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Le conseil des droits de l’homme demande à Israël de mettre un terme aux opérations militaires et établit une commission d’enquête
Extraits du débat sur la situation au Liban
Mme Louise Arbour, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a déclaré que le bilan de plus en plus lourd de morts civils au Liban et en Israël, ainsi que les déplacements massifs de populations et la destruction des infrastructures civiles au Liban, exigent l’intervention du Conseil des droits de l’homme afin qu’il fasse comprendre aux parties concernées la nécessité urgente de respecter leurs obligations au regard du droit international. La crise, qui dure depuis près d’un mois, appelle une réaction ferme de la part du Conseil, a dit Mme Arbour. Tous les efforts doivent être concentrés sur l’arrêt immédiat des hostilités afin que des vies puissent être sauvées et que les victimes des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire recouvrent leurs droits.
Des appels pressants ont été formulés pour le lancement d’une enquête approfondie de haut-niveau au sujet des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire au Liban et en Israël. L’indépendance et l’impartialité d’une telle enquête doit être garantie non seulement par la crédibilité des experts qui en seront membres, mais aussi par la portée et la méthodologie de son mandat. Dans un contexte de droits de l’homme, sa mission devra concerner au premier chef les victimes de tous bords et poser les bases de possibles mesures de réparation et de responsabilité.
Après la destruction du dernier pont sur la rivière Litani, la Haut-Commissaire est très inquiète de la situation humanitaire de la population demeurée dans le sud du Liban, qui ont un besoin urgent d’eau, de nourriture et d’aide médicale, que les travailleurs humanitaires ne sont plus en mesure de fournir. Les difficultés des populations déplacées dans les zones de combat et celles des réfugiés dans d’autres pays sont également très inquiétantes, a dit Mme Arbour, rappelant que leurs droits fondamentaux doivent être garantis. Le Conseil doit intervenir en faveur de ceux dont les droits fondamentaux ont été et continuent d’être bafoués ainsi qu’à ceux qui ont perdu des êtres chers et des parents, aux personnes déplacées et aux blessées, a encore fait valoir Mme Arbour.
M. Mohammed Al-agali (Arabie saoudite) a condamné les agressions aveugles commises par Israël contre le Liban, sa population et ses infrastructures. Des milliers de victimes sont à déplorer ainsi que le déplacement forcé de plus de 800 000 personnes et la destruction intégrale de l’infrastructure civile du pays – routes, ponts, installations électriques. Il convient que le Conseil agisse pour protéger les populations civiles et mettre un terme aux violations de leurs droits humains. Une commission d’enquête de haut niveau doit être dépêchée sur place pour évaluer l’ampleur des dommages causés par les graves violations du droit humanitaire international par Israël. Cette commission devra aussi se prononcer sur la légalité des armements utilisés par ce pays. Le Conseil doit adopter la résolution proposée et demander au Conseil de sécurité des Nations Unies d’imposer un cessez-le-feu immédiat et d’appliquer les sept propositions pour la résolution de la crise formulées par le Liban.
M. Alberto J. Dumont (Argentine) a fait part de la préoccupation de son pays à l’égard de la crise humanitaire que subit la population civile du fait des affrontements entre Israël et le Hezbollah. L’Argentine déplore le lancement de roquettes par le Hezbollah ainsi que l’enlèvement de soldats israéliens et condamne le recours excessif à la force par Israël. L’Argentine, par principe, ne peut accepter la violence en tant qu’instrument pour atteindre des objectifs, quels qu’ils soient, a poursuivi le représentant argentin. La communauté internationale doit immédiatement assumer ses responsabilités et éviter que cette situation de violence ne continue de provoquer des victimes. Le Gouvernement argentin continuera de déployer tous les efforts diplomatiques afin de contribuer à la paix au Moyen-Orient.
M. Valery Loshchinin (Fédération de Russie) a déclaré que le conflit sanglant qui se poursuit au Moyen-Orient suscite l’inquiétude de la Russie. La Fédération partage la désolation exprimée devant les destructions infligées au Liban et les décès de civils innocents et pacifiques, femmes, enfants et vieillards. La récente tragédie de Cana a frappé la communauté internationale, a rappelé le représentant, qui a rappelé aussi le sort tragique des populations déplacées au Liban comme en Israël. La Russie demande aux autorités israéliennes de faire en sorte que les secours humanitaires parviennent aux populations civiles, rappelant que les attaques contre les civils sont contraires aux principes fondamentaux du droit international humanitaire. La résolution présentée devant le Conseil ne concerne qu’Israël et son libellé contient des termes très fermes, a relevé le représentant, faisant valoir que la Russie estime que le texte devrait évoquer toutes les victimes civiles du conflit, même s’il est vrai que ses effets ne sont pas comparables entre les deux côtés, a-t-il ajouté. La Russie regrette par ailleurs les atermoiements qui empêchent encore le Conseil de sécurité de se déterminer sur un cessez-le-feu. La Russie demande qu’une résolution soit adoptée rapidement par le Conseil de sécurité pour qu’au moins les secours de base puissent être fournis aux populations civiles et qu’une solution globale négociée puisse être trouvée.
Le représentant des Émirats arabes unis a dit qu’Israël menait une guerre disproportionnée contre le Liban, avec des bombardements au phosphore et aux obus à fragmentation, qui sont des armes illégales. Israël méprise ainsi les dispositions du droit international protégeant les civils contre les actes de guerre. Le droit à la vie du peuple libanais est compromis, avec le risque très réel d’une catastrophe humanitaire de grande ampleur au Liban. Israël commet des crimes horribles au nom de sa sécurité, mettant en péril les efforts de la communauté internationale de trouver une solution durable au conflit qui secoue la région, a dit le représentant. Ce dernier a en outre estimé qu’une commission d’enquête devrait être dépêchée au Liban pour évaluer, notamment, l’ampleur des dommages causés par l’attaque israélienne et l’utilisation d’armes interdites par les conventions internationales.
Le représentant du Saint-Siège s’est dit convaincu que le cercle vicieux du conflit au Liban et dans la région du Moyen-Orient peut être rompu si l’on permet à la raison, à la bonne volonté, à la confiance mutuelle, au respect des engagements et à la coopération entre partenaires responsables de prévaloir. Une première étape immédiate d’une telle approche éthique consisterait à parvenir à un cessez-le-feu immédiat, avant tout pour protéger la population civile. La violence de ces dernières semaines détruit un modèle prometteur de convivialité nationale, construit sur des siècles, alors que l’ensemble de la région pourrait tirer profit de l’application de ce modèle libanais. Aucune solution durable ne peut être trouvée en ayant recours au terrorisme ou au conflit armé.
La représentante de la Norvège s’est dite gravement préoccupée par l’escalade du conflit au Liban et a dénoncé les attaques répétées contre les civils, telles que celle de Cana. Les attaques aveugles contre des civils constituent des violations des Conventions de Genève, a-t-elle rappelé. La Norvège demande à Israël et au Hezbollah de respecter le droit humanitaire international et le droit international relatif aux droits de l’homme. La Norvège est gravement préoccupée par l’intention d’Israël d’élargir ses attaques. Aussi, la représentante norvégienne a-t-elle lancé un appel en faveur de la cessation des hostilités. Elle a également fait part de sa préoccupation face à la situation de la population civile en Cisjordanie et à Gaza qui continue d’être exposée à la violence. •
Source: www.unog.ch (Communiqué de presse du 11/8/06)
(Horizons et débats, numéro 38, août 2006)
mise à jour le 18.08.06