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Mise en garde contre la privatisation de l’eau!Le soussigné a rédigé deux ouvrages sur la privatisation («Privatisierung als Rationalisierungschance», 1981 et «Privatisierungspraxis», 1991) et il a prouvé la supériorité d’un système économique privatisé à l’aide d’une formule de privatisation appliquée à des quantités de calculs. En principe, la privatisation équivaut à une «dénationalisation». Si des travaux et des missions sont réalisés dans un système concurrentiel, ils sont moins chers pour le citoyen, mieux adaptés au marché et plus performants. La privatisation et le monopole privéPourtant cela n’est valable que si les services ou les institutions publics sont transférés dans des structures d’économie du marché avec une concurrence qui fonctionne. D’ailleurs, ce n’est plus le cas que dans les moyennes entreprises. Par contre, partout où des consortiums peuvent exercer un pouvoir sur le marché, la privatisation mènerait du monopole d’Etat au monopole privé. Le second est nettement plus dangereux que le premier. C’est avant tout valable pour la ploutocratie internationale de la côte Est américaine qui a monopolisé des matières premières mondiales (or, diamants, cuivre, zinc, pétrole, énergie nucléaire, usw.) et pour la haute finance américaine qui a décidé de monopoliser également l’eau du monde entier dans les vingt prochaines années (cf. Brzezinski). Les monopoles des matières premières: instrument de l’hégémonie mondialeLa privatisation, juste en soi, est donc dangereuse partout où le monopole d’Etat devient privé. Elle est d’autant plus dangereuse s’il y a risque de monopole mondial. Déjà à l’heure actuelle, la ploutocratie américaine est capable de forcer le monde entier à des contributions supplémentaires par la simple augmentation des prix des matières premières, par exemple ceux du pétrole. Nous sommes alors confrontés à une forme tout à fait nouvelle d’hégémonie mondiale et de taxation mondiale: le pouvoir n’est plus régional, mais économique. L’hégémonie économique mondiale est capable, par la manipulation des prix des matières premières, de faire faire au monopoleur des profits dont la haute finance a besoin actuellement pour telles ou telles raisons essentielles. La pire des choses, c’est le monopole d’une ressource comme l’eau qui est déjà rare dans le monde entier, mais d’une importance vitale, voire indispensable pour tous les hommes. Sans eau, ils ne peuvent pas vivre. Celui qui dispose de l’eau et qui peut décider de sa distribution et de son prix exerce un pouvoir économique extrêmement dangereux qui représente un danger mortel pour l’humanité. La privatisation de l’approvisionnement en eau communaleLa ploutocratie américaine a bien manœuvré: On joue la comédie aux politiciens communaux et aux responsables de l’économie en leur présentant l’avantage – théoriquement correct – de la privatisation: l’augmentation du profit. Pourtant les politiciens ne comprennent souvent pas que le transfert du domaine public aux sociétés privées n’est qu’un premier pas vers la fusion de ces sociétés puis vers leur rachat avec des dollars d’origine douteuse, afin de parvenir au monopole mondial de l’eau. Plus tard, ils seront obligés de racheter au monopoleur les stocks d’eau des collectivités communales à des prix exorbitants. Un premier pas vers l’hégémonie absolueEt ceux qui ne seront pas d’accord avec la ploutocratie américaine ou qui ne voudront pas s’y soumettre n’auront plus d’eau – ce qui constitue une menace de mort surtout dans des régions comme le Proche-Orient, l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Ceux qui privatisent l’eau aujourd’hui font de cette eau un instrument de pouvoir de la haute finance qui cherche à dominer les peuples. La privatisation de l’eau est irresponsable parce que l’eau est indispensable. Les hommes doivent comprendre que ceux qui prônent la privatisation ne travaillent pas dans notre intérêt en encourageant la privatisation des centres de distribution des eaux, mais encouragent une nouvelle forme d’hégémonie absolue. Agissons tant que nous en avons la possibilité!Eberhard Hamer, (Horizons et débats, numéro 21, juillet 2003) mise à jour le 30.08.03 |