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Pour mémoire, l’incendie du «Reichstag»

Ou pourquoi il vaut la peine de réfléchir aux expériences du passé

par Annemarie Buchholz-Kaiser, historienne

C’est avec un sentiment d’oppression croissant qu’on entend ces derniers temps les banquiers et les politiciens dire que l’endettement actuel des pays occidentaux et surtout de l’Amérique ne peut être résolu que par une guerre – par une grande guerre. Le surarmement «stimulerait» certains secteurs de l’industrie, les dettes publiques pourraient encore augmenter et le monde serait encore d’avantage divisé en créanciers et en débiteurs. «Time and again, the word defense was the lubricant that helped unlock the Treasury doors», a expliqué John Pitney Jr. dans sa conférence du 16 décembre intitulée «Socialisme kaki». Il a créé cette expression pour caractériser la croissance non contrôlée du pouvoir de l’Etat justifiée par la nécessité militaire ou pour traduire des intérêts de politique intérieure en langage militaire. Si le trésor public est vide, on emprunte. Dans le chaos d’une grande guerre, les dettes publiques peuvent être «abandonnées» dans un effondrement monétaire général. Les pays pauvres pour lesquels ou à cause desquels tout l’effort de guerre aura été nécessaire «for a very long time», pourraient, par la suite, rembourser avec des matières premières ou en versant des réparations pendant des décennies. Le XXe siècle a déjà fait quelques expériences à ce sujet.

Vaut-il la peine d’y réfléchir? La responsabilité à l’égard de soi-même, de ses proches, de ses concitoyens, de tous les hommes qui vivent dans le monde, recommande de le faire. Beaucoup d’événements futurs ne peuvent être prédits, mais l’homme est capable de tirer du passé des conclusions possibles. Si tous les mammifères supérieurs mûrissent par les expériences qu’ils accumulent et deviennent par-là capables de mieux surmonter les difficultés, l’homme est d’autant plus capable de le faire. Certes, les expériences historiques ne peuvent pas être transposées automatiquement à des situations nouvelles – l’eau ne coule pas deux fois de la même manière sur la même pierre, de la source à la mer. Mais on peut en tirer une certaine prudence dans l’appréciation du présent, certaines précautions et une attention à ce qui ne doit pas être perdu. Nous sommes bien capables de faire la distinction entre ce qui protège la vie humaine et ce qui la détruit. La question «guerre ou paix?» demande un engagement général: la guerre est destructrice.

L’exposition allemande sur la guerre de Trente Ans a bien montré, que la guerre – une fois décidée – supprime, l’un après l’autre les meilleurs mécanismes de protection de la paix. Quiconque veut la guerre la prépare. Et cette préparation prend du temps: des alliances doivent être conclues et les arsenaux doivent être remplis. Il faut donner une justification de la nécessité historique de la guerre au peuple, aux contribuables au nom et sur le dos desquels elle va être menée, à tous ceux qui vont en être les victimes. Ensuite, il faut un événement déclencheur pour pouvoir passer à l’action.

Lors de la Première Guerre mondiale, la conclusion des alliances pouvait encore se comprendre assez facilement à partir des rivalités autour des colonies. Le surarmement et la propagande fonctionnèrent aussi très bien. Ensuite, il fallait un petit déclencheur: ce fut le fameux coup de fusil de Sarajevo, événement qu’on ne peut guère faire avaler aux lycéens comme étant la cause de la guerre. Et l’Amérique? «La Première Guerre mondiale a apporté aux Etats-Unis un essor économique formidable et les a propulsés au rang d’une puissance mondiale. De la nation de 1914 avec ses 3,7 milliards de dettes envers des créanciers européens, les Etats-Unis sont devenus une nation créancière avec un actif de 12 milliards dont 10 milliards de dettes de guerre d’autres nations. Le pays avait devancé toutes les anciennes grandes puissances et les puissances économiques européennes et se trouvait à la fin de la guerre incontestablement à la tête des nations. L’économie était florissante et les banques américaines étaient prêtes à soutenir l’Europe exsangue par des investissements.» C’est ce qu’on peut lire dans l’excellent ouvrage de l’historien bernois Walther Hofer, «Hitler, der Westen und die Schweiz 1936–1945» qui vient de paraître.*

