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Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis

Jubiläumsstrasse 93

Case postale

3001 Berne

Protestation contre le bombardement d’un camp de la Croix-Rouge par les forces aériennes américaines

 

le 26 octobre 2001

Monsieur l’Ambassadeur,

Le 16 octobre 2001, l’armée de l’air américaine a bombardé un entrepôt de la Croix-Rouge internationale.

Bien que les toits des bâtiments aient été signalés par une grande croix rouge sur fond blanc, deux bombes ont été larguées, qui ont grièvement blessé un collaborateur de la Croix-Rouge et presque entièrement détruit les deux bâtiments.

Les circonstances – plein jour, bonne visibilité, largage de deux bombes – indiquent que cette attaque était délibérée.

Je suis profondément indigné et je demande aux Etats-Unis de mener une enquête approfondie sur ce regrettable incident, d’en publier les résultats et de réparer les dommages.

La Croix-Rouge internationale est une des seules institutions au monde qui s’emploient de manière impartiale et sans réserves à apaiser les souffrances de toutes les personnes en situation de détresse, quelles qu’en soient les raisons.

Aussi le CICR et ceux qui s’engagent sous l’emblème de la Croix-Rouge incarnent-ils ce que nous possédons de plus précieux: considérer l’homme uniquement en tant qu’être humain, indépendamment de toutes les différences politiques, culturelles ou autres, et lui tendre la main.

Il n’est pas admissible que les Etats-Unis détruisent ce travail humanitaire. S’ils le font délibérement, ils ne combattent pas la terreur mais contribuent de façon effrayante à sa propagation.

Les attentats lâches et barbares du 11 septembre à New York et à Washington doivent être élucidés et les responsables punis. Toutefois, ils ne justifient pas le fait de réduire en cendres un pays avec des missiles et des bombes à fragmentation et de mépriser le droit international sous la protection duquel se trouve également la Croix-Rouge internationale.

Tout en vous remerciant d’avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ces lignes, je vous prie de croire, Monsieur l’Ambassadeur, à l’expression de ma haute considération.

W. B., Eschlikon, Suisse

Copie au CICR, Genève