accès direct aux numéros

impressum

Journal favorisant la pensée indépendante, l'éthique et la responsabilité
pour le respect et la promotion du droit international, du droit humanitaire et des droits humains

77% de la population allemande contre l’engagement militaire à l’étranger

Une nette majorité de citoyens allemands est opposée à l’engagement de l’Armée de la République Fédérale à l’étranger. La plupart des citoyens ne veulent pas que le gouvernement fasse à l’étranger et en leur nom – et de plus sous le prétexte d’aide humanitaire! – des guerres abjectes et méprisantes. Faire la guerre et parler de défense des Droits humains en même temps, cela est plus que du sarcasme, c’est une gifle au visage de tous ceux qui sont touchés quotidiennement par les effets funestes de la guerre. Celui qui a vu les photos horribles des enfants difformes ou des gens cancéreux dans les régions infectées par les armes à l’uranium ne peut plus se taire. Cela brise le cœur de chaque mère, de chaque père, de chaque citoyen.

Tous les enfants, toutes les mères, tous les pères, tous les êtres humains sur cette terre ont le même droit à l’intégrité de la vie humaine. C’est la raison pour laquelle je suis très contente de divers articles au sujet de la démocratie directe et de sa possibilité de référendum.

A Erlangen où j’habite, il y a déjà longtemps que des parents, des grands-parents ou simplement des citoyens soucieux se sont mis ensemble pour s’engager pour un monde plus paisible. Dans des discussions nous avons cherché diverses possibilités de ne plus être utilisés comme des animaux à voter bêtement, de ne plus être réduits à la passivité muette dans un monde mis à feu et à sang. C’est sur cette idée-là que Jens Loewe met l’accent dans son article «Si le souverain parle, les autres organes doivent se taire».

Une chose s’est révélée de façon claire et nette lors des discussions, à notre stand hebdomadaire à la place du marché: beaucoup de citoyens ne soutiennent pas la politique de guerre de notre gouvernement, et la refuseraient lors d’un référendum (qui n’existe malheureusement pas encore au niveau fédéral). Ne voulant pas rester muets et observer, nous avons cherché d’autres possibilités au-delà des entretiens personnels et avons fait paraître dans un journal une annonce contre cette politique de guerre, initiée et financée par des citoyens.

L’écho était énorme, et il l’est encore. Avant le vote, au parlement allemand, sur les tornades, en très peu de temps 360 citoyens ont ainsi saisi l’occasion de faire entendre leur voix. De plus, ils ont parlé à d’autres citoyens. C’est ainsi qu’ils ont apporté leur contribution. Une première annonce a paru le 7 mars dans les «Erlanger Nachrichten». Entre-temps, il y a eu 700 signatures et une nouvelle annonce est envisagée. Beaucoup de citoyens, de pères et de mères avec leurs enfants viennent à notre stand pour nous remercier pour les informations, l’initiative et le courage. Certains reviennent le samedi suivant après en avoir parlé avec d’autres personnes et racontent leurs expériences.

La possibilité de mettre une annonce dans un journal régional n’est pas encore un référendum au niveau fédéral, mais c’est un élément constitutif d’un tel projet. Car «patience et longueur de temps font plus que force ni que rage»!

Elisabeth Kornder-Bilke, Erlangen (Allemagne)

(Horizons et débats, 23 avril 2007, 7e année, N°15)

mise à jour  le 24/04/07