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«Toute vente d’or est contraire à nos intérêts vitaux»Votre article signé par Monsieur Ferdinand Lips dans votre édition no 16/17 de décembre 2002 a retenu toute mon attention et ce d’autant plus que l’analyse développée au sujet de l’or est à ma connaissance, sans équivalant dans nos médias. Dans les grandes lignes, les faits confirment les thèses de Monsieur Lips. En effet, à mi-décembre 2002, soit probablement après la rédaction de l’article mentionné, le prix de l’once d’or, quoté en USD, a franchi le cap des USD 325/330 et a très probablement, de ce fait, inversé une tendance baissière amorcée en 1980 lorsque, durant une précédente vague haussière, le prix avait culminé à USD 850/oz. Le prix de l’or a donc probablement, après une réaction de quelques 20 années, repris une hausse commencée, voici plusieurs décennies, aux alentours de USD 35/oz. Différentes analyses permettent de penser que cette hausse présente, amorcée début 2001 pourrait se poursuivre et s’accélérer pour tester, voire dépasser significativement, l’ancien sommet de USD 850/oz. Parallèlement, il importe de souligner que la baisse de la devise américaine a repris à mi-2001 (USD/CHF 1,82). Elle prolonge un fort mouvement baissier, commencé en 1970 (USD/CHF 4.70), qui pourrait conduire la parité nettement plus bas: USD/CH 1.00(?), dans les années à venir. Si ces tendances profondes devaient se confirmer, elles auraient des conséquences, qu’il n’est pas exagéré de qualifier de dramatiques, tant au plan financier que politique. Toute personne qui prendrait un peu de recul en consultant un graphique à long terme (20 à 30 ans au moins) verrait ces mouvements historiques se dessiner avec clarté et force. Beaucoup de remarques et d’analyses pourraient être formulées à ce stade. Une chose est cependant claire: dans un tel contexte, toute vente d’or de la part de la BNS est contraire aux intérêts vitaux de la Confédération, des cantons et de chacun d’entre nous. Comme le suggère Monsieur Lips, il faut tout entreprendre pour faire cesser ces ventes qui interviennent au plus mauvais moment. Votre association est-elle intervenue dans ce sens auprès de la BNS et du Conseil fédéral? Votre journal réunit des plumes d’un certain nombre de notables: ceux-ci ne pourraient-ils pas intervenir dans le même sens? Cette question revêt autant d’importance que d’autres que soulèvent votre publication: privés de notre indépendance monétaire et financière, nous ne pouvons plus sauvegarder notre indépendance politique. Votre article en page 10 («Le monde va-t-il au devant d’un krach?») démontre la brûlante actualité de ces sujets: il est ici également probable qu’autour de l’an 2000 les marchés boursiers aient terminé un long mouvement haussier et amorcent une baisse dont l’ampleur et la durée surprendront, sans doute, plus d’un homme politique et que ceux-ci ne sont absolument pas prêts à une telle éventualité et à ses conséquences. Je vous remercie donc de vos contributions et espère que vous pourrez agir auprès des autorités compétentes avec toute la force et l’urgence que requière la situation présente. Christian Bless, Poliez-le-Grand |