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Editorial
Qu’allez-vous dire
à vos enfants à Noël, l’année prochaine?
GST. Est-ce que
vous essayez aussi, de temps en temps de replonger cinq ans en arrière? Si on
vous avait dit alors qu’on ferait de nouveau la guerre en Europe, vous auriez
certainement mis votre doigt sur la tempe et vous auriez dit: ça va pas la tête?
Et si votre interlocuteur avait prétendu que l’OTAN serait devenue une alliance
offensive et que des pays européens iraient dans d’autres régions du monde mener
une guerre avec de l’artillerie lourde, qu’ils largueraient des bombes à
fragmentation, des bombes à gaz, des «fuel-air-bombs» sur les pays les plus
pauvres de la planète, qu’ils iraient bombarder la Croix-Rouge et qu’ils ne
jugeraient même pas nécessaire de s’excuser, est-ce que vous n’auriez pas appelé
d’urgence un psychiatre? Une des réactions les plus saines est peut-être encore
que les nouvelles du jour ne nous laissent pas dormir la nuit. Mais il serait
préférable de se rassembler pour défendre la démocratie – avant qu’il ne soit
trop tard.
Au printemps
2001 encore, certains «fans» de l’Amérique au sein de la l’état-major de l’armée
suisse faisaient savoir à la population que dans les dix années à venir, il n’y
aurait pas de guerre, qu’on pouvait, par une votation, sacrifier sans crainte
l’armée de milice et constituer une petite armée professionnelle pour des
«interventions à l’étranger». Cela ne mettait naturellement pas la neutralité en
danger. Les chefs d’Etat d’autre pays neutres d’Europe ont dit la même chose –
et depuis peu, il n’y a tout à coup plus de pays neutres dans l’UE.
L’ONU est-elle
encore un havre pour les pays neutres? Posez la question à «l’homme de fer»
qu’est Brahimi! La misère des réfugiés d’Afghanistan et l’insécurité militaire
et politique nécessitent évidement quelque chose de nouveau, dit l’architecte de
la militarisation de l’ONU: des engagements armés, délégués à des pays capables,
d’une part et une armée qui serait sous le commandement direct de l’ONU, d’autre
part, cela naturellement pour des «interventions humanitaires». Autrefois, les
politiciens étaient plus honnêtes, ils appelaient une guerre une guerre.
Raconterons-nous l’année prochaine, à nos enfants que dans le temps, il y avait
des démocraties? Des pays où les hommes étaient libres, où ils pouvaient décider
eux-mêmes de leurs lois, où chaque citoyen et chaque habitant avait par nature
une dignité, où les droits de l’homme étaient respectés et où chacun avait le
droit d’avoir son opinion à lui, une opinion libre, le droit à sa propre
religion et à ses traditions, le droit à des procédures juridiques fondés sur
des preuves? Raconterons-nous qu’autrefois la paix était très importante pour
les hommes et qu’ils mettaient toute leur force et toute leur conviction à la
sauvegarder? Qu’ils réfléchissaient à la manière dont on pourrait aider les pays
du tiers-monde? Que des voix s’élevaient en faveur de la paix et de la justice
sociale? Qu’il était une fois une Suisse dans laquelle plusieurs régions
linguistiques, plusieurs mentalités, plusieurs religions, avaient développé,
grâce à la démocratie directe un modèle de vie communautaire pacifique, une
structure démocratique subtile partant de la base, qui pourrait être une
solution pour les régions en crise et en guerre de la planète? Est-ce que nous
raconterons tout cela au passé où allons nous agir avant?
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