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L’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Marc de La Sablière, qui préside le Conseil ce mois-ci a condamné au nom de la France l’attaque par Israël d’un poste de l’ONU au Liban, qui a causé la mort de quatre observateurs internationaux.
Dans le quotidien français Le Monde, mercredi, Jacques Chirac a déclaré qu’«en frappant la Finul [Force Internationale des Nations Unies au Liban], où servent aussi des soldats français, c’est la force de paix de la communauté internationale qui est atteinte. On ne peut que condamner cette action qui démontre plus que jamais l’urgence de l’arrêt des combats».
Alors que Washington continue à refuser un cessez-le-feu immédiat, les débats ont clairement fait apparaître le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël en laissant à l’armée du régime israélien davantage de temps pour attaquer le sud du Liban.
Mardi soir, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan dinait dans un hôtel de Rome avec Condoleezza Rice et le premier ministre libanais Fouad Siniora lorsqu’il a appris la mort des membres de la Finul. Il a quitté précipitamment sa table, se déclarant «choqué» par ce tir, qu’il a qualifié d’«apparemment délibérée».
«Les membres du Conseil de sécurité, pour leur part, se sont mis d’accord pour adopter une déclaration présidentielle» pour condamner l’attaque menée mardi par Israël contre un poste de l’ONU au Sud-Liban, a annoncé mercredi l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Marc de La Sablière, qui préside l’autorité sécuritaire suprême des Nations unies ce mois-ci.
Les 15 membres «ont été unanimes à dire que la sécurité des personnels de maintien de la paix de l’ONU à travers le monde relève de la responsabilité du Conseil», a-t-il déclaré.
Une telle déclaration implique l’accord à l’unanimité des 15 Etats membres, mais elle est dépourvue du caractère contraignant d’une résolution. Le texte, actuellement en négociations, a été proposé par la Chine, dont l’ambassadeur considère que «toute attaque contre une position des Nations unies et ses personnels est inexcusable et inacceptable».
Selon une version encore provisoire, le Conseil «condamne cette attaque contre un poste de l’ONU établi de longue date et bien marqué à Khiam, malgré les assurances données par les autorités israéliennes que les positions de l’ONU seraient épargnées».
Les quatre observateurs de l’Onust, Organisme de l’ONU chargé de la surveillance de la trêve qui étaient autrichien, canadien, chinois et finlandais, ont trouvé la mort dans le bombardement aérien de leur position située à Khiam, près de la frontière israélo-libanaise.
Immédiatement après les faits, des hommes de la Finul auraient alors accouru autour des décombres, entreprenant d’en extraire les corps, parfois avec de simples pelles, ou à même à main nues. Mais, selon Milos Struger, porte-parole de la Finul, les Israéliens auraient continué de tirer sur la zone «pendant l’opération de secours».
Peu après, le ministère des Affaires étrangères irlandais est venu préciser la version de la BBC, en rapportant les paroles du lieutenant-colonel John Molloy, l’officier irlandais chargé de la liaison entre la force multinationale et Israël. Il affirme avoir, par six fois, prévenu les Israéliens que leurs bombardements «mettaient en danger la vie des personnels de l’ONU». Il leur aurait déclaré: «Vous devez régler le problème, ou des vies pourraient être perdues», selon le porte-parole de la diplomatie irlandaise. •
Source: IRNA du 27/7/06
(Horizons et débats, numéro 38, août 2006)
mise à jour le 18.08.06