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Thrène A l’arbre, ce matin, j’ai demandé pardon D’avoir à le scier pour dégager l’allée! Il est tombé d’un bloc sur la terre gelée, Ses rameaux déployés dans l’ultime abandon.
Il avait poussé seul au milieu d’un buisson Pour s’élancer bientôt par-dessus la mêlée. Il bravait les frimas, les vents, la giboulée, Hébergeait la corneille, abritait le pinson.
Ma raison se défend : Mais ce n’était qu’un frêne! Et pourtant je suis triste à psalmodier un thrène… Sous le ciel dénudé, ma voix monte au zénith
Où meurent les échos des hurlements de guerre. Abattus à l’avant, au centre et à l’arrière, Combien d’arbres humains dans un mortel exit?
30 mars 2003 Luce Péclard
D’un manuscrit à paraître en 2003: «Sonnets invitatoires» aux Editions du Madrier, 1416 Pailly-CH (Horizons et débats, numéro 20, juin 2003) mise à jour le 21.06.03
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