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La mise en œuvre de l’accord de paix en marchepar Joseph M. Kyalangilwa, Président de la Société civile de la Province du Sud-KivuContrairement à ce qu’on lit malheureusement dans les médias occidentaux, la mise en oeuvre de l’Accord de Paix signé à Pretoria n’a pas démarré jeudi 17 juillet 2003 avec la prestation de serment des quatre Vice-présidents, à savoir Monsieur Yerodia, issu de la composante Gouvernement de Kinshasa; Monsieur le Professeur Arthur Z’Ahidi Ngoma, désigné par les partis politiques de l’opposition non armée; Monsieur Jean-Pierre Bemba, issu du mouvement rebelle soutenu par l’Ouganda (Mouvement pour la libération du Congo – MLC) et Maître Azarias Ruberwa du mouvement «rebelle» totalement inféodé par le pouvoir dictatorial et de police de Kigali/Rwanda. Mais plutôt, l’application de l’Accord de Paix de Pretoria, dit Accord global et inclusif, signé à Pretoria le 17 décembre 2002, avait bel et bien commencé par la promulgation par le Président de la République démocratique du Congo (RDC), le Général-major Joseph Kabila, de la Constitution de la transition en date du 4 avril 2003 et par la prestation de serment de Joseph Kabila sur la même Constitution le 7 avril 2003 devant la Cour suprême. Par cette prestation de serment Joseph Kabila est devenu le Président de la RDC pendant toute la période de transition. Il est de ce fait le Chef du gouvernement, le Président de la Commission de suivi de l’Accord de paix, le Chef suprême des forces armées et le Président du Conseil supérieur de la défense. La mise en oeuvre de l’Accord de paix se poursuit suivant le calendrier ci-après:
18 juillet: prestation de serment des Ministres et Vice-ministres; 19 juillet: première Réunion du Gouvernement de transition; 23 juillet: ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale avec validation des mandats, l’installation du bureau et l’endossement des Institutions d’appui à la démocratie; 24 juillet: ouverture de la session extraordinaire du Sénat avec la validation des mandats et l’installation du bureau; 4 août: présentation du programme du Gouvernement devant l’Assemblée nationale.
Immédiatement après la prestation de serment constitutionnel par les quatre Vice-Présidents, les populations des provinces de l’Est de la RDC occupées jusqu’à présent par les troupes criminelles du régime sanguinaire de Kigali, étaient descendues dans les rues pour manifester la joie légitime de voir leur pays réunifié après cinq années de guerre qui leur avaient été imposées par les agresseurs burundais, rwandais et ougandais. Ces derniers ont été massivement financés par les grandes couches d’intérêts occidentales au service des gouvernements de leurs pays, dont les USA, l’Angleterre, l’Allemagne, le Canada, la Belgique et la Hollande. C’est ce que révèlent les trois rapports des experts de l’ONU sur les pillages systématiques et l’exploitation illégale des riches ressources naturelles de la RDC de 1998 à ce jour. En dernière minute, nous apprenons que deux des quatre Vice-présidents qui ont prêté serment le 17 juillet, ont été déclarés persona non grata dans les provinces de l’Est du Congo, les territoires qui étaient prétendument sous leur contrôle. Il s’agit de M. Jean-Pierre Bemba et de M. Azarias Ruberwa. Cette décision vient d’être prise ce 18 juillet 2003 par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. L’on se souviendra que d’août 1998 à la fin octobre 2002, les deux soi-disant groupes de rebelles congolais (MLC et RCD) ont massacré impunément plus de quatre millions de civils congolais innocents. Il est inadmissible que les médias occidentaux n’aient fait écho de ce véritable génocide des Congolais opéré à huis clos. Cette bonne décision de la CPI est applaudie par les Congolais épris de paix. En effet, l’ensemble du peuple congolais accepte le Gouvernement de Transition, mais exige que tous les auteurs des crimes, congolais et étrangers confondus, doivent répondre maintenant de leurs ignobles actes devant les tribunaux compétents. Il va sans dire que les messieurs et mesdames nominés dans les différentes institutions de la Transition qui sont auteurs des crimes, doivent savoir que le fait d’être membre d’une des institutions de la Transition ne leur accorde aucune chance d’échapper à la rigueur de la Justice tant nationale qu’internationale. Autrement dit, il faut en finir avec l’impunité institutionnalisée par le régime mobutiste de très triste mémoire. Les auteurs des crimes ne se retrouvent pas seulement dans les MLC et RCD mais également dans le lot des mobutistes dont la Conférence nationale souveraine avait en son temps arrêté et publié la liste. • (Horizons et débats, numéro 21, juillet 2003) mise à jour le 30.08.03 |