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Republique Democratique du Congo Pillages systématiques des ressources naturellespar Joseph M. Kyalangilwa, Président de la Société Civile du Sud-Kivu D’aucuns ne voulaient croire aux différentes dénonciations et aux prises de position du dynamique Bureau de Coordination de la Société Civile de la province du Sud-Kivu sur l’agression, les massacres et les pillages systématiques des ressources naturelles et d’autres richesses des congolais depuis le 2 août 1998. Les médias européens et américains n’en faisaient pas d’échos. Il en était de même des réseaux occidentaux des ONG à qui la Société Civile de la République démocratique du Congo faisaient parvenir par toutes les voies, au risque et péril de ses leaders, toutes les informations à temps opportun. Dès l’arrivée des troupes ugando-rwando-burundaises au Kivu au début du mois d’août 1998, nous avons assisté impuissants aux pillages des banques, des entreprises, des résidences officielles et des privées ainsi que des infrastructures scolaires, sanitaires et industrielles. Tous ces biens prenaient la direction vers les trois pays voisins (Burundi, Rwanda et Uganda). Les aéroports d’Entebbe (Uganda) et de Kigali (Rwanda) étaient inondés d’avions type Antonov-28 et d’autres aéronefs de plus grande capacité aux commandes desquels il n’y avait que les pilotes russes et sud-africains. Durant la période d’août à décembre 1998 ces avions, y compris les hélicoptères militaires rwandais faisaient des rotations entre les aéroports d’Entebbe et Kigali et les aérodromes du Kivu, et ce du lever au coucher du soleil. Pour ne citer que l’exemple des aérodromes de Shabunda et de Walikale, on a pu compter une moyenne journalière de soixante-dix mouvements d’avions pour chaque aérodrome. Or, en dehors des aéroports congolais de Bukavu et de Goma, il existe au Kivu trente-huit aérodromes dont les longueurs des pistes sont de 600 à 2000 mètres. Les stocks de productions de plus de cinq ans des entreprises minières mixtes et privées estimées à six mille tonnes de produits stannifères et colombo-tantalifères de deux mille tonnes, et des entreprises agricoles et forestières (quinquina, thé, café, papaïne, bois d’oeuvre etc.), les cheptels des fermes et des paysans, les meubles, les usines démontées, les véhicules et les engins de construction de routes prirent la direction des pays agresseurs. Comme si cela ne suffisait pas, toutes les personnes qui essayaient de s’opposer à ces pillages ou qui pouvaient en gêner l’exécution furent massacrées, déportées dans les pays voisins ou sauvagement torturées en public pour faire peur aux populations sans protection aucune. Le mouvement «Mayi-Mayi» organise l’auto-défenseCe qui renforça le mouvement «Mayi-Mayi», une véritable force d’auto-défense populaire que les médias occidentaux au service des grandes puissances commanditaires de la guerre d’agression, diabolisaient et continuent encore de diaboliser. A vrai dire, les Mayi-Mayi ne sont pas des forces négatives. Est Mayi-Mayi toute congolaise ou tout congolais qui ne veut pas de la présence des troupes d’agression sur le territoire du Congo démocratique. Rappelons aussi que les Mayi-Mayi avaient également lutté contre les exactions des forces au service du dictateur Mobutu Sese Seko qui était soutenu par les grandes puissances pendant 32 ans au pouvoir. Pillage des ressources naturelles et destruction de l’environnementQuand tous ces stocks de productions minières et agricoles étaient évacués, les troupes d’agression emmenèrent dans les provinces assiégées les prisonniers de leurs pays qui exploitent jusqu’à ce jour les gisements de minerais aurifères, diamantifères, stannifères, colombo-tantalifères, pyrochlorifères, etc. …, et cela sauvagement de sorte que les gisements sont aujourd’hui écremés et compliqueront quelque peu les recherches géologiques dans le futur. Il en est de même des produits agricoles et forestiers exploités actuellement sans normes ad hoc. Les parcs nationaux et d’autres réserves naturelles sont vidés de toutes les espèces rares qu’on ne trouve qu’au Congo et l’on assiste à la destruction méchante des autres espèces de faune et de flore ainsi que les infrastructures de parcs