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Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, est arrivé aujourd’hui au terme de sa visite de quatre jours au Liban et en Israël, touchés par la guerre.
Au cours de cette visite, il a demandé avec insistance aux parties belligérantes d’épargner la vie des civils et les infrastructures civiles et de mieux respecter les règles du droit international humanitaire.
Pendant sa visite, M. Kellenberger, qui a pris la route de Beyrouth à Tyr, dans le sud du Liban, puis de Tyr vers le nord d’Israël, a pu se rendre compte par lui-même de la situation tragique où se trouve la population civile de la région. «Faire la distinction entre les civils et les biens de caractère civil, d’une part, et les objectifs militaires, d’autre part, est fondamental, a déclaré M. Kellenberger. Une fois de plus, ce sont les civils qui payent le prix fort d’un conflit armé où l’on fait peu de cas de leur protection – protection à laquelle ils ont droit en vertu du droit international humanitaire.»
Lors de ses discussions avec les autorités israéliennes, M. Kellenberger a demandé instamment que les convois d’aide humanitaire et le personnel humanitaire aient plus facilement accès à la population civile et que leur sécurité soit renforcée. Surtout, M. Kellenberger s’est dit extrêmement préoccupé par le fait que le CICR et la Croix-Rouge libanaise ont un accès insuffisant aux zones les plus durement touchées par les combats. Depuis les premiers jours du conflit armé, le CICR n’a pu retourner dans ces endroits que sporadiquement et toujours dans des conditions de sécurité incroyablement difficiles. «Il y a longtemps que nous aurions dû avoir cet accès, a insisté M. Kellenberger. Même les évacuations d’urgence, capitales pour la survie de certains blessés, sont – au mieux – retardées de quelques jours. Nous nous heurtons aussi à d’énormes obstacles pour acheminer des convois humanitaires transportant des vivres essentiels, de l’eau et des médicaments vers les civils pris au piège», a ajouté M. Kellenberger.
M. Kellenberger a souligné que «tout ce qui ne constitue pas un accès sans réserve à ces régions est insuffisant. Le CICR est résolu à trouver un moyen d’atteindre les victimes de ce conflit, qui doivent être protégées et secourues.»
Depuis le début du conflit, le CICR a drastiquement renforcé son action humanitaire. Travaillant 24 heures sur 24, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge libanaise, le CICR a mobilisé tous les moyens à sa disposition pour faire face aux besoins urgents provoqués par la crise. Dans le Sud-Liban, toutefois, là où les besoins sont les plus criants, le CICR n’a pu mener à bonne fin qu’une partie des opérations d’urgence prévues, et ce, parce qu’il n’avait pas accès – conséquence directe de la conduite des hostilités. «C’est une illustration concrète des difficultés réelles que nous rencontrons sur le terrain, a encore ajouté M. Kellenberger. Même le travail élémentaire, minimum, de sauvetage réalisé par la Croix-Rouge au Sud-Liban est gravement limité.»
«J’ai reçu aujourd’hui l’engagement personnel du premier ministre Ehoud Olmert que tout ce qui est possible sera fait pour faciliter l’accès de nos équipes sur le terrain. Je note que des mesures ont déjà été prises ce jour et j’ai l’intention de suivre de près cette question cruciale. Un meilleur accès est essentiel compte tenu de la situation humanitaire désespérée», a conclu M. Kellenberger. •
Communiqué de presse 06/91 du 10/8/2006
(Horizons et débats, numéro 38, août 2006)
mise à jour le 18.08.06