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Renforcer le dialogue humanitaireSoucieuse du sort des populations civiles affectées par la crise qui menace en Irak et dans la région environnante, la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, Ministre suisse des affaires étrangères, a proposé de tenir une réunion humanitaire d’urgence à Genève. Cette rencontre a eu lieu le week-end des 15 et 16 février 2003 dans le but de proposer une plate-forme pour le dialogue humanitaire, de renforcer l’échange d’information dans le domaine humanitaire, et de mettre l’accent sur les aspects humanitaires de la crise. La réunion a été organisée par la Direction du Développement et de la Coopération (DDC); elle a été présidée par le directeur de la DDC, l’ambassadeur Walter Fust. Devant plus de 150 délégués de 30 pays et de 20 organisations internationales d’aide humanitaire, dont le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, et le président du Comité international de la Croix Rouge, Jakob Kellenberger, Madame Calmy-Rey a souligné que «nous, la communauté internationale, ne pouvons pas tout simplement rester à l’écart et observer dans l’indifférence». La vulnérabilité des populations civiles concernées a été constatée à l’occasion de ces deux journées de discussions auxquelles ont participé les représentants des États voisins de l’Irak et des experts de l’aide humanitaire. La situation a été généralement évaluée précaire, en raison, entre autres, des conflits passés et des conséquences des sanctions économiques. Un consensus s’est établi sur le fait que l’Irak souffre d’ores et déjà d’une crise humanitaire majeure, comme le montrent à l’évidence le mauvais état des infrastructures nationales et les besoins fondamentaux non satisfaits (eau potable, services sanitaires et traitement des eaux usées, distribution de l’électricité, sécurité alimentaire, protection de l’environnement, approvisionnement en médicaments et autres besoins dans le domaine de la santé). Les participants ont été d’accord pour reconnaître qu’un conflit armé dans la région aurait très probablement de graves répercussions sur la situation des populations civiles, déjà très précaire en Irak, et qu’elle pourrait avoir aussi de très graves conséquences sur la situation dans les pays voisins. Les principaux acteurs humanitaires concernés, notamment des organisations membres du système des Nations Unies, la Croix Rouge internationale et le Mouvement du Croissant Rouge, ainsi que des organisations non gouvernementales ont présenté des exposés. Ils ont fourni des renseignements sur leurs préparatifs et sur les mesures anticipées qu’ils envisagent et qui tiennent compte, entre autres, de l’éventualité d’un conflit armé. Les pays voisins ont également fait part de leurs préoccupations devant les conséquences auxquelles ils devraient faire face dans l’éventualité de l’éclatement des hostilités, tout en rappelant aux participants la nature globale de la crise iraquienne et la nécessité d’une répartition équitable du fardeau entre les États, notamment en ce qui concerne les réfugiés. Au cours d’une autre séance, l’importance d’assurer le respect du droit international humanitaire, en particulier des Conventions de Genève de 1949, a été fortement réaffirmée. La discussion a également porté sur la nécessité de mettre les ressources nécessaires à la disposition des acteurs humanitaires, aussi bien pour leurs activités de planification et de préparation que pour couvrir les besoins immédiats. Les donateurs ont fait savoir qu’ils sont conscients de leur responsabilité et qu’ils doivent procurer les fonds nécessaires dans les meilleurs délais. Lors de la clôture des débats de la «Rencontre humanitaire sur l’Irak», le président de la rencontre, Walter Fust, a conclu que la réunion avait été un succès sur plusieurs points. Tout d’abord, de précieuses informations ont été échangées, l’agenda humanitaire a été clarifié et des propositions ont été formulées en vue de renforcer davantage le dialogue humanitaire. La rencontre a également mis en évidence les souffrances des populations civiles en Irak et dans la région. On s’est également accordé sur le fait que le dialogue humanitaire doit être poursuivi et renforcé par l’intermédiaire d’un «Groupe de liaison sur les questions humanitaires en relation avec l’Irak», dont la constitution a été proposée. Ce groupe, s’il est formé, servira de forum d’échanges sans faire double emploi avec les mécanismes de coordination existants, mais en les renforçant. La Suisse s’est déclarée prête à promouvoir et à appuyer un tel groupe. Enfin, un suivi approprié de la «Rencontre humanitaire sur l’Irak» interviendra ces prochains jours.
Direction du Développement Source: www.deza.ch |