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Wolfowitz avoue: la guerre en Irak était motivée par le pétrole

Selon le journal anglais The Gardian du 4/6/03, Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, s’est exprimé sans détours, lors d’un sommet asiatique sur la sécurité à Singapour, sur les vraies raisons de la guerre contre l’Irak. A la question de savoir pourquoi la Corée du Nord, puissance nucléaire, était traitée différemment, Wolfowitz a déclaré: «La principale différence entre la Corée du Nord et l’Irak réside dans le fait qu’au point de vue économique, nous n’avions pas le choix car le pays regorge de pétrole.»

Il a ainsi, une fois de plus, marginalisé le Premier ministre Tony Blair qui fait l’objet, dans son pays, de vives critiques à propos des armes de destruction massive introuvables. En outre, il crée au président Bush un problème de justification puisque celui-ci a toujours nié que la guerre ait été motivée par le pétrole.

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ts. Nous n’avions pas d’autre choix que la guerre car le pays regorge de pétrole. Celui qui a tenu ces propos n’est ni un cannibale de l’âge de pierre ni un ministre des affaires étrangères hitlérien, ni le représentant sanguinaire d’une dictature militaire révolue mais un haut fonctionnaire de l’Amérique démocratique. Est-ce une contradiction en soi?

Que s’est-il passé dans notre monde pour qu’on oublie l’évidence, c’est-à-dire qu’en matière d’exploitation des ressources naturelles, on négocie, on signe des traités et on paie les possesseurs? Voilà quelqu’un qui prône ouvertement la loi du plus fort «contraint» de s’emparer ce qui apporte un profit. Le droit des peuples, le droit à l’autodétermination n’existe plus. Wolfowitz n’a même plus recours au prétexte facile de la lutte contre le terrorisme international et le fantôme d’Al-Qaida!

Il semble qu’on ait fait sauter une nouvelle digue. Alors que lors des anciennes guerres de conquête, on avançait des motifs humanitaires pour dissimuler les vraies raisons, aujourd’hui, la superpuissance hégémonique se permet d’utiliser le langage direct de la force: on prend son bien où on le trouve. Est-ce là notre avenir, un retour aux époques les plus sombres du colonialisme et de l’impérialisme?

La Cour pénale internationale de La Haye est maintenant installée. Elle doit condamner les crimes contre l’humanité dont font partie les guerres d’agression contre des Etats souverains. Mais qui va livrer à ce tribunal Wolfowitz et ses compères néoconservateurs? Le nombre des pays qui se sont soumis aux Etats-Unis et ont dû signer un traité prévoyant que les citoyens américains ne pourraient pas être livrés à la CPI ne cesse de croître. Nous savons maintenant pourquoi les USA sont opposés à la CPI, parce que la guerre d’agression de type hitlérien est manifestement devenue sa nouvelle doctrine. L’opinion publique mondiale serait bien inspirée de s’insurger vigoureusement contre cette arrogance du pouvoir. 

Wolfowitz admet «un choix politique»

L’administration Bush a décidé pour des «raisons bureaucratiques» de justifier une guerre en Irak en mettant l’accent sur la menace des armes de destruction massive (ADM), mais ce n’était pas la principale raison du conflit, reconnaît le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, dans une interview au magazine Vanity Fair paru mercredi. «Nous nous sommes entendus sur [cette] question, les armes de destruction massive, parce que c’était la seule raison sur laquelle tout le monde pouvait tomber d’accord», affirme Paul Wolfowitz, dans cet entretien.

Source: Le Temps du 30/5/03

(Horizons et débats, numéro 20, juin 2003)

mise à jour  le 21.06.03