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Rencontre humanitaire sur l’Irak Discours d’ouverture de Micheline Calmy-Rey
Monsieur le Haut Commissaire
Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire Général
Excellences, Chefs et responsables
Partenaires des organisations Mesdames et Messieurs, Au nom du gouvernement suisse, j’ai le très
grand plaisir et l’honneur de vous souhaiter la bienvenue à Genève. Genève le
berceau des conventions de Genève, le siège du Comité international de la Croix
Rouge, de la Fédération des sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, et
des organisations spécialisées des Nations Unies, telles le Haut Commissariat
aux Réfugiés et le Haut Commissariat aux droits de la personne humaine. Cette préoccupation humanitaire, j’ai voulu la réaffirmer fermement et pratiquement. En ma qualité de ministre des affaires étrangères en charge de l’aide humanitaire, j’ai souhaité vous inviter, non pas parce que je crois une guerre inévitable, mais parce qu’il est temps que le monde porte son attention sur le sort des populations civiles. Il est temps que nous parlions ouvertement et publiquement d’aide humanitaire et de respect du droit international humanitaire. Je vous remercie donc chaleureusement d’avoir accepté cette invitation et d’être venu nombreux. Beaucoup a déjà été fait. Je tiens à souligner ici l’immense travail de préparation mis en place par nos amis des organisations humanitaires du système onusien, du mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, des ONG et de la société civile. Qu’ils en soient remerciés. Les scénarios évoqués laissent cependant craindre que les conséquences d’un possible conflit pourraient être dévastatrices et qu’il est nécessaire de prendre toutes les mesures qui permettent de renforcer l’efficacité de l’action humanitaire. La situation en Irak est difficile: maintenant déjà, les infrastructures sanitaires et l’approvisionnement en eau potable sont insuffisants. La population irakienne n’a qu’une faible capacité de résistance et le risque d’une crise humanitaire de grande ampleur est éle-vé. C’est dans cet esprit que la rencontre d’aujourd’hui a lieu. La Suisse veut mettre à disposition des acteurs humanitaires une plate-forme de dialogue, c’est-à-dire une plate-forme pour le partage de l’information entre pays voisins, donateurs et organisations humanitaires, pour le renforcement des réseaux de coordination, pour faire l’inventaire des ressources nécessaires, y compris financières, maintenant et en cas de conflit. Permettez-moi de préciser encore que cette rencontre revêt un caractère purement humanitaire et qu’elle est organisée dans une forme comparable au «Forum sur les réfugiés afghans et les personnes déplacées» qui a eu lieu à Genève les 5 et 6 octobre 2001. Vous inspirant de cet exemple, vous souhaiterez peut être et en fonction des circonstances, mettre en place un suivi de cette rencontre. La Suisse serait disposée à y jouer un rôle et à y apporter un soutien significatif. Mesdames et Messieurs, Je souhaite que notre rencontre aboutisse à des résultats, des initiatives et des mesures concrètes. Car je suis convaincue que tout ce qui est possible doit être fait et que nous le ferons ensemble. Face aux femmes, aux enfants, aux vieillards, face à tous ceux et celles qui pourraient être touchés, blessés, tués ou poussés à l’exil, l’inaction et l’indifférence ne doivent pas exister. Depuis la nuit du temps, les Etats se font la guerre pour défendre leurs intérêts légitimes. La conséquence en est que les êtres humains souffrent. Depuis le XXe siècle, ce ne sont plus les combattants qui sont les premières victimes, mais les populations civiles. C’est ce souci qui anime la Suisse. Merci de votre intérêt, de votre soutien et de vos efforts. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos travaux. • Seul le discours prononcé fait foi. |