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Courrier des lecteurs

Des liens solides pour les enfants au lieu de moyens chimiques

Depuis un certain temps, il est possible d’administrer à des enfants difficiles à partir de 5 ans le médicament Risperdal. Il s’agit là d’un neuroleptique prescrit jusqu’à présent surtout à des adultes atteints de schizophrénie ou d’autres troubles psychotiques. Dans une circulaire, le laboratoire Jansen-Cilag se réjouit de pouvoir annoncer que le Risperdal est indiqué pour le traitement symptomatique de divers troubles du comportement social (violence, attitudes d’opposition, impulsivité, automutilation, etc.) chez des enfants à partir de 5 ans, des adolescents et des adultes dont les capacités intellectuelles sont en dessous de la moyenne ou qui souffrent d’un retard mental.

Dans quel siècle vivons-nous? Vouloir lutter contre ces troubles avec des médicaments plutôt que par des moyens pédagogiques constitue un recul de la recherche et de la pratique médicales. Tous ceux qui s’occupent de pédagogie aujourd’hui devraient savoir qu’un enfant qui grandit sans liens affectifs sécurisants ne peut développer sa compétence sociale. Les adultes peuvent modifier les attitudes déviantes s’ils comprennent l’univers affectif des enfants et des adolescents, s’ils les encouragent dans un sens positif et manifestent clairement leur refus des comportements asociaux tels que la violence sans toutefois rompre le lien affectif. C’est essentiellement ce lien qui rend la vie satisfaisante.

Notre incapacité dans ce domaine ne doit pas être dissimulée en «tranquillisant» les enfants avec des médicaments. Il est important, à mon avis, que l’on se penche sérieusement sur ce phénomène préoccupant.

 G. Hunziker, médecin et mère

(Horizons et débats, numéro 25, avril 2004)

mise à jour  le 03.05.04