeants que nous avons installés. Cela vaut pour Pinochet au Chili, qui a tué des milliers et des milliers de personnes en une décennie. Vous connaissez les autres. Aujourd’hui, j’ai visité le musée juif.»

Source: Der Tagesspiegel Berlin du 12/2/2003