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Partenariat pour la paix ou pour la guerre?par Anne E. Fournier[*] Pour comprendre la réforme «révolutionnaire» Armée XXI, évitons de focaliser notre attention sur le Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). En effet, en 1996, le Conseiller fédéral Flavio Cotti, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a signé le contrat cadre du Partenariat pour la Paix (PPP) qui est une des facettes du Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). En 1999, le CCNA devient le Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA). De facto, la Suisse se retrouve avec 19 autres pays dans le Conseil de partenariat euro-atlantique. Tout cela sans débat ni consultation populaire. En 1999, l’OTAN se dote d’une nouvelle doctrine. Alliance défensive au départ (1949), elle devient le 23 avril 1999, lors du sommet du Jubilé de Washington, une alliance offensive. De ce fait, l’OTAN s’octroie le droit d’intervenir hors de l’espace de sécurité euro-atlantique et se place «au-dessus» du Conseil de sécurité de l’ONU (songez à la guerre du Kosovo). Probablement, nous la verrons à l’œuvre en Irak. La plupart des citoyens n’ont pas connaissance de l’appartenance du PPP à l’OTAN. Par contre, la plupart connaissent le rôle joué par l’OTAN dans les guerres interventionnistes menées par les Etats-Unis. De ce fait, dès l’instant où l’OTAN s’est dotée d’une doctrine offensive, la Suisse aurait dû se retirer du Partenariat pour la Paix. Car la collaboration ou la coopération avec une alliance offensive est incompatible avec sa neutralité. PAIX, mot villipendé à l’extrême, alibi des consciences, voile opaque recouvrant les monstruosités des guerres interventionnistes du XXIe siècle. De plus, en 1998, le Conseil fédéral adhère au PARP (Processus de planification et d’examen de la défense). Le PARP est un dangereux programme au sein du Partenariat pour la Paix. En effet, l’un de ses objectifs est de permettre aux armées des Etats partenaires de participer à des opérations militaires communes avec l’OTAN. Ainsi, Armée XXI est la conséquence d’une dérive politique. Le DDPS avait-il connaissance de l’ensemble des accords signés par le DFAE? Est-ce simplement une obéissance aveugle et un manque de réflexion sur les enjeux politiques d’une telle réforme? Et qu’en sait le Parlement?
Votez NON le 18 mai prochain – la Suisse ne doit pas cautionner les guerres interventionnistes et, ceci de quelque manière que ce soit. • [*] présidente de «Femmes, Sécurité et Défense»
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