qui sont les potentialités de notre industrie touristique en perspective. Le colombo-tantalite convoitéEn attendant que l’équipe d’Experts de l’ONU dépose son second rapport au Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’évaluation des quantités et valeurs des ressources naturelles et d’autres richesses du Congo que pillent les troupes d’agression depuis le 2 août 1998, il est déjà établi aujourd’hui, que chaque mois 150 tonnes de colombo-tantalite sortent du Kivu. Nous saurons très prochainement les quantités des autres ressources si tant convoitées par les grandes puissances. C’est cela qui justifie en fait la présence des troupes rwandaises, ugandaises et burundaises à l’Est de la République démocratique du Congo et non la raison d’insécurité aux frontières rwando-congolaises que ne cesse d’avancer Kigali et que la Société Civile du Sud-Kivu, témoin oculaire de tous les événements avait dénoncé comme étant un prétexte dans son plan de paix publié le 9 novembre 1998. Déjà 3 millions de victimes innocentesSelon la Société Civile de la République démocratique du Congo et confirmé par les sources concordantes des organismes indépendants internationaux les plus sérieux, la guerre atroce, absurde et inutile qui déchire notre pays a déjà causé plus de trois millions de victimes congolaises innocentes, deux millions de personnes vivent en situation de déplacés en dehors de leurs foyers, près de deux autres millions sont dans la nécessité permanente d’aide humanitaire et cinq cent mille congolais sont réfugiés en dehors de notre pays. Les commanditaires de cette ignoble besogne sont bien connus. Non seulement ils préfinancent l’agression, mais ils sont également les principaux bénéficiaires des pillages qui s’opèrent en République démocratique du Congo. En fait, en plus des Chefs des troupes burundo-rwando-ugandaises interposés et instrumentalisés et qui s’en enrichissent aussi, les grandes puissances suivantes, selon le rapport d’Experts de l’ONU, sont les principaux facilitateurs et complices passifs: Etats Unis d’Amérique, le Royaume Uni, la Belgique, l’Allemagne, la Fédération de Russie, le Canada et les Pays-Bas. Les produits de pillages ont également été importés en Inde, Pakistan, Kenya, Tanzanie, Malaisie et même en Suisse. Qu’est-ce que cela démontre?Comme on le voit et constate, la guerre qui déchire le Congo démocratique n’est pas un conflit congolo-congolais. C’est une guerre d’agression et de pillage systématique des ressources naturelles congolaises tant convoitées par les grandes puissances (ou Communauté internationale) depuis que notre pays a accédé à son indépendance et à sa souveraineté internationale le 30 juin 1960. Jamais ces grandes puissances n’ont laissé le Congo tranquille. Elles ont toujours déstabilisé les institutions démocratiques organisées par les congolais en leur imposant des sécessions (1960–1963 provinces du Katanga et du Sud-Kasaï), soit une dictature (1965–1997), soit une agression (de 1998 à ce jour). Etant donné que nous congolais, nous n’avons jamais accepté les sécessions ou la balkanisation de notre pays, n’avons pas de culture de destruction méchante, de Massacre, de haine ethnique, mais nous sommes par contre fiers de nous-mêmes et très attachés à notre unité dans la riche diversité de cultures, d’ethnies de langues (460 langues maternelles ou dialectes, 4 langues nationales et une langue officielle de travail: le français). La paix, la démocratie et le développementDonc, tous les congolais dignes de ce nom, n’aspirent qu’à la paix durable, à la démocratie, au travail et au développement harmonieux et rapide de notre pays dont toutes les potentialités des ressources naturelles et les capacités humaines le permettent. A condition bien entendu, que les grandes puissances nous laissent tranquilles et nous aident sincèrement à y parvenir, dans le respect de notre indépendance et de notre souveraineté internationale, ainsi que de l’intégrité de notre territoire, en dépit de ses dimensions sous-continentales. La République démocratique du Congo, contrairement aux thèses d’ingouvernabilité dont elle est l’objet de la part des «experts» occidentaux, notre pays dispose des capacités humaines pour l’administrer démocratiquement. • |