Vinrent ensuite les conséquences de la guerre pour l’Allemagne: une inflation comme le monde n’en avait jamais connue. 80% des dépenses de guerre avaient été financées par des crédits à court terme qui ne pouvaient être remboursés qu’en faisant fonctionner la planche à billets. Et les vainqueurs de faire leurs comptes: des réparations dont le montant, au cours des années 20, était sans cesse révisé. Il atteignit son sommet en 1929 avec le plan Young qui prévoyait en tout à peu près 116 milliards de marks, répartis – notez bien! – jusqu’en 1988: 2 milliards de marks par an. Est-ce qu’aujourd’hui, après une guerre, il en irait autrement? En 1923, l’inflation était telle qu’un pain qui à 14 heures coûtait encore 15 milliards de marks pouvait en coûter 25 à 15 heures déjà. Une paire de lacets de chaussures coûtait autant qu’auparavant le magasin tout entier. Pour 100 dollars, on pouvait acheter toute une rangée de maisons de six étages sur le Kurfürstendamm, raconte Stefan Zweig dans son autobiographie. La classe moyenne et une grande partie de la bourgeoisie avaient tout perdu, des entreprises fermaient et le chômage augmentait au rythme de l’inflation. Seuls quelques-uns sont devenus très riches. En sera-t-il autrement à l’avenir? Le malheur de millions de personnes fut en même temps un champ d’expérimentation pour toutes sortes de recettes de planification de la société: capitalisme monopoliste d’Etat, à la sauce bolchévique, aux Etats-Unis socialisme corporatif se transformant plus tard en «New Deal» de Roosevelt, fascisme de Mussolini, admiré par certains financiers américains, puis national-socialisme de Hitler, conçu comme une bastion contre la Russie, peut-être un simple plan parmi d’autres: comment planifier les forces productives de la société que l’Etat le fasse au nom du prolétariat ou pour le «big business»? Qu’est-ce qui va être différent à l’avenir, si ce n’est que la solution devra être «mondiale»? Cette variante pourrait plaire aujourd’hui au trotskistes et à l’ONU.

Sur cet immense champ d’expérience, quelque chose d’autre a aussi été créé, à quoi aujourd’hui on ne fait plus guère attention, parce que cela va de soi: Franklin Delano Roosevelt avait fondé une «United European Investors Ltd.» avec laquelle la classe moyenne pouvait être achetée de manière discrète.

Utiliser la situation de crise de millions d’hommes pour son propre bénéfice! Est-ce que cela sera différent aujourd’hui? Ou ne devons-nous pas, pour que cela ne se répète jamais, tirer des leçons de l’histoire du siècle passé? «Si les politiciens ne voulaient pas l’inflation, il n’y en aurait pas. En Allemagne, la dévaluation monétaire n’aurait pas atteint un tel degré si les milieux intéressés ne l’avaient pas aidée quelque peu ou si du moins ils avaient pris des mesures pour lutter contre cette situation» écrivent Ferdinand Lips et Jacques Trachsler dans «Geld, Gold und die Wahrheit». Et où en est-on aujourd’hui?

