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Résister à l’«opportunisme humanitaire»Présentation du rapport annuel du CICRLe Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a présenté son rapport annuel 2000 vendredi dernier pour la première fois à Nairobi, son quartier général régional, et non pas à Genève, son siège principal. Le directeur des opérations, M.Tauxe, a justifié le choix de l’endroit en précisant qu’environ 50% des activités de l’organisation ont lieu en Afrique subsaharienne. C’est dans cette région que le CICR a dépensé l’année dernière plus de 300 millions de francs. C’est le poste le plus important de ses dépenses totales d’environ 928 millions de francs. (Le siège de Genève a coûté environ 144 millions.) Les activités de l’année dernière correspondent aux moyens financiers dont le CICR a eu besoin. Les délégués se sont occupés de 216 000 prisonniers dans 65 Etats et quelques territoires non nationaux. La Croix-Rouge a acheminé près d’un demi-million de lettres qui ont permis de rétablir les contacts familiaux interrompus à la suite d’un conflit ou de l’emprisonnement d’une personne. Au seul Congo-Kinshasa, où il occupe 120 bureaux à cette fin, le CICR a acheminé 200 000 lettres. A cela s’ajoutent les activités considérables du CICR en matière d’assistance médicale, sanitaire et alimentaire. Menaces pesant sur la population civile et les secouristesM. Tauxe a parlé de deux tendances inquiétantes auxquelles non seulement le CICR mais aussi l’ensemble des organisations humanitaires sont confrontés. D’une part le besoin d’aide humanitaire a augmenté: «Nous n’avons pas de guerre mondiale, mais nous avons des guerres partout dans le monde.» Ce sont de plus en plus souvent des conflits internes. Ils sont donc plus complexes et rendent l’intervention humanitaire plus difficile. D’autre part, M. Tauxe déplore le fait que la population civile et les secouristes soient de plus en plus menacés par des groupes armés. Un des plus grands défis lancés au CICR est actuellement l’«opportunisme humanitaire»: là où les conflits touchent les intérêts des grandes puissances, il n’y a pas de problèmes concernant le financement et l’attention des médias. C’est pourquoi les organisations humanitaires sont suffisamment présentes dans ces conflits. Le CICR doit lutter sciemment contre cette tendance et être un «moteur de l’intervention humanitaire» dans les régions qui n’intéressent pas les politiques et les médias. Source: Neue Zürcher Zeitung du 7/7/2001 |