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Courrier des lecteurs
Les limites de la tolérance«Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire.» Voltaire Cette maxime, généreuse et tolérante, que j’ai faite mienne depuis fort longtemps, est indéniablement source d’enrichissement culturel en ce qu’elle sauvegarde la pluralité des idées, des convictions, et permet de les confronter librement, donc de les éprouver et, par conséquent, de les faire progresser. Peut-on, cependant, l’appliquer à tout propos, voire, hors de propos? N’y a-t-il pas des limites dont même la tolérance la plus courageuse ne saurait admettre qu’elles soient franchies? Poser la question c’est déjà un commencement de réponse. On ne saurait admettre une tolérance qui ne serait pas réciproque, ou le mensonge délibéré, voire la calomnie. Ce n’est pas être intolérant que de combattre vigoureusement, mais loyalement, une opinion que l’on tient pour fausse et nuisible. Ce n’est pas davantage être intolérant que d’exiger des gouvernements, auxquels le citoyens souverain a délégué des pouvoirs, le respect d’un devoir de réserve et d’objectivité dans l’information qu’ils diffusent par le moyen de ces pouvoirs. Lors donc, que nos gouvernants ne savent plus s’imposer eux-même une éthique respectueuse de la pluralité des opinions; lorsqu’ils se permettent de tronquer la vérité et de substituer une propagande unilatérale à l’information objective, lorsqu’ils dépensent pour cette propagande des fonds publics considérables pour écraser l’expression d’avis contraires de citoyens contribuables, il est légitime que le souverain peuple mette un frein à ces abus d’un pouvoir qui prétend lui dicter ce qu’il doit voter. Sauvegardons notre pluralité démocratique. Tel est le but de l’initiative populaire fédérale «Souveraineté du peuple sans propagande gouvernementale» que vous propose l’association hors partis «Citoyens pour les citoyens». Hermann Jenni, Le Lignon GE (Horizons et débats, numéro 25, avril 2004) mise à jour le 03.05.04 |