Profiter de la situation de détresse d’un pays vaincu, constitue une face de la médaille. L’autre en est en quelque sorte le comportement au sein d’une «sainte alliance» avec des frères et des amis. Ici aussi on trouve des modèles intéressants au siècle passé. Roosevelt, par exemple, a développé la solution du «Lend and Lease» pour l’Angleterre, une sorte de location d’armement. L’Angleterre, dans les premières années de la guerre, était déjà financièrement tellement à bout qu’elle dut demander de l’aide au gouvernement américain. «Au mois de novembre 1940 nous avions payé tout ce que nous avions reçu. Nous avions déjà vendu des valeurs américaines d’un montant de 335 millions de dollars que nous avions confisquées à des propriétaires privés en Angleterre contre un dédommagement en livres Sterling. Nous avions payé comptant plus de quatre millions et demi de dollars. Nous ne possédions plus que deux millions de dollars, la plupart en placements qui n’étaient pas facilement vendables. Il était clair que nous ne pouvions pas continuer dans cette voie. Même si nous vendions tout notre or et nos crédits à l’étranger, nous ne pouvions pas payer la moitié de ce que nous avions commandé et l’extension de la guerre nécessitait dix fois plus de commandes», écrit Churchill dans ses mémoires. Il se fiait à ses bonnes relations avec Roosevelt et lui a présenté ouvertement la situation dans une lettre du 8 décembre 1940.

Le 16 décembre, lors d’une conférence de presse, Roosevelt commença sa réponse par une comparaison intéressante: «Supposons que la maison de mon voisin ait pris feu et que j’aie un tuyau d’arrosage à 150 mètres de distance. S’il peut prendre le tuyau et le brancher sur la bouche d’incendie, je peux l’aider a éteindre le feu. Qu’est-ce que je vais faire? Je ne vais pas dire ‹Voisin, le tuyau m’a coûté 15 dollars, tu dois me payer 15 dollars›. Non! En quoi consiste la transaction qui va se jouer? Je ne veux pas les 15 dollars, je veux qu’il me rende mon tuyau d’arrosage dès que le feu sera maîtrisé.» Ensuite, Roosevelt devint catégorique: «La grande majorité des Américains n’a pas le moindre doute qu’une Grande-Bretagne qui se défend elle-même représente la meilleure défense pour les Etats-Unis et que mis à part notre intérêt historique et général pour la continuité de la démocratie dans le monde entier, il est tout aussi important du point de vue égoïste que pour la défense de l’Amérique que nous fassions tout pour que l’Empire britannique puisse se défendre lui-même.»

Le futur développement des relations amicales entre les deux pays et les places financières de Londres et de New York jusqu’à la fraternité d’armes d’aujourd’hui entre Bush et Blair et tous leurs points en communs dans le contrat UK-USA mériterait d’être approfondi. Mais revenons aux années 30.

L’incendie du Reichstag: modèle

Au sein de cette Europe affaiblie se préparait, dès le milieu des années 20, ce qui allait entraîner le monde dans le gouffre de la Seconde Guerre mondiale. Le national-socialisme parvint à s’imposer grâce à l’incendie du Reichstag du 27 février 1933: la démocratie fut vaincue en une seule nuit. Cet événement mérite qu’on y réfléchisse parce qu’il s’agit d’un modèle qui pourrait être réalisé de nouveau – bien sûr ailleurs et sous une autre forme, mais dans le même but: que la volonté de faire la guerre s’impose.

Si, demain, vous lisez dans un journal à propos de l’Angleterre ou de l’Amérique que: «Dorénavant, la police pourra arrêter des personnes de manière arbitraire, sans indiquer de motif et sans interrogatoire, les maintenir en détention pour une durée indéterminée et sans jugement, espionner chacun, pratiquer des écoutes téléphoniques, dissoudre des associations», n’allez-vous pas dire que vous connaissez tout cela depuis des semaines d’après des informations puisées dans l’Internet? Pourtant, le contexte est tiré d’un livre d’histoire et évoque le décret-loi du Président du Reich du 28 février 1933. Elle fut promulguée dès le lendemain de l’incendie et contenait encore d’autres mesures comme la censure ou l’interdiction de journaux.

