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30 octobre 2014
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Horizons et debats  >  2009  >  N°23, 15 juin 2009  >  Fonction et importance du potassium pour l’organisme humain [Imprimer]

Fonction et importance du potassium pour l’organisme humain

Effets potentiels d’une absorption accrue de potassium-40 radioactif

par Andreas Bau, docteur en médecine et Hans Könitzer, docteur es sciences

Depuis février 2009, nous possédons les résultats d’études d’échantillons de sol provenant de Serbie dans lesquels l’ingénieur nucléaire H.-W. Gabriel et le physicien D. Schalch ont découvert des modifications remarquables de la composition isotopique du potassium.1 La proportion de potassium-40 radioactif y est 100 fois plus élevée que dans le potassium naturel.
Le potassium existe à l’état naturel sous la forme d’un mélange de 3 isotopes: potassium-39, potassium-40 et potassium-41, dont les proportions sont respectivement de 93,94%, 0,0117% et 6,73%. La proportion de potassium-40 radioactif, source de rayonnements bêta et gamma à longue demi-vie, est donc très faible: 0,0117%.
Les échantillons de sol ont été étudiés par spectrométrie gamma et analyse chimique. Les résultats sont très fiables et reproduc­tibles. Ce qui est remarquable, c’est la répartition isotopique très élevée de potassium-40, plus de 100 fois celle du potassium naturel. Si l’on part du principe qu’une différence éventuelle de nature du sol ne peut entraîner qu’une modification infime (environ 1‰) de la répartition isotopique, nous devons nous demander quelle est la cause de cette concentration beaucoup plus élevée de potassium-40.
Le potassium-40 n’apparaît pas comme un produit de la désintégration du thorium ou de l’uranium. Cela permet d’écarter l’uranium comme élément d’origine du potassium-40. Ce dernier ne peut résulter que de la transformation d’un autre élément à la suite d’un rayonnement radioactif. Ainsi, le calcium-40 non radioactif donne naissance au potassium-40 à la suite d’un bombardement neutronique. En outre, comme l’analyse des échantillons révèle une concentration plus élevée d’autres isotopes radioactifs tels que le carbone-14 et le béryllium-10, il faut supposer que les radio-isotopes mentionnés se sont formés à la suite de réactions nuclé­aires ayant eu lieu sur place. Cela laisse présumer l’utilisation d’armes impliquant ce genre de réaction nucléaire (armes nuclé­aires ­tactiques).
La question se pose de savoir quels dangers pour l’organisme humain résultent d’une absorption considérablement accrue de potassium-40 radioactif. Nous allons tout d’abord exposer les fondements médicaux de l’importance du potassium.

Fonction et importance du potassium pour l’organisme humain

Il est question ici du potassium naturel tel que nous l’absorbons quotidiennement avec notre nourriture. A l’état naturel, le potassium est présent uniquement sous la forme de cation (ion de charge positive). C’est le cation le plus important de toutes les cellules des organi­smes humains et animaux. Il est indispensable à la fonction cellulaire. Les aliments particulièrement riches en potassium sont la viande, la banane, l’abricot, le kiwi, la groseille, la pomme de terre, le chou-fleur, le chou frisé, le fenouil, l’épinard et le céleri. En outre, les champignons blancs et les noix en contiennent également beaucoup.
L’organisme humain sain peut très bien gérer une absorption accrue de potassium par la nourriture. Ainsi, la consommation d’une quantité de bananes n’entraîne pas une augmentation de potassium dans les cellules. Mais les choses sont différentes quand nous absorbons du potassium dont la composition naturelle a été modifiée par une concentration accrue de potassium-401. C’est par le biais de la nourriture que l’on absorbe ces doses plus élevées de potassium-40 présentes dans le sol et dues à l’utilisation de certaines armes. Mais le potassium-40 pénètre également dans l’organisme par inhalation de poussières qui sont dans l’atmosphère.
On sait que les isotopes d’un élément chimique ne peuvent pas être différenciés chimiquement. La biochimie du métabolisme humain, animal et végétal ne peut donc pas faire la différence entre le potassium-39, le potassium-40 et le potassium-41. Il absorbe le mélange isotopique et n’est pas en mesure de séparer le potassium-40 radioactif des iso­topes non radioactifs avant les processus métaboliques.

