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France Drogue: l’autre cancerLa commission d‘enquête du Sénat a rendu son rapport«Force est de constater que le discours officiel tenu au cours des dernières décennies, et surtout des dernières années, sur les drogues, sur leur dangerosité et sur leur interdit, s’est brouillé: en privilégiant un seul volet, celui de la réduction des risques, notamment par l’échange des seringues et la délivrance de produits de substitution aux toxicomanes, dont les résultats en termes de santé publique doivent cependant être salués, au détriment d’un véritable programme d’information et de prévention, notamment en direction des jeunes, il a accrédité l’idée que les pouvoirs publics, via la MILDT et la nébuleuse des acteurs associés à la politique de lutte contre les drogues illicites, se bornaient à gérer le problème de la toxicomanie. Ce discours brouillé, renforcé par les déclarations de certains responsables politiques au cours des années récentes, entretenu par une complaisance extravagante de certains médias de la presse écrite et de l’audiovisuel, ainsi que par les comportements de certains «beautiful people» et groupes- pilotes, n’est évidemment pas dépourvu de tout lien avec la banalisation de la consommation des stupéfiants, et notamment du cannabis, dont l’usage reste cependant interdit, il convient de le rappeler, comme celui des drogues dites dures. Alors qu’un puissant lobby, notamment inspiré de l’étranger, promeut la dépénalisation ou la libéralisation du cannabis, mais aussi d’autres drogues, la commission rappellera que la France est déjà confrontée à deux fléaux légaux et «culturels» – l’alcool et le tabac – et qu’elle n’a pas à se charger d’un troisième en autorisant, et donc en organisant, l’usage du cannabis, dont la prévalence rejoint déjà pour certaines classes d’âge, celui du tabac. Les enquêtes les plus récentes montrent cependant que les trois quarts de la population de notre pays rejettent ce discours banalisateur. Il est donc encore temps de réagir contre une trop longue dérive en mettant en place une nouvelle politique de lutte contre les drogues illicites, fondée sur l’humanisme et sur le réalisme: celle-ci devrait s’inscrire dans une nécessaire continuité, en apportant une réponse judiciaire systématique et modulée à toutes les infractions, en mettant en oeuvre une prévention digne de ce nom dès le plus jeune âge, et notamment à l’école qui est restée trop longtemps à l’écart de cette action prioritaire, en donnant de véritables moyens au dispositif sanitaire de prise en charge, de traitement et de réinsertion, et en prenant des mesures propres à réduire l’usage des drogues dans le monde du travail.» •
Source: Bernard Plasait. Introduction au rapport intitulé (Horizons et débats, numéro 20, juin 2003) mise à jour le 21.06.03 |