Aujourd’hui, ces dernières sont moins nécessaires parce que beaucoup de médias ne publient de leur propre chef que ce que l’alliance guerrière veut qu’ils publient. «Dissoudre les partis» ne semble pas nécessaire non plus pour l’instant parce que ceux qui nous gouvernent disposent de conseillers en communication, d’agents, etc.; «disperser des rassemblements» n’est probablement pas nécessaire non plus parce que la surveillance est beaucoup plus efficace. Depuis le triomphe de l’électronique, «Echelon» vit son âge d’or…

Mais revenons à l’année 1933. Après le décret-loi du 28 février, il y eut, le 24 mars, la «Loi sur la suppression de l’état de nécessité du peuple et de l’Etat» qui est entrée dans l’histoire sous le nom de «loi de pleins pouvoirs». Le gouvernement s’est autorisé à ignorer la Constitution et à se libérer de ce «carcan de la démocratie». Sur ce point, on constate une différence importante avec aujourd’hui: Hitler et ses amis déclarèrent ouvertement la démocratie comme étant leur ennemie. Aujourd’hui, on procède avec plus de discrétion, les graves atteintes à la démocratie sont mieux emballées pour pouvoir être «vendues» plus facilement.

Sous le coup des événements mondiaux récents, on lit les discours et les écrits des années 30 également avec un sentiment d’oppression. Par exemple, deux jours après l’incendie, Göring justifia dans un discours radiodiffusé la rapidité et l’intransigeance des mesures prises de la manière suivante:

«Depuis le début février, les militants communistes développent partout une intense activité. La police a remarqué que cette nouvelle activité vise ouvertement à déclencher un soulèvement qui, d’après un projet du communisme international qui vient d’être confisqué devrait être la transition vers la guerre civile [...].

[...] Le 27 février, le Reichstag est incendié: c’est le premier grand signal. Croyez-moi: Si on n’avait pas réagi le soir même avec une telle énergie, si on n’avait pas mis en œuvre toutes les forces disponibles de l’Etat, si on n’avait pas immédiatement montré au mouvement communiste que cet Etat ne permet en aucun cas qu’on joue avec lui, nous serions aujourd’hui encore en train de parler de bien d’autres incendies et de bien d’autres attentats. Néanmoins, je suis d’avis que le danger n’est pas écarté.»

 

Au cours de cette même nuit, dans tout le pays, des milliers de soi-disant ennemis du peuple figurant sur des listes préparées étaient arrêtés: des communistes, des socialistes, des syndicalistes, des intellectuels, des écrivains, dont Ernst Thälmann, Egon Erwin Kisch, Carl von Ossietzky. Rien n’avait été laissé au hasard. Où est-ce que nous en sommes aujourd’hui?

A la fin des années 60/début des années 70, Walther Hofer, directeur de l’Institut d’histoire de Berne, a dirigé une commission d’enquête internationale sur l’incendie du Reichstag parce qu’il y avait jusque-là beaucoup de polémiques mais peu d’explications objectives. Selon les uns, les nazis étaient responsables, selon les autres ils étaient innocents, et finalement, il ne restait que des suppositions. La commission d’enquête a conclu que l’incendie du Reichstag fut une provocation soigneusement mise en scène pour aboutir à la destruction de l’Etat de droit et de la démocratie parlementaire, planifiée dès le début. Le décret-loi du 28 février permit à Hitler d’une part de poursuivre vigoureusement la gauche marxiste, d’autre part d’intimider et de terroriser la bourgeoisie afin qu’elle choisisse entre rouge et brun. – Cette réminiscence ne rend-elle pas la situation actuelle plus oppressante?