Le potassium est le facteur le plus important de l’exposition de l’organisme aux radiations internes

Le potassium présent dans l’organisme se trouve pour 98% dans les cellules et pour 2% seulement hors des cellules. «L’exposition interne de l’homme a la radioactivité est déterminée actuellement par la mesure du potassium-40. Elle s’élève à environ 0,2 mSv/a. Lorsque la concentration de potassium-40 augmente d’un facteur 100, la radioactivité atteint 20 mSv/a(!!), ce qui représente un niveau très élevé.»1 On comprend ainsi que l’isotope radioactif potassium-40 dont on a trouvé la concentration multipliée par 100 dans les régions d’ex-Yougoslavie étudiées et qui est transporté dans les cellules par la nourriture, cause, par ses radiations, des dommages aux fonctions vitales du noyau cellulaire et des organelles cellulaires, en particulier des mitochondries, le noyau étant la partie la plus sensible aux radiations.

Les mitochondries, centrales énergétiques de la cellule

Pour comprendre la fonction remarquable des mitochondries, décrivons-les brièvement. Structures en forme d’œuf d’environ 300 à 800 nm de longueur et de 100 nm d’épaisseur, ce sont les plus grosses organelles des cellules. Elles sont entourées d’une double membrane et se trouvent près du noyau. Elles possèdent leur propre ADN (acide désoxyribonucléique, support de l’information génétique) et peuvent ainsi synthétiser leurs propres protéines. Elles sont le «lieu de respiration» de la cellule et leur fonction principale consiste à synthétiser l’ATP (adénosine triphosphate), principal fournisseur d’énergie de tous les processus métaboliques. C’est pourquoi on les appelle aussi les «centrales énergétiques» de la cellule.

Atteinte du système réparateur des cellules

L’énergie, sous forme d’ATP, est notamment nécessaire pour fabriquer l’antioxydant glutathion (GSH) contenu dans la partie hydrosoluble du liquide cellulaire. Le GSH est le premier système réparateur des principales structures cellulaires qui ont été endommagées par des radicaux libres. Ces derniers sont des particules chimiques hautement réactives et le rayonnement radioactive (rayonnement ionisant) s’opère essentiellement par la formation de radicaux libres. Le GSH a en outre une fonction protectrice ­contre les effets des mutagènes chimiques (substances qui modifient le patrimoine génétique), lesquels représentent un danger pour les cellules. On considère généralement que cette fonction antioxydante du GSH protège contre le cancer parce qu’elle neutralise les effets des radicaux libres. Mais sans le fournisseur d’énergie qu’est l’ATP, la cellule ne peut pas fabriquer suffisamment de GSH et les mécanismes de réparation cellulaire ne fonctionnent plus.2
Le potassium-40 absorbé avec la nourriture et parvenu dans les cellules endommage le noyau cellulaire et la synthèse de l’ATP dans les mitochondries et par conséquent les processus de réparation.

Obstacles à la dégradation des métaux lourds

Le GSH possède une autre fonction importante: il contribue à débarrasser les cellules des métaux lourds toxiques. Ceux-ci se fixent sur le GSH et sont transportés vers la vésicule biliaire où ils sont éliminés. Ce processus a deux applications pratiques: il peut d’une part dégrader le GSH excédentaire et d’autre part désintoxiquer les cellules des métaux lourds2. On comprend ainsi pourquoi une atteinte de la fonction indispen­sable des mitochondries par des substances radioactives, par exemple le potassium-40, a des ­effets si dévastateurs.

Dérèglements cellulaires mettant la vie en danger

L’organisme utilise encore l’ATP issu de la «centrale énergétique des cellules» pour une autre fonction vitale. Les liquides corporels et cellulaires sont, à cause des ions qu’ils contiennent, des électrolytes. La présence de certains ions sur les membranes biologiques de la cellule et des organelles cellulaires produit des potentiels électriques sur ces membranes indispensables aux fonctions vitales. Ici, le rapport ions de sodium/ions de potassium surtout est très important. A l’intérieur de la cellule, il y a davantage de potassium et à l’extérieur davantage de sodium. L’équilibre sodium/potassium est maintenu grâce aux effets conjoints de la pompe à sodium-potassium et de la perméabilité de la membrane cellulaire. La pompe à sodium-potassium est un système enzymatique gourmand en énergie qui consomme 30% à 70% de l’ATP fabriqué par l’organisme. Nous avons mentionné plus haut l’importance considérable de l’ATP dans le cadre de la fonction des mitochondries. Un approvisionnement insuffisant en ATP provoque un dysfonctionnement de la pompe à sodium-potassium et porte atteinte à la perméabilité de la membrane cellulaire. Ces dérèglements entraînent finalement des déséquilibres des électrolytes de l’espace intra- et extracellulaires qui entraînent une modification du volume cellulaire, ce qui met la vie en danger.
Nous venons de montrer l’importance capitale du potassium pour le maintien de fonctions vitales de l’organisme. Il en résulte que le potassium-40 radioactif, sous-produit d’armes absolument inhumaines d’une guerre absolument inhumaine, met en danger des processus vitaux et constitue une menace pour l’existence même des hommes.    •

(Traduction Horizons et débats)

1    H.W. Gabriel, D. Schalch. Spectrométrie gamma, énergie du rayonnement bêta, examen de la modification de la répartition des isotopes naturels. Horizons et débats, no 11/12 du 30/3/09.
2    Rosalie Bertell. Berufsrisiken des Krieges (Les risques professionnels de la guerre).
Zeit-Fragen no 41 du 11/10/06.

