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Des témoins oculaires déclarent: «Nous n’avons pas besoin de ça, nous sommes un peuple pacifique.»

zf. La vallée de Lauterbrunnen est très étroite, peuplée de quelques familles d’agriculteurs seulement.

•   Un homme raconte: «Tout à coup, nous avons entendu un bruit terrible. Même les vases de fleurs qui étaient dehors sur une table sont tombés. Dans cette vallée, l’armée suisse ne fait pas d’entraînement, elle est trop étroite et elle est habitée. Nous n’avons pas besoin de ça, nous sommes un peuple pacifique. Ici, l’avion volait déjà un peu plus haut, il était en train de reprendre de l’altitude.» L’homme indique d’un geste environ 150 m. [Remarque de l’intervieweur: Si le Tornado était déjà en train de remonter, cela veut dire qu’en aval il volait plus bas. Les Tornados peuvent descendre jusqu’à 60 m avec le pilote automatique.]

·        Une femme raconte: «J’ai entendu le Tornado, il faisait un bruit infernal. Dans cette vallée, il n’y a jamais d’avions militaires, seulement des avions civils, mais ceux-ci volent très haut, et il y a aussi des hélicoptères. C’est bien que cela soit arrivé, car nous savons maintenant que des bombardiers allemands s’entraînent ici. Sinon, nous ne l’aurions jamais appris. Les Allemands n’ont rien à faire ici.»

·        Dans un bistrot, un client s’indigne: «Heureusement que nous ne sommes pas membre de l’UE, autrement nous n’aurions plus rien à dire.» «On a entendu dire que les Allemands veulent faire leur enquête tout seuls, sans la participation de la Suisse. L’avion a fait le plein à Emmen. Les Allemands vont dire que c’est la faute au kérosène suisse si l’avion n’avait plus assez de poussée pour remonter.»

·        Une femme raconte qu’elle a entendu le Tornado entre Spiez et Interlaken, que là déjà, il était très bruyant. Inquiète, elle a demandé: «Mais qu’est-ce qu’ils viennent faire chez nous?»

·        Une serveuse s’énerve à propos des «Tornados allemands qui n’ont absolument rien à faire dans notre pays.»  

On prétend que le Tornado rentrait de Nîmes ou de Corse à sa base de Lechfeld (près d’Augsburg) et qu’il a dû faire le plein en Suisse.

Or c’est suspect car le Tornado a une autonomie d’environ 1400 km (avec charge maximale de bombes) et d’environ 3900 km (sans charge). La distance du retour n’était que d’environ 700 km. Il n’était donc pas nécessaire de faire le plein. Qu’est-ce qui se cache derrière le mensonge de l’escale? Un entraînement militaire chez nous en Suisse? Le DDPS sape la neutralité.

(Horizons et débats, 23 avril 2007, 7e année, N°15)

mise à jour  le 24/04/07