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G8 entre folie et mensongepar Marie-Hélène MiautonLe spectacle de folie généralisée qui nous a été offert lors du G8 à Evian n’a eu d’égal que la duplicité avérée de tous les acteurs engagés. Depuis des mois, la montée en puissance du délire nous avait inquiétés, mais la réalité a largement dépassé la fiction! Irresponsabilité inconcevable chez ces chefs d’Etat qui s’obstinent à se réunir à grand renfort de publicité, alors même qu’ils savent les émeutes que cela induit et la cible qu’un tel rassemblement représente pour les terrroristes de tous bords. Face à la minceur des résultats, attestée par la vacuité des conférences de presse, de telles délibérations sont un pur étalage de puissance, coûteux et déplacé. On prétend pourtant qu’il en est sorti du beau, du bon, du concret. Mensonge! Délire sécuritaire chez ces autorités françaises et suisses, plus soucieuses de la quiétude des grands de ce monde que de la défense des populations. Si les présidents des démocraties les plus riches de la planète ne peuvent se déplacer sans un tel déploiement militaire, s’ils sont vraiment confrontés à des dangers si réels, alors se repose la question de l’opportunité de telles rencontres. N’empêche que les tournoiements d’hélicoptères et les rugissements de vedettes militaires, dans le décor impassible d’un Léman estival, donnaient irrésistiblement l’impression qu’on jouait à la guerre en aérant les joujoux. Voilà du grain à moudre pour ceux qui veulent réduire les budgets militaires! Incohérence des médias reprochant à la police d’avoir été laxiste face aux casseurs ou au contraire d’en avoir trop fait, ceci au mépris de la plus élémentaire logique mais avec une acrimonie qui en disait long sur leur envie de gonfler les événements et d’envenimer la polémique. Etait-ce bien nécessaire face à une chienlit déjà suffisante? Quant aux déchirements du gouvernement genevois, ils offrent un pur exemple de récupération politique par ceux-là même qui portent la vraie responsabilité du désastre, qui crient à la dictature sécuritaire, qui réchauffent les casseurs en leur sein, qui conspuent la mondialisation économique tout en mondialisant la révolution, qui allument des feux et qui, ensuite, réclament des têtes. Furie des casseurs venus de France et de Zurich, avec leurs barres de fer et autres impedimenta, ce qui prouve que les barrages douaniers et les contrôles de gares ne servent à rien sans courage politique. Hypocrisie des manifestants «pacifistes» qui s’affirment totalement innocents des dérives qu’ils traînent pourtant dans leur sillage et jouent les saintes nitouches. Complaisance des édiles qui les écoutent, qui les soutiennent, qui parlementent avec eux et qui accréditent ainsi un mouvement dont les meneurs se revendiquent des idéologies les plus perverses que le XXe siècle ait connues. Complicité? Crétinisme décadent enfin, quand par crainte de passer pour des petits-bourgeois coincés, il a fallu s’extasier sur des graffitis ineptes, trouver un sens politique à un défilé de potaches à poil, épiloguer sur les expériences d’autogestion de Oulala c’village et philosopher sur les calicots aux slogans usés jusqu’à la trame … Heureusement, le ridicule ne tuant plus, le G8 fut moins meutrier que prévu! Source: Le Temps du 6/6/03 (Horizons et débats, numéro 20, juin 2003) mise à jour le 21.06.03 |