Quels types d’armes a-t-on utilisés?

Le fait que les guerres soient utilisées pour tester de nouvelles armes est une réalité bien connue mais cruelle. Et chacun peut imaginer que les nombreux scientifiques et ingénieurs au service de l’industrie d’armement ne gagnent pas leur vie uniquement en rééditant d’anciennes armes, même si le secret qui règne dans ce domaine est bien gardé, que les débats publics ne sont pas souhaités, et sont même en partie étouffés par tous les moyens. Mais maintenant, on ne peut plus cacher le fait qu’en Irak, en Somalie, en Serbie, au Kosovo, en Afghanistan, au Liban et à Gaza, partout où les Etats-Unis et leurs alliés ont mené des guerres ou livré des armes, ceux-ci n’ont pas laissé derrière eux que des morts et des destructions. De tous ces pays nous proviennent des informations alarmantes sur des blessures ou maladies inconnues et sur l’augmentation inédite des cas de cancers, des dommages génétiques et des malformations chez les nouveau-nés.
Dans certaines régions d’ex-Yougoslavie, on a été frappé par le fait que certaines maladies sont apparues peu après l’utilisation des armes. On est également frappé par l’augmentation considé­rable des cancers multiples: les victimes ne souffrent pas d’un seul type de cancer mais de deux ou trois.
Depuis, on a acquis un certain nombre de connaissances, notamment en ce qui concerne l’uranium dit «appauvri». La poussière d’uranium dégagée par la combustion suivant l’explosion d’une bombe est faite de nanoparticules qui passent les barrières hémato-encéphalique et placentaire et peuvent pénétrer dans les cellules, ce qui entraîne une toxicité radiologique et chimique.
Les études d’échantillons de sol serbe viennent de livrer de nouveaux résultats. On n’y a pas seulement trouvé de l’uranium et de ses sous-produits de désintégration mais d’autres éléments radioactifs. Ces découvertes posent de graves questions. Ainsi la composition isotopique du potassium apparaît différente de celle mesurée dans le potassium naturel et n’a aucun rapport avec les sous-produits de désintégration de l’uranium mais on la connaît en tant que conséquence des essais d’armes nucléaires. Qu’est-ce que cela signifie? Quels types d’armes a-t-on utilisés ici? Après le bombardement du bâtiment de la télévision, dans le centre de Belgrade, deux des cadavres des 16 employés tués n’ont pas été retrouvés. Le film Yugoslavia: the avoidable war*, nous apprend qu’ils se sont littéralement «volatilisés». La chaleur a dû être si intense qu’elle ne peut avoir été produite que par des munitions radioactives, par une explosion nucléaire en réduction. A-t-on testé ici une nouvelle génération d’armes nucléaires?
Au vu des problèmes sanitaires constatés dans les pays concernés et également chez les anciens combattants des armées des Etats-Unis et de l’OTAN, les pays qui ont utilisé ces armes se doivent, au regard du droit international, de faire enfin toute la lumière sur la question. L’humanité a le droit de savoir rapidement ce qui s’est passé et ce que cela signifie pour sa survie. Sinon tous les discours sur le droit, les droits de l’homme, la démocratie, l’écologie et la protection de l’environnement ne seront plus qu’une sinistre mystification.
Il s’agit ici manifestement de crimes de guerre. Ceux qui contribuent à les dissimuler s’en rendent complices. C’est une conséquence que la communauté internationale avait tirée de la Seconde Guerre mondiale et qu’elle avait inscrite dans les règles du droit international. Tous les responsables gouvernementaux et parlementaires des pays de l’Alliance de guerre sont concernés.
L’article ci-contre évoque les effets du potassium-40 radioactif sur l’organisme humain. Il montre notamment comment sont détruits les mécanismes de réparation, c’est-à-dire d’importantes fonctions de défense du corps contre la formation de cellules cancéreuses. Il  laisse deviner les effets de cet isotope sur la vie terrestre.

Erika Vögeli

*Yugoslavia: the avoidable war», USA/D 1999/2001, réalisateurs: George Bogdanich et Martin Lettmayer. Version anglaise sur vidéo:google.com/videoplay?docid=5860186121153047571  (1re partie) et video.google.com/videoplay?docid=6371060303901674397 (2e partie).