|
Laisser du temps aux inspecteurs – empêcher la guerreAudition de 60 Etats au Conseil de sécuriténr. Il y a deux semaines, des représentants de 60 Etats, pour la plupart des petits pays qui ne font pas partie du Conseil de sécurité, ont exposé leur position devant cette instance. La plupart ont insisté sur le fait que le gouvernement irakien devait se plier totalement à la résolution 1441 du Conseil de sécurité. Mais les inspecteurs doivent disposer du temps nécessaire à leur mission et il faut tout faire pour éviter la guerre. Un petit nombre seulement de représentants, dont ceux de la Corée du Sud, de la Macédoine, de l’Albanie, de la Serbie, de la Géorgie et de l’Ouzbékistan, autant de pays qui dépendent fortement des Etats-Unis, ont appuyé la politique du gouvernement américain. Tous les pays arabes qui se sont exprimés – Egypte, Qatar, Arabie saoudite, Libye, Liban et Emirats arabes unis – ont sérieusement mis en garde contre les conséquences d’une guerre. La population irakienne avant tout en souffrirait terriblement, mais également les pays voisins, et la région tout entière plongerait dans une instabilité aux suites imprévisibles. Plusieurs Etats arabes ont exigé que le Conseil de sécurité ne se borne pas à demander à l’Irak de se conformer aux résolutions. Tous les Etats du Proche-Orient doivent désarmer, y compris Israël. Or ce pays refuse obstinément de soumettre ses armes de destruction massive à un contrôle international. Tant que le Conseil de sécurité ne se montrera pas conséquent, les Etats arabes ne pourront pas lui faire vraiment confiance. Quelques Etats asiatiques ont fait valoir qu’une guerre, outre ses conséquences humanitaires désastreuses, réduirait à néant tous les efforts que les pays d’Asie viennent d’accomplir pour surmonter les crises économiques et financières des années 90. La prise de position du représentant des îles Fidji a été impressionnante: «Les effets d’une guerre se feront sentir dans le monde entier. Aussi la communauté internationale doit-elle recourir davantage à une diplomatie préventive et à une solution pacifique du conflit. […] L’histoire nous a appris qu’un désarmement par la force est toujours contre-productif et que la force et la guerre provoquent une spirale vicieuse. Aujourd’hui, il existe des alternatives pacifiques.» Selon le représentant de la Suisse Pierre Held, le moment n’est pas venu d’utiliser la force. Il s’est dit très inquiet de la situation dans la région et des conséquences d’une guerre pour la population civile. Il a rappelé la conférence organisée par la Suisse les 15 et 16 février sur l’aide humanitaire à apporter en cas de guerre. • |