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Le futur du travail et de la famillepar Jean Didier Lecaillon, Paris*Le travail d’une part, la vie de famille d’autre part sont souvent présentés comme une opposition. Présenter les choses de cette façon est seulement réducteur pour ne pas dire, simpliste. De façon plus positive on parle également de la conciliation vie familiale–vie professionnelle. Certes il s’agit d’un thème d’une grande actualité qui, pourquoi ne pas le reconnaître, est généralement traité de façon biaisée dans la mesure où ces deux composantes de la vie en société – la maternité de la femme d’un côté, sa participation à la vie économique et sociale de l’autre – ne sont pas placées au même niveau. Dans la réalité en effet, l’objectif plus ou moins explicitement affiché est de privilégier la vie professionnelle tout en cherchant à ménager – parce qu’il apparaît difficile de faire autrement – des possibilités pour la vie familiale. Il faut voir dans cette attitude la marque d’un néo-féminisme qui est d’abord apparu dans les pays nordiques. Le contexte de notre réflexion étant ainsi rappelé, il s’agit d’abord de prendre du recul et de faire preuve d’esprit critique. Car si on veut bien regarder les choses en face, cette opposition apparaît trop schématique. Il convient en particulier de considérer les choses en dynamique et de rappeler que les priorités ne sont pas figées au cours de toute une vie. Il suffit, pour s’en convaincre, de remarquer que le rôle d’une mère et sa disponibilité varient tout simplement en fonction de l’âge de ses enfants. Il est donc archaïque de renvoyer dos à dos femmes au foyer et femmes au travail comme continuent à le faire les idéologues. Ensuite, il est indispensable de retenir comme référence de base la liberté de choix. Il ne s’agit pas d’un manifeste mais bien d’une condition d’efficacité et de réalisme. En conséquence, non seulement nous ne pouvons pas ignorer l’aspiration des femmes à se consacrer à leur famille, mais en plus nous devons reconnaître qu’il n’y a pas un mode unique d’épanouissement (le travail à l’extérieur en l’occurrence) même si l’aspiration à plus d’autonomie, de sécurité ou de réalisation personnelle ne peut être sous-estimée. L’éducation – facteur prépondérant de la croissanceEn nous situant dans cette perspective, notre contribution a pour objet d’apporter un éclairage sur différents acquis scientifiques susceptibles d’appuyer, parmi d’autres, notre réflexion.
Revalorisation de la maternitéA partir de ces considérations, nous sommes en mesure de faire une proposition concrète: il est urgent de revaloriser la maternité (et la paternité); nous voulons dire par là que nous ne pouvons plus nous contenter de traiter la fonction parentale comme extérieure à l’organisation de la société. En particulier, pour en rester à notre domaine de compétence, il convient de ne pas négliger la fonction économique et sociale des parents. Il y a là tout un programme de recherche à engager. Enfin, puisqu’il s’agit aujourd’hui de participer à une réflexion sur les évolutions du travail et de la famille, terminons en évoquant quelques faits pouvant faire l’objet d’une discussion:
A ce stade de notre réflexion, deux idées peuvent être avancées afin de l’alimenter: en premier lieu, ne peut-on pas dire que la mère de famille est chef d’entreprise? Ensuite, n’est-il pas temps de considérer l’activité domestique comme un vrai travail? •
* Jean-Didier Lecaillon, marié et père de sept enfants, professeur des Universités depuis 1990, spécialiste de sciences économiques. Président de l'Académie d'Education et d'Etudes Sociales (A.E.S.). Consulté comme expert par divers organismes et institutions, en France ou à l'étranger, il a fait de nombreuses communications, traitant de la question des rapports entre l'économie et l'investissement dans la famille, à l'occasion de réunions internationales dans diverses capitales européennes, en Amérique latine (Brésil et Venezuela) et en Asie (Liban et Philippines). (Horizons et débats, numéro 25, avril 2004) mise à jour le 03.05.04 |