accès direct aux numéros

Journal favorisant la pensée indépendante,
l'éthique et la responsabilité

Suisse

Le Parlement va-t-il capituler devant le lobby de la drogue?

jpv. En mars 2001, le Conseil fédéral à adopté son projet de révision de loi fédérale sur les stupéfiants à l’intention du Parlement.

En décembre 2001 le Conseil des Etats a approuvé à l’unanimité, après quelques amendements de détail, ce projet de libéralisation. Seuls 8 représentants des cantons francophones ont essayé, mais sans succès, de limiter les dégâts.

Le Conseil national devrait, d’après le programme de la session en cours, examiner ce projet de loi la semaine prochaine. On s’attend à des débats mouvementés puisque suite à un sondage publié par l’hebdomadaire alémanique Facts (No 23 du 5/6/03), sur les 200 conseillères et conseillers nationaux, 83 se seraient déclarés opposé à la dépénalisation, 69 la soutiendraient et 48 seraient indécis.

Mais soyons clair: Dans le cadre de cette révision il ne s’agit pas uniquement de «décriminaliser» la consommation de cannabis. En réalité, il s’agit en outre de la légalisation de la distribution d’héroïne par l’Etat, de l’abandon définitif du but de l’abstinence dans les traitement, de l’obligation des cantons d’introduire des structures dites d’«aide à la survie», de la dépénalisation de la culture et du commerce du cannabis et de la libéralisation de la consommation de toutes les drogues.

Ainsi, ce projet de révision recèle de grands dangers: d’une part, il facilite l’accès aux drogues et accroît les risques liés à la consommation de stupéfiants, d’autre part, il rend plus difficile aussi bien la prévention que l’aide apportée aux parents, aux enseignants et aux éducateurs. Les parents et les éducateurs sérieux et expérimentés sont unanimes: des règles de vie sociale valables pour tous et appuyées notamment par des interdits aident les jeunes à structurer leur personnalité. Lorsque ces règles disparaissent, ce sont les plus vulnérables qui trinquent.

Notre pays doit prendre conscience que l’intérêt général prime nettement sur celui du lobby de la drogue et des parlementaires et gouvernants qui sont à sa botte. Il faut que le projet de révision de la Loi sur les stupéfiants soit rejeté. Sinon, il se trouvera suffisamment de citoyennes et de citoyens responsables pour recueillir les 50000 signatures nécessaires au lancement d’un référendum. Sur cette question capitale, les citoyens doivent avoir le dernier mot.          

(Horizons et débats, numéro 20, juin 2003)

mise à jour  le 21.06.03