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Diktat américain «Pour les organisations humanitaires il ne sera pas possible de travailler tant que la sécurité ne sera pas rétablie.»L’employé d’une station de pompage de Bagdad située tout près du Tigre est traverse horrifié les locaux détruits de cette installation vitale et dit d’un ton révolté devant la caméra de la deuxième chaîne de télévision allemande (ZDF): «Je suis exaspéré, de nombreuses fois, nous avons demandé aux Américains de nous protéger ici! Depuis des semaines déjà! Mais personne ne vient!» «La Croix-Rouge s’est chargée de la reconstruction», rapporte le reporter du ZDF, «mais tout ce qu’ils remettent en état pendant la journée, est volé pendant la nuit. Même pendant que nous étions encore à l’intérieur du bâtiment, un nouveau tableau électrique a été dérobé dehors. Lorsque les hommes nous ont vus, ils ont disparu à toute vitesse. Le poste américain le plus proche se trouve à 200 mètres seulement d’ici, mais toutes nos demandes de le rapprocher de la station de pompage sont restées vaines jusqu’à présent. Les Américains veillent uniquement à leur propre sécurité. Deux blindés sont arrivés devant la station de pompage qui produit ‹leur› eau.» Des barbelés de l’OTAN, tranchants comme des lames de rasoir, séparent les Irakiens de leur eau! «Pour les organisations humanitaires», continue le reporter, «tant que la sécurité ne sera pas rétablie et que les pillages continueront, il ne sera pas possible de travailler». Un fonctionnaire allié nerveux qui désire (volontairement?) garder l’anonymat apporte son commentaire brutal dans un excellent anglais d’Oxford: «Vous savez, ici il y a des forces armées qui ont conquis ce pays et qui commandent. Les organisations humanitaires doivent se plier à nos ordres. Et je vais vous dire gentiment mais très directement ceci: Si elles ne sont pas contentes, il y a des tas de crises ailleurs dans le monde, qu’elles aillent là-bas!» Le reporter continue: «Les organisations font venir des médicaments par avion. Dans les hôpitaux, les patients ne peuvent plus être soignés. Mais à Bagdad, il y a des entrepôts pleins de médicaments. On devrait pouvoir les apporter là où il y a urgence. Mais jusqu’à présent, les Américains s’y opposent.» Et un homme qui convoyait des médicaments en provenance de l’UE a enchaîné: «Nous avons essayé trois fois de pénétrer dans l’espace aérien de l’Irak mais nous n’avons pas obtenu de réponse. Subitement les Américains étaient sur une fréquence radio tout à fait différente et nous avons dû retourner au Koweït.» • Source: ZDF, Heute-Journal du 13/5/03 (Horizons et débats, numéro 20, juin 2003) mise à jour le 21.06.03 |