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La paix, c’est plus que l’absence de guerreLe Secrétaire général Bonabès de Rougé n’avait jamais renoncé à son engagement en faveur de la paix partout où elle était possible dans un monde en guerre. Lorsque le suicide d’Hitler à Berlin le 30 avril 1945 entraîna la capitulation des troupes allemandes, de Rougé dit à ses collaborateurs que l’humanité avait une chance de «renouveau», mais son optimisme diminua fortement lorsque les bombes atomiques détruisirent les 6 et 9 août 1945 Hiroshima et Nagasaki, ce qui mit fin à la guerre en Extrême-Orient, au prix d’effroyables souffrances humaines. Le Secrétaire général ne pouvait rien faire d’autre que d’approuver une prise de position du CICR selon laquelle l’exploitation de l’énergie atomique ayant trouvé sa première application dans la création d’une arme d’une puissance destructrice colossale, la guerre et ses techniques étaient sur la voie de l’anéantissement maximum. Une idée analogue fut exprimée à la fin des hostilités en Europe dans l’éditorial du premier numéro du Bulletin. Pour la première fois, la formule terrifiante d’une guerre totale, impitoyable, a été appliquée. Femmes, enfants, personnes âgées sont arrachés à leurs maisons, réduits en esclavage, exposés à de terribles souffrances, voire exécutés. Le seul moyen d’éviter à l’avenir de telles horreurs serait que les hommes et les femmes de la Croix-Rouge comprennent que la paix, «c’est plus que l’absence de guerre». Beyond Conflict, p. 138 |