Au mois de juillet 1933, les communistes ont été accusés par la police d’avoir provoqué un incendie criminel, parmi eux le membre du Comité exécutif du Komintern, le Bulgare Dimitroff, et Ernst Torgler, chef du groupe parlementaire communiste. En octobre-novembre, un procès monstre eut lieu, et le 23 décembre, ils furent tous reconnus non coupables, sauf le Hollandais van der Lübbe. La majorité de la population savait qu’une personne ne pouvait pas être seule responsable, surtout les pompiers ayant participé à la lutte contre l’incendie. L’acquittement ne changea pourtant rien à la marche vers la dictature impérialiste: le décret-loi et la loi de pleins pouvoirs subsistèrent – la démocratie était morte. Quel homme politique aurait aujourd’hui le courage de dire que tout reposait sur une erreur et qu’ainsi, la dictature devait se dissoudre d’elle-même et rendre le pouvoir à la démocratie? C’est pour cela même que de tels développements sont dangereux parce que le pouvoir ne se renverse plus lui-même. L’empire reste.

Walther Hofer et son groupe tenaient beaucoup à une appréciation correcte de l’incendie du Reichstag parce qu’il s’agissait d’un schéma qui pouvait être appliqué de nouveau sous une autre forme. La politique du régime national-socialiste a montré ensuite pendant 12 ans, que

«l’incendie du 27 février 1933 n’était que le début d’une suite de crimes bien pires – crimes d’ailleurs – et cela est très important – qui se déroulèrent exactement selon le schéma de l’incendie du Reichstag. Ce schéma consistait dans des actions soigneusement planifiées et réalisées brutalement, d’abord en politique intérieure, puis en politique étrangère, présentées comme des ripostes à des attaques présumées ou à des projets d’adversaires réels ou imaginaires pour les justifier envers l’opinion publique. C’est selon ce schéma que se déroula la «Nuit des longs couteaux» (30 juin 1934) action prétendument destinée à étouffer dans l’oeuf un coup d’Etat des SA. Mais on a également essayé de justifier la persécution des Juifs et la lutte contre les Eglises par des provocations du judaïsme mondial et de l’église de Rome.

Cependant, l’action la plus lourde de conséquences fut le déclenchement de la guerre. On a simulé une attaque de la station de radio de Gleiwitz pour que Hitler puisse affirmer dans son discours du 1er septembre 1939 devant le Reichstag à l’intention de l’opinion mondiale, qu’il s’agissait uniquement d’une «riposte»! Dans tous ces cas, il est prouvé que ces prétendues provocations de l’ennemi étaient de pures inventions ou des mises en scène national-socialistes pour faire passer leurs propres actions pour des réactions.

L’humanité a développé les règles complexes de la démocratie à l’époque moderne pour réduire l’arbitraire du pouvoir étatique. La démocratie a établi les bases de l’égalité des hommes et de leur participation active aux affaires qui concernent leur vie. La démocratie directe, surtout, telle que la Suisse la connaît, est un modèle qui permet la diversité ethnique et religieuse et en même temps une participation de la base, du peuple et cela non seulement tous les quatre ans lors des élections; l’initiative et le référendum permettent d’exercer de manière civilisée une influence sur toutes les affaires publiques, indépendamment des élections.

Mais chaque génération doit réétudier ces bases et s’approprier la démocratie comme une conception de la vie. Sinon, souhaiteriez-vous que le monde soit de nouveau divisé en seigneurs et en esclaves, les uns vivant dans une richesse dorée et les autres dans une extrême pauvreté? Ne vivons-nous pas plus dignement sur ce globe comme êtres humains de la même valeur, dans le respect mutuel et la paix?

Ne vaut-il pas la peine de tirer des leçons de l’histoire pour pouvoir adopter une position honnête dans les questions d’actualité? La réflexion sur les terribles destructions des deux guerres mondiales devrait provoquer un «non à la guerre» convaincu. Si aujourd’hui de nouveau on bat le tambour et qu’on prépare la guerre, une grande guerre, il y a lieu de s’inquiéter. Réfléchir à la condition de l’homme sur cette planète et ne pas céder à la propagande – ni à une nouvelle variante de l’incendie du Reichstag – est la première condition pour rester un être humain, même dans une époque